Alors que le documentaire "Eric Clapton : Life in 12 Bars" sortira dans les salles françaises le 23 janvier prochain, The Good Life a pu le voir en avant-première.

Le film commence avec l’hommage partagé sur les réseaux sociaux par Eric Clapton à son idole, BB King, en 2015, le jour du décès de ce dernier. Il s’achève par ce même BB King, assis sur scène comme il en avait l’habitude, tenant un discours mémorable et émouvant, saluant son ami Clapton. La boucle est bouclée. Et, entre les deux, près de deux heures d’archives, des images, vidéos, interviews, qui font défiler la vie du légendaire guitariste anglais.

Ses premiers pas d’enfant solitaire passionné de blues quand personne n’en écoute encore à Surrey, dans la banlieue de Londres, ses premières scènes, les groupes qu’il crée, puis défait, les Yardbirds qu’il quitte lorsqu’ils prennent un virage trop pop, la consécration avec Cream et ses tournées américaines interminables, la renaissance avec Derek and the Dominos, puis en solo… Tout est épluché par la réalisatrice primée Lili Fini Zanuck. On y croise aussi Aretha Franklin, BB King donc, mais aussi les Beatles, Hendrix, Jagger, Chuck Berry… Un beau carnet de contacts.

Si la musique est, c’est évident, au cœur du film, c’est aussi l’occasion de découvrir – sauf pour les fans les plus « hardcore » – les vies sentimentales et familiales troublées de l’artiste. D’abord, sa mère qui l’abandonne à sa grand-mère. Il n’apprendra la vérité qu’à 9 ans et gardera les séquelles toute sa vie de cette tribu qui le voit comme l’étrange garçon chevelu de la famille. Puis, son amitié avec George Harrison le guitariste des Beatles avec qui il va beaucoup travailler, beaucoup se droguer, et dont il va convoiter longtemps la femme, Pattie Boyd. Il va lui composer ce qui reste son plus grand hit, Layla, et malgré ça, se voir rejeter à nouveau. Jusqu’à réussir à la séduire, enfin, puis la quitter.

En bonne âme torturée (et en bonne rockstar), il sombre dans l’alcool, dérape souvent en public, jusqu’à proférer des insultes racistes, lui qui ne faisait, selon ses propres mots, que participer à diffuser une musique noire espérant que les blancs écoutent à leur tour, comme lui enfant, les artistes noirs qui l’ont inventée. Pardonné et désintoxiqué, il sort la tête de l’eau à la fin des années 80 lorsqu’il devient père (légitime) pour la première fois. Mais, là encore, l’horreur n’est pas bien loin et Conor Clapton décède en 1991 alors qu’il n’a pas 5 ans. 

De ce cauchemar, Clapton sortira Tears in Heaven, et remontera la pente. Le film passe ensuite rapidement sur sa reconstruction, la naissance de ses enfants et, donc, la déclaration d’amitié enflammée de BB King. Promis, on n’a pas pleuré…


La bande originale de Eric Clapton : Life in 12 Bars :


Au cinéma le 23 janvier 2019.
Au cinéma le 23 janvier 2019. DR

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