Etnia Barcelona

Moda loca : zoom sur 13 marques espagnoles qui séduisent le monde

La mode espagnole ne se limite pas à Desigual et Zara. Focus sur 13 griffes dont on parle aux quatre coins du globe.

• Ball Pagès. C’est le nom de la danse traditionnelle d’Ibiza. Et celui de la marque d’espadrilles créée par Gemma Serra, en 2014. Cette ancienne architecte dessine ses modèles chez elle, en Catalogne, où ses espadrilles sont entièrement tressées, cousues et peintes à la main. « Il n’y en a pas deux pareilles : ni de pied gauche ou droit ; elles s’adaptent à leur propriétaire », dit Gemma. Il n’y a pas vraiment de collection non plus, mais des séries limitées. Une stratégie peu commune, qui n’a pas découragé des enseignes comme Matches ou Anthropologie, fidèles au produit depuis plusieurs saisons.

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Bimba y Lola. Equivalente aux griffes du Sentier que sont Sandro, Maje ou Claudie Pierlot, la galicienne Bimba y Lola est toutefois plus colorée et surtout moins chère. Une recette qui a fait du projet de María et Uxía Domínguez (nièces du créateur Adolfo Domínguez, l’un des grands de la mode espagnole) la marque au développement le plus rapide du pays. Elles ont enregistré une croissance de 32 % en 2017 par rapport à l’année précédente. Un sens des affaires qui les ont menées à céder leur griffe à Permira, une entreprise britannique de capital-risque. www.bimbaylola.com


Camper. L’histoire de cette marque, basée à Majorque, est celle de l’Espagne postfranquiste. Née en 1975, Camper connaît d’abord le succès avec ses chaussures à l’esprit futuriste, durant les années de la Movida, puis rayonne à l’international, dès 1992. Miguel Fluxà, son directeur, travaille encore depuis son domaine, dans le nord de Majorque, mais, depuis 2014, les collections sont dessinées à Paris par Romain Kremer. Le créateur français a amené un twist techno et street très tendance à la marque.

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Castañer. Si les espadrilles sont devenues un must estival dans toutes les garde-robes chic de la planète, c’est sans aucun doute grâce à cette entreprise familiale fondée à Bañolas, près de Gérone, il y a quatre‑vingt‑dix ans. Aujourd’hui, pas grand‑chose de nouveau, si ce n’est que Castañer vend dans 50 pays et réalise un chiffre d’affaires de plus de 22 M €. La marque est désormais gérée par la troisième génération, la fratrie composée de Rafael, Antonio, Cristina et Luis Castañer. La famille a récemment fait la une des médias espagnols, pour leur dernière collection, dessinée en collaboration avec Manolo Blahnik, mais aussi pour un scandale d’évasion fiscale et pour leur réticence à prendre parti dans le récent conflit catalan. Elle continue toutefois de fabriquer ses espadrilles traditionnelles en Catalogne. www.castaner.com


Datura. Une marque d’esprit méditerranéen qui rend folles les New‑Yorkaises ? C’est le projet de Stefania Borrás (photo), native de Majorque, nommé d’après la fleur vénéneuse. La créatrice avoue être inspirée par les textures naturelles, les produits artisanaux et l’esprit des îles Baléares. Et c’est exactement ce qu’elle propose avec ses collections, composées de pièces ultraconfortables, faciles à porter, au toucher luxueux, réalisées entre New York et Barcelone, avec des prix oscillant entre 160 € pour un haut et 320 € pour une robe longue en satin de soie. « L’idée est très simple : des classiques durables et toujours chic », confie Stefania.

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Delpozo. La marque, créée par Jesús del Pozo en 1974, n’avait toujours pas connu le succès à l’international quand son fondateur meurt en 2011. Depuis, les choses ont bien changé ! Grâce à Josep Font, qui trouvait, en 2013, un spot dans le calendrier de la fashion week new‑yorkaise, Manhattan tombait aux pieds des robes en organza multicolores qui sont la marque de fabrique de la griffe madrilène… Aujourd’hui, Delpozo habille des personnalités aussi différentes que Rihanna et la reine Lætitia.

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El Ganso. Clemente et Alvaro Cebrián, les fondateurs, l’admettent sans gêne : « On voyait Ralph Lauren et on se disait qu’on pourrait faire la même chose, avec notre style pijo [le preppy version espagnole, NDLR]. » Il y a treize ans, le duo ouvre sa première boutique rue Fuencarral, à Madrid, et les ventes n’ont cessé de croître… L Catterton, le fonds de capital‑investissement – détenue en partie par LVMH – a racheté 49 % de l’entreprise en 2015. « Depuis, nous avons ouvert 180 boutiques dans le monde », se réjouit Clemente, dont les héros sont Phil Knight (le créateur de Nike) et Mark Zuckerberg.

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Etnia Barcelona. « Je voulais partir à Londres pour mes études, mais ça n’a pas été possible. Le business de mes parents n’allait pas bien et j’ai dû me mettre à travailler. » David Pellicer a 17 ans en 1995, lorsqu’il commence son parcours dans l’entreprise familiale, alors en difficulté. Aujourd’hui, le lunetier compte plus de 400 employés. Son secret ? La qualité, une armée de célébrités – de Brad Pitt à Cate Blanchett – qui sont fans, et des collaborations avec des artistes, comme Nobuyoshi Araki. La maison a ouvert l’année dernière un flagship de 800 m2 à Barcelone, en face de la basilique de Santa María del Mar.

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• La Portegna. Comment un expert en branding qui ne connaît rien à la mode finit par fonder la marque de sacs que toutes les Londoniennes chic s’arrachent ? « J’ai eu une sorte de révélation », explique José Urrutia. « Je me suis rendu compte qu’il y avait une niche pour les sacs fabriqués de manière artisanale mais pas hors de prix. Et j’ai décidé de me lancer. » Pari réussi, malgré la crise. « Les gens en Espagne n’achetaient même pas de porte‑cartes, mais en Angleterre ils adoraient les sacs », confie José. Dix ans plus tard, le paysage a changé, et le public espagnol devient, lui aussi, de plus en plus fidèle aux sacs, aux chaussures et autres accessoires, simples mais irrésistibles, de la marque.

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Loewe. Même si, depuis son rachat par LVMH en 1996, il ne s’agit plus, techniquement, d’une maison espagnole, Loewe reste la marque de luxe madrilène par excellence. Pas seulement pour ses sacs en cuir évocateurs – Amazona, Barcelona ou Goya, entre autres – mais aussi pour l’interprétation de son directeur artistique, Jonathan Anderson, de la culture, de l’art et de l’artisanat espagnols. Même s’il est d’origine irlandaise, le créateur a su réinterpréter l’hispanité au-delà des clichés. « Ce n’est pas moi qui vais utiliser le flamenco et les taureaux pour vendre l’héritage espagnol dans le monde. C’est plutôt l’artisanat qui m’intéresse », affirmait-il dans une interview à El País, en 2016. Au point de produire chaque pièce en Espagne… Ou même de faire transporter, pierre par pierre, un grenier galicien traditionnel à Miami pour décorer la boutique Loewe du Design District.

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• María Ke Fisherman. María Lemus et Víctor Alonso se sont rencontrés lorsqu’ils étaient encore étudiants, et ne se sont plus jamais quittés. C’est après un long séjour en Grèce qu’ils lancent leur marque (inspirée du grec « και », qui signifie « et », soit « María et le pêcheur »), en 2011. Depuis, ils sont les chouchous du Tout‑Madrid et des stars : Miley Cyrus et Katy Perry ont souvent porté leurs créations. Leurs collections sont furieusement tendance – notamment celle de cet été, réalisée en collaboration avec la marque de pneumatiques Bridgestone – et entièrement confectionnées en Espagne : « On aime jouer avec les codes de la culture pop et du mauvais goût de notre pays, en estampillant, par exemple, nos survêts de drapeaux espagnols XXL. Ce n’est pas que de l’humour, c’est aussi une forme de thérapie », confie María.

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• Palomo Spain. En 2016, l’Andalou Alejandro Gómez Palomo obtenait son diplôme du London College of Fashion et choisissait de rentrer chez lui, dans le village de Posadas, près de Cordoue. « Ici, je peux louer un hangar de 3 000 m2 pour l’équipe de design et celle de la production pour le prix d’une studette à Londres », expliquait‑il. Un choix qui ne l’a pas empêché de devenir l’un des jeunes talents les plus prometteurs du menswear international. Toute l’industrie est tombée amoureuse de ses vêtements qui, avec un style unique, rassemblent des influences aussi éclectiques que les tableaux de Vélasquez, le surréalisme dalinien et les années de la Movida.

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Sansoeurs. Un nom d’inspiration française, deux jeunes sœurs (l’une économiste, l’autre architecte) et une passion commune pour les bijoux. Voilà les origines de Sansoeurs. La marque d’Estefanía et Cristina Sánchez est née en 2010 et les collections s’inspirent de leurs expériences à Tokyo, à Paris ou à Prague. « Notre objectif est de fabriquer des bijoux les plus organiques et confortables possible », explique Cristina. Pour la plupart, il s’agit de pièces délicates en or et en diamants de petites proportions, donc à prix doux. Ce qui a vite attiré des enseignes comme la britannique Net-a-Porter qui, pendant longtemps, a proposé la marque en exclusivité. Un monopole désormais révolu, vu le succès des collections. www.sansoeurs.com


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