Faire vivre une expérience nouvelle autour des découvertes faites au cours du Grande Progetto Pompei. C’est de là qu’est parti le Grand Palais, à Paris, pour imaginer l’exposition sobrement intitulée Pompéi.

L’ouverture initialement prévue le 25 mars a été reportée au 1er juillet pour cause de crise sanitaire. L’établissement s’est associé au parc archéologique de Pompéi et au producteur de documentaires Gedeon Programmes pour créer une exposition immersive, numérique et expérientielle.

« Nous voulons renouveler l’expérience des visiteurs, et pour cela, nous expérimentons de nouveaux formats d’exposition. Pompéi est un sujet en or, car il y a beaucoup de matière et les fouilles récentes ont été entièrement filmées et documentées, explique Roei Amit, responsable du numérique et du multimédia à la Réunion des musées nationaux-Grand Palais (RMN-GP). Notre idée est d’articuler trois typologies d’attention : l’émotion, grâce à l’immersion dans des images et du son ; la narration, avec des récits ; et l’interaction, via la réalité virtuelle ou augmentée et le tactile. »

Reconstitution d’une rue pompéienne par le producteur Gedeon Programmes, dans le cadre de l’exposition présentée au Grand Palais cet été.
Reconstitution d’une rue pompéienne par le producteur Gedeon Programmes, dans le cadre de l’exposition présentée au Grand Palais cet été. Gedeon Programmes

L’exposition tient dans une rue de Pompéi reconstituée en trois dimensions. D’un côté, le Pompéi antique et les anciennes fouilles, de l’autre, le Pompéi actuel et les nouvelles fouilles. Au milieu, la statue de Livie découverte dans la villa des Mystères et, au fond, l’éruption du Vésuve.

Et pour faire patienter les visiteurs, le Grand Palais a développé Pompéi chez vous, une version de l’exposition librement accessible en ligne, qui propose des vidéos, un audioguide, des contenus, des jeux, etc.

Pompéi « hors les murs »

L’histoire de Pompéi ne s’arrête pas aux 66 ha du site archéologique. L’éruption du Vésuve a également touché une grande partie de la côte du golfe de Naples. Herculanum, aujourd’hui Ercolano, a dévoilé quelques-uns de ses secrets lors des fouilles entreprises dès le XVIIIe siècle, en même temps qu’à Pompéi. Mais un tiers seulement des 12 ha de la cité enfouie a pu être dégagé.

La ville actuelle a été construite au-dessus de la ville antique dont les habitants ont longtemps ignoré l’existence. De nouvelles fouilles mettraient en péril la ville d’aujourd’hui ! Particulièrement bien conservée, une partie des vestiges d’Herculanum est exposée au Musée archéologique national de Naples, notamment les bustes et les statues en bronze de la villa des Papyrus.

Reconnu comme l’un des principaux musées d’histoire antique, le bâtiment abrite de très belles fresques et de nombreuses mosaïques découvertes à Pompéi, à Herculanum ou à Stabies (Castellammare di Stabbia), qui y sont magnifiquement mises en scène.

Persée délivrant Andromède. La fresque décorant la Maison des Dioscures est désormais exposée au Musée archéologique national de Naples.
Persée délivrant Andromède. La fresque décorant la Maison des Dioscures est désormais exposée au Musée archéologique national de Naples. akg-images-tristan-lafranchis

Le sexe, partie intégrante de la vie des Pompéiens

Après avoir passé le contrôle et la librairie, d’autres préfèrent se diriger discrètement vers le fond du rez-de-chaussée et accéder tout aussi discrètement au cabinet secret. Ce n’est que depuis le printemps 2000 que cet espace est librement accessible au public adulte, précise un panonceau à l’entrée des quelques salles.

Y sont rassemblées les œuvres érotiques, longtemps qualifiées d’obscènes, trouvées dans les fouilles de Pompéi et d’Herculanum. Quelque 250 pièces, fresques, sculptures, camées, poteries peintes et mosaïques montrent que le sexe et l’érotisme faisaient partie intégrante de la vie des Pompéiens et qu’ils ne s’en cachaient pas !


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