A travers leurs photographies, leurs dessins ou leurs installations, les artistes nous amènent à réfléchir sur l’évolution de la société.

Monstres de papier, Landerneau. Dessinateur, illustrateur, peintre, scénariste, cinéaste, Enki Bilal déploie son univers de science-fiction et de mythologies visionnaires. Plus de 250 œuvres sont aux cimaises, ce qui permet de prendre la mesure de ses prémonitions – son monde régi par des robots et des algorithmes n’est pas si loin du nôtre – et de découvrir la puissance de son esthétique et la richesse de ses références. D’autres œuvres exposées attestent des mêmes cauchemars : l’horreur de la guerre chez Jacques Callot et Francisco de Goya, le machinisme chez Man Ray et Lewis Hine, l’hybridation chez Orlan et Tony Oursler… Des extraits de films de Fritz Lang, de Ridley Scott ou de David Cronenberg sont également projetés. Enki Bilal, Fonds pour la culture Hélène & Edouard Leclerc, du 18 juillet au 4 janvier. www.fonds-culturel-leclerc.fr

Le Sommeil du Monstre, planche 18, case 1, 1998.
Le Sommeil du Monstre, planche 18, case 1, 1998. ENKI BILAL FONDS POUR LA CULTURE HÉLÈNE & EDOUARD LECLERC

Cheap society, Rennes. Depuis près de quarante ans, Martin Parr est l’instigateur d’une nouvelle école documentaire anglaise qui n’économise ni la couleur, ni le flash, ni les effets tapageurs. A l’heure où la Grande-Bretagne largue les amarres avec l’Europe, cette rétrospective tragi-comique passe par les cases « jellies », « donuts » et « bingo ». Si la modernité, comme le suggère le philosophe Jean-Yves Jouannais, a commencé avec l’invention du rire, alors Martin Parr, aux prises avec la bêtise sociale, est le plus moderne des artistes. Cette posture humoristique et décalée a ses revers. En dénonçant les méfaits du tourisme de masse, en pointant l’impact du thatchérisme sur les classes moyennes, en détournant les codes du mauvais goût anglais, Martin Parr est devenu à la fois le pourfendeur et l’icône de la cheap society. Parrathon, une rétrospective de Martin Parr, Frac Bretagne, jusqu’au 24 janvier. www.fracbretagne.fr

Think of England – British Flags at a Fair, Sedlescombe, England, 2000.
Think of England – British Flags at a Fair, Sedlescombe, England, 2000. © Martin Parr / Magnum Photos

Indiens et gauchos, La Gacilly. Joyeusement intitulée Viva Latina !, la 17e édition du festival photo de La Gacilly réunit les reportages de photographes sud-américains. Les images sont présentées sur des cimaises extérieures, le long des chemins, dans les sous-bois et les clairières. Il faut bien cet enchantement de verdure pour encaisser le rude constat des photoreporters. Carl de Souza et Carolina Arantes témoignent des ravages en Amazonie, Pedro Pardo documente la violence du Mexique, Sebastião Salgado dresse une fresque dantesque de l’enfer des mines d’or au Brésil. Heureusement, Tomás Munita nous fait encore rêver avec son équipée à cheval aux côtés des gauchos du Chili. Festival Photo La Gacilly, jusqu’au 31 octobre. www.festivalphoto-lagacilly.com

Mulheres, Luisa Dörr.
Mulheres, Luisa Dörr. LUISA DÖRR

L’art à ciel ouvert, Nantes. Nantes se lance dans la 9e édition de son festival d’art qui disperse des œuvres dans les rues et les jardins, sur les places ainsi que le long des rives de la Loire. Cette année, l’installation la plus spectaculaire est celle de Stéphane Thidet qui recouvre la façade du théâtre Graslin d’une immense chute d’eau, qui renvoie à l’activité créatrice à l’intérieur des lieux. Elsa Sahal foudroie aussi avec son totem en grès émaillé rose de 3 m de haut, qui anime la fontaine de la place Royale. Quant à Vincent Olinet, c’est un lit à baldaquin flottant qui surgit dans le petit port de plaisance du canal Saint-Félix. On nage en plein mirage. Le Voyage à Nantes, du 8 août au 27 septembre. www.levoyageanantes.fr


Floraison d’œuvres, Bordeaux. Entre les bouquets ornementaux et les vanités, les fleurs ont longtemps été cantonnées dans des registres codifiés de l’histoire de l’art. Après les forêts, après les arbres, elles deviennent à leur tour une source d’inspiration majeure pour les artistes contemporains. En témoigne cette exposition qui rassemble une centaine d’œuvres, démultipliant les regards et les symboliques. Quand Nobuyoshi Araki ou Man Ray se souviennent que la fleur est le sexe de la plante, Suzanne Lafont propose un herbier inédit qui questionne l’évolution de la nature en milieu urbain. Narcisse ou la Floraison des mondes, Frac Nouvelle-Aquitaine MECA, jusqu’au 22 août. www.fracnouvelleaquitaine-meca.fr


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