Depuis 1996, la manufacture Parmigiani Fleurier conçoit des montres de luxe qui ont bousculé les codes. Michel Parmigiani, maître horloger et fondateur, a su fédérer les énergies pour écrire une formidable histoire de haute horlogerie contemporaine. Rencontre.

La vie tient parfois à peu de chose. C’est par mesure de commodité, l’institution étant située juste à côté de sa maison de Couvet, dans le canton de Neuchâtel, en Suisse, que le jeune Michel Parmigiani s’inscrit à l’école horlogère. Le fondateur de la marque Parmigiani Fleurier aurait volontiers « fait » archi, mais on enseignait la discipline à Lausanne, donc beaucoup plus loin. Et comme souvent en Suisse, le pragmatisme l’a emporté… Et a bien fait les choses. Le jeune homme, né en 1950, se révèle en effet un horloger très talentueux.

Michel Parmigiani
Michel Parmigiani DR

Ce qui frappe dans l’histoire de cette manufacture née en 1996, c’est la fluidité avec laquelle tout se met en place. Les acteurs se succèdent avec une cohérence déconcertante et unissent leurs forces pour aider Michel Parmigiani. Un journaliste le met en contact avec l’ingénieur horloger Marcel Jeanrichard. Ce fabricant de belles pendules contemporaines sur mesure est débordé. Il cherche quelqu’un pour achever certaines de ses commandes. Le jeune diplômé saisit l’occasion. Le voilà lancé. « Par la suite, un collectionneur de Bâle me propose de restaurer sa collection de pièces de la Renaissance », se remémore ­Michel Parmigiani. La découverte de ce patrimoine se transforme vite en formidable passion.

Partenariat avec Bugatti.
Partenariat avec Bugatti. DR

Fidèle à la haute horlogerie traditionnelle

En 1976, le maître horloger crée Parmigiani Mesure et art du temps, entité spécialisée dans la restauration de pendules d’exception. « A cette époque, les montres à quartz venues du Japon s’imposent. Le secteur horloger suisse perd 90 000 emplois. Peu importe, je choisis, par passion, de rester fidèle aux garde-temps traditionnels. Contrairement aux petites montres asiatiques, les objets d’art mécanique sur lesquels je travaille ne sont pas destinés à finir à la poubelle », se félicite-t-il aujourd’hui. Un autre échelon est gravi en 1980, quand Michel Parmigiani fait la connaissance de Pierre Landolt, héritier de la famille Sandoz. Le businessman, à la tête de la fondation de la famille, propose à Michel Parmigiani, pour commencer, de rénover la collection d’objets d’art horlogers de sa famille. Il l’aidera ensuite à lancer sa marque.

La manufacture Parmigiani.
La manufacture Parmigiani. DR

Dans le grand bain horloger

En 1996, la fondation Sandoz rachète la majorité des parts de l’entreprise, qui est alors rebaptisée Parmigiani Fleurier. « A partir de cette date, j’ai bénéficié d’un important soutien financier, se souvient-il. J’ai aussi pu compter sur l’expertise de mes actionnaires en matière de marketing et de communication. » Dès lors, il se lance dans l’élaboration de montres contemporaines. La jeune marque fabrique des garde-temps d’exception, originaux et de très grande qualité.

Le slogan « Mesure et démesure » résume bien le positionnement des collections maison. La grande force du fondateur, homme érudit et curieux, consiste à retranscrire l’héritage du passé dans des montres actuelles. Ainsi, la Toric, première de la lignée, est élaborée en tenant compte du nombre d’or, ou « divine proportion », cher à Léonard de Vinci. Le démarrage est puissant. « Je me souviens de l’intérêt qu’a suscité l’enseigne au Salon international de la haute horlogerie, en 1996 et en 1997, se rappelle Michel Parmigiani avec émotion. Puis vient la crise de 2008, qui impose de réduire la voilure. Sandoz a continué de nous soutenir, malgré tout. » Il leur en est toujours reconnaissant.

Partenariat avec Bugatti.
Partenariat avec Bugatti. DR

La situation actuelle

En une vingtaine d’années, Parmigiani Fleurier conquiert sa place parmi les manufactures les plus réputées. Aujourd’hui, l’enseigne produit entre 3 000 et 4 000 montres par an et compte 80 collaborateurs. « Nous ne souhaitons pas croître démesurément. Nous voulons conserver notre exclusivité, affirme le fondateur. Les prix débutent autour de 9 000 euros. Nous n’entendons pas descendre sous ce seuil, pour la même raison. » Quoi qu’il en soit, que de chemin parcouru en deux décennies pour Michel Parmigiani !

Malgré tout, celui-ci garde les pieds sur terre. En bon héritier des horlogers paysans qui, l’été, s’occupaient de leurs bêtes, et l’hiver, fabriquaient des mouvements horlogers, il répète inlassablement : « Il faut rester humble »… Mais à 68 ans, un nouveau challenge se présente au maître horloger suisse, celui de sa succession. Qui sera choisi pour prendre sa relève ?


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