Norvège : Snøhetta inaugure un immeuble qui produit plus qu’il ne consomme

La Powerhouse Brattørkaia des architectes norvégiens de Snøhetta vient d’ouvrir ses portes à Trondheim. Elle produira près de 500 000 kWh par an !

Ecolo, et plus encore. Snøhetta, le cabinet d’architectes le plus productif/innovant de Norvège s’est lancé un défi fou : construire des Powerhouses – buildings qui produisent de l’énergie plus qu’ils n’en consomment – partout dans le pays. Il y a Svart, annoncé début 2018 et qui ouvrira ses portes en 2021, son projet le plus fou, mais aussi Brattørkaia, à Trondheim, près du Fjord, dont la construction vient de se terminer.

Ce dernier mesure près de 40 mètres de haut et offre 18 000 m² de bureaux a plusieurs entreprises spécialisés dans le transport de marchandises et la construction. Un projet, on ne peut plus classique, à 43 millions d’euros. A ceci près qu’il est recouvert de 3000 m² de panneaux solaires, 981 sur façade, et 2000 sur le toit.

Il est donc capable de produire 458 457 kWh d’énergie solaire par an. Et, grâce à son espace de stockage sous les fondations, il peut stocker le surplus d’énergie produit pendant les longues journées d’été, pour s’en servir lors des nuits interminables de l’hiver arctique. S’en servir pour ses besoins quotidiens, forcément, mais aussi pour alimenter les buildings voisins, les bus et bateaux électriques de la ville à l’aide d’un micro-réseau intelligent.

Double impact

En effet, Brattørkaia produit deux fois plus d’énergie que ce dont il a besoin. Car, outre le fait d’être une mini centrale électrique au cœur de la ville, Snøhetta a fait en sorte que sa Powerhouse soit la moins gourmande possible.

L’éclairage est ainsi réduit au maximum, grâce à un atrium qui distribue la lumière naturelle dans tous les bureaux. Lorsque les utilisateurs de l’immeuble n’ont pas d’autre choix que d’utiliser de la lumière artificielle, celle-ci règle sa puissance, et donc sa consommation, en fonction de l’activité et des mouvements à l’intérieur du bâtiment.

Le chauffage et la climatisation ont, eux aussi, été pensés pour être les plus « naturels » possible. Ainsi, la façade est conçue pour utiliser le vent à l’extérieur pour « ventiler » l’intérieur. Le béton utilisé pour la construction servira, de son côté, à stocker la chaleur et la redistribuer.

Une ligne de conduite que Snøhetta compte bien continuer de suivre pour ses prochains projets, si l’on se fie à cette déclaration de son fondateur, Kjetil Trædal Thorsen : « Les buildings à énergie positive représentent l’avenir de la construction. Le mantra de l’industrie du design et de l’architecture ne devrait plus être ‘la forme suit la fonction’, mais ‘la forme suit l’environnement’ ».


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