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Julian Schnabel, monument du pinceau

Untitled, 2012, Julian Schnabel

Au bord d’une falaise, une drôle de chèvre contemple un paysage irisé de tonalités mauves. Pour cet étrange tableau, Schnabel a fait œuvre de superpositions. L’arrière-plan, d’abord : l’artiste nous explique qu’il s’agit d’un papier peint français du XIXe siècle sur lequel on voyait, à l’origine, George Washington acceptant la capitulation de Charles Cornwallis – un épisode clé, daté de 1781, dans la guerre d’indépendance des Etats-Unis. Sauf que Schnabel a retiré tous les personnages, ne conservant du papier peint que ses montagnes et ses arbres fantasmés, vidant le motif de toute substance historique. Sur ce paysage, il a ensuite greffé la photographie d’une chèvre, animal empaillé qu’il possède depuis longtemps dans son atelier et qu’il a affublé d’une écharpe et d’un lapin en guise de couvre-chef. « J’adore soustraire et additionner les choses », dit-il malicieux, composant ici une atmosphère de conte de fées surréaliste.