Diaporama : les façades seules au monde de Zacharie Gaudrillot-Roy

Il capture de petits immeubles en bord de nationales et ne conserve que leurs façades pour interroger sur l'enfermement et le vide. Rencontre avec l'artiste lyonnais Zacharie Gaudrillot-Roy.

Photographe, vidéaste, écrivain, poète… Zacharie Gaudrillot-Roy boxe dans toutes les catégories. Mais c’est avec sa série façades qu’il a tapé dans l’œil de The Good Life. Après retouche, il ne laisse aux immeubles qu’il capture que leurs devantures. Des paysages tatoués sur l’inconscient collectif des Français, habitués aux longs trajets sur les petites routes du pays, qui deviennent irréels, vides, factices… Ainsi, il entend interroger le spectateur sur « la vacuité de l’enfermement ». Rencontre.

The Good Life : D’où vous est venue l’idée de réaliser la série façades ?
Zacharie Gaudrillot-Roy
: D’une maquette que j’avais réalisée lors d’un atelier avec le photographe Blaise Adilon. L’idée était de travailler sur la ville, qui est un de mes sujets de prédilection. La maquette était constituée uniquement de façades d’immeubles, tel un décor de cinéma miniature. Ensuite, j’ai reproduit l’idée réelle à l’aide d’un outil virtuel, Photoshop, qui ne m’intéressait pas jusque là.

The Good Life : Comment choisissez-vous vos sujets ?
Zacharie Gaudrillot-Roy 
: La plupart du temps, les sujets viennent à moi de manière inconsciente. En ce moment je suis de plus en plus attiré par le rapport à la fiction et l’influence que celle-ci peut avoir sur notre rapport au réel. On parle de tropisme : l’environnement, les réflexes, le non-choix, pourraient assez bien décrire ma façon de décider de mes sujets.

TGL : Il est déjà compliqué de donner vie à des immeubles… Comment arrivez-vous à le faire en n’utilisant que leurs façades ?
Z.G-R. 
: A mon avis, c’est probablement dû au fait qu’il s’agisse d’une vision semblable à celle d’un étranger, qui nous pousse à imaginer ce que l’on ne pourrait voir. On retrouve des choses que l’on semble avoir toujours connu. Un numéro sur une porte peut évoquer l’idée d’une présence humaine derrière celle-ci. Une boîte aux lettres, une fenêtre qui laisse passer de la lumière… ce sont des détails qui permettent presque d’entendre les bruits des gens qui vivent dans ces immeubles. Le vide peut parfois nous ramener à une certaine conscience de la vie et donc du rapport aux autres.

TGL : A quoi reconnaissez-vous un cliché que vous allez conserver ?
Z.G-R. 
: Généralement, je le sais avant même d’avoir pris la photo. Ça facilite la tâche.

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