Au cœur de la campagne alsacienne, la deuxième vie archi d’une voie ferrée

Le cabinet d’architectes norvégien Reiulf Ramstad a réalisé Portes Bonheur – Le Chemin des Carrières, en réaménageant un circuit qui reprend le tracé d’une ancienne voie ferrée entre Rosheim et Saint-Nabor (67).

Lorsqu’il a remporté la compétition pour redonner vie aux voies ferrées abandonnées qui partent de Rosheim jusqu’aux carrières de Saint-Nabord, en Alsace, le cabinet norvégien Reiulf Ramstad a promis qu’il permettrait aux locaux, comme aux touristes, de se réapproprier ces quelque 11 kilomètres de friche.

C’est fait, avec l’inauguration récente du projet, sobrement intitulé « Portes Bonheur », référence aux deux grandes lames d’acier Corten à mi-parcours. Un acier patiné et oxydé que l’on retrouve tout le long du tracé, accompagné de bois et de reliques d’anciennes voies et gares.

Un tracé que les Norvégiens ont voulu sinueux, pour respecter les fonctions originelles du lieu, ainsi que « la lecture du site ». Les courbes des différentes installations en acier sont autant d’allusions au passé de la ligne de chemin de fer.

L’imaginaire est convoqué, mais sans oublier la fonction de ce nouveau parcours. Commandé par la Communauté de Communes des Portes de Rosheim, il doit avant tout permettre d’atteindre les carrières de Saint-Nabord depuis Rosheim, tout en mettant la lumière sur les villages qu’il traverse.

Une vue sur la plaine d’Alsace

Ainsi, Reiulf Ramstad a imaginé une promenade en cinq « chapitres ». Comme des arrêts lors d’un trajet en train. D’abord, Rosheim, forcément, et son labyrinthe d’acier, plusieurs bancs et, ci et là, des vestiges de l’ancienne voie ferrée. Ensuite, Boersch, avec la création d’une place en tapis de rails et des abris en bois, à la place de l’ancienne gare. Le tout au bord d’un lac.

Puis vient Leonardsau, avec les « Portes Bonheur » qui ont donné son nom au projet initial. L’arrêt offre une perspective magnifique sur le mont saint Odile. Avant-dernière étape, Ottrot, une ancienne gare où grues et pompes ont été conservées. L’aménagement est sobre, et le ballast rénové pour se souvenir du tracé des voies ferrées.

Enfin, Saint-Nabor et ses carrières. Ici, le cabinet norvégien a préféré laisser la végétation reprendre ses droits, en se limitant à la création d’un chemin dessiné par des lames d’acier Corten, pour permettre de grimper jusqu’au sommet. Là, on trouve la pièce maîtresse de tout le parcours, un promontoire pour observer la plaine d’Alsace.

Financé par la commune à hauteur de quatre millions d’euros, on imagine que ce nouveau parcours attirera, dans l’une des régions les plus touristiques de France, les randonneurs passionnés d’architecture… et de Riesling !


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