Airbus MAVERIC : l’aile volante, une alternative crédible aux avions classique ?

Avionneurs et compagnies aériennes se creusent la tête pour trouver des moyens efficaces de réduire leurs émissions de CO2. Parmi elles, l’aile volante MAVERIC, présentée par Airbus au Singapore Airshow.

L’industrie de l’aérien semble décider à réduire ses émissions de C02. Rolls Royce et EasyJet, entre autres, préparent leur passage à l’électrique, des designers imaginent des concepts d’avions à hélices, d’autres dessinent des sièges plus légers pour diminuer la consommation de carburant… Et Airbus ne fait pas exception.

Le dernier projet en date de l’avionneur européen, présenté à l’occasion du Singapore Airshow (11-16 février), est un concept d’avion « au fuselage intégré ». Autrement dit, une aile volante dont la cabine est plus « épaisse ».

Airbus veut réduire les émissions de CO2 de 20 %

Son nom ? MAVERIC. Aucun lien de parenté avec le personnage de Tom Cruise dans Top Gun, mais un acronyme pour « Model Aircraft for Validation and Experimentation of Robust Innovative Controls ». Il s’agit en fait d’une maquette de deux mètres de long sur trois de large, pour tester la viabilité et l’utilité d’une telle machine.

Cela fait près de trois ans qu’Airbus travaille sur le projet MAVERIC, dont le premier vol test a eu lieu en juin 2019. D’après les premiers calculs de la multinationale toulousaine, cette aile volante, si elle était développée à l’échelle 1 permettrait, grâce à ce design plus aérodynamique, de réduire de 20 % les émissions de CO2 par rapport à un monocouloir classique.

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Pour le moment, Jean-Brice Dumont Executive Vice President Engineering chez Airbus, se montre prudent sur l’avenir de MAVERIC : « Aucun délai d’entrée en service de l’appareil n’a encore été prévu par nos équipes ». Dans ce cas, quel est l’objectif de ce projet ? « Cette maquette de démonstration peut être utile dans l’optique d’un changement radical de l’aviation civile, notamment concernant l’architecture des appareils et des infrastructures ».

Les ailes volantes freinées dans leur élan

Si des ailes volantes ont déjà vu le jour dans le domaine militaire – le Northrop B-2 Spirit développé par les américains pendant la Guerre Froide est l’un des exemples les plus célèbres – son utilisation pour le transport de passagers pose de nombreux problèmes.

L’envergure très importante de ces ailes empêcherait son atterrissage dans la grande majorité des aéroports, le roulis insoutenable dû à la résistance réduite des ailes pour garantir la pressurisation et la conception de l’appareil en lui-même (portes, sièges, galley, sorties de secours) sont autant de freins à son développement par l’aviation civile.

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Airbus et les oiseaux migrateurs

Peut-être MAVERIC permettra-t-il de résoudre certains de ces problèmes. Sa forme, différente des ailes volantes du XXe siècle, illustre en effet la volonté d’Airbus d’adapter ce fantasme des fans de science-fiction à la réalité de l’aérien moderne.

Cette aile volante pourrait aussi ne jamais voir le jour, rangée à jamais dans le tiroir des concepts qui n’ont pas abouti. Les vols tests devraient continuer jusqu’au mois de juin, avant qu’Airbus ne décide de poursuivre, ou non, le développement de MAVERIC.

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Il ne s’agit en effet que d’un seul des projets développés par le programme AirbusUpNext, pour la transformation des habitudes de l’aviation. Parmi les autres technologies en développement chez Airbus, on compte le E-FAN X, à propulsion hybride-électrique, la technologie fello’fly inspirée des oies migratrices, qui consiste à faire voler deux avions l’un derrière l’autre et l’ATTOL, son taxi volant autonome.


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