Cet automne, The Good Life a sélectionné pour vous les expositions à voir en ce moment, entre découvertes, nostalgie ou révélation ; mêlant mode, art ancien, moderne et contemporain, design ou encore futur collectibles. De Paris à New York en passant par Munich et Bruxelles, flânons ensemble dans les expositions du moment !

1. Fan des années 80 au MAD de Paris

Il est loin, le temps où les années 80 sonnaient comme la dernière des ringardises. Depuis quelques années déjà, notamment grâce au marché du design français, on sentait le frémissement de leur grand retour. L’heure a sonné : le Musée des Arts Décoratifs de Paris inaugure sa grande exposition -rétrospective, devrait-on dire- consacrée aux années 80 avec quelques 700 oeuvres de toutes disciplines, allant du design (les Français Philippe Starck et Martin Székély en tête) au graphisme, à la mode (Thierry Mugler y côtoie Martin Margiela ou encore Jean-Paul Goude), la photographie et la publicité, sans oublier la fête à la sauce Palace. Un véritable art de vivre revu sous toutes ses coutures, propre à toute une époque frénétique, débridée et créative, qui acquiert désormais ses lettres de noblesse.

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Pour les impatients, à qui le mois d’octobre semblerait encore un futur lointain, la rose Shocking d’Elsa Schiaparelli s’expose en ce moment dans les galeries du MAD et jusqu’en janvier. Ou la redécouverte, si elle était nécessaire, d’une grande dame fantasque et inspirée du style, entourée des plus grands artistes de son temps, à l’origine de quelques modèles restés à jamais gravés dans l’histoire de la mode.

E.C

Années 80. Mode, design, graphisme en France
MAD Paris,
Du 13 octobre au 16 avril 2023.

Shocking ! Les mondes surréalistes d’Elsa,
MAD Paris,
Depuis le 6 juillet et jusqu’au 22 janvier 2023.


2. Etel Adnan, solaire à Munich

La reconnaissance d’Etel Adnan est arrivée tardivement, quand, à 87 ans, elle a été la grande découverte de la Documenta 13, en 2012. Poète, écrivaine et peintre libanaise installée à Paris de longue date, elle a été célébrée au Guggenheim de New York, au Mudam, au Luxembourg, au Centre Pompidou-Metz et, par-delà sa récente disparition en 2021, le sera au Lenbachhaus de Munich, cet automne.

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Elle est venue à la peinture sur le tard, élaborant une oeuvre aux formes simples qui marque un trait d’union entre l’image et l’écrit, entre les cultures orientales et occidentales. Les formats sont souvent petits, mais les couleurs, solaires. L’exposition rassemble un large ensemble de ses peintures et oeuvres sur papier, ainsi que des tapisseries, le tout présenté en miroir d’oeuvres d’artistes qui questionnent eux aussi l’abstraction, l’écriture, la mémoire.

N.W

Etel Adnan,
Lenbachhaus,
Du 25 octobre au 26 février 2023.


3. Walt Disney, une passion pour les arts décoratifs à Londres

Il est vrai que le simple terme Rococo, malheureusement et généralement (à tort) accompagné de Baroque, suffit, bien souvent, à nous faire hausser un sourcil circonspect. Pourtant, l’axe choisi par la Wallace Collection, en collaboration avec le Metropolitan Museum of Art de New York, est loin de souligner la mièvrerie des dessins animés de notre enfance. Certes, tout y est : bandes son nostalgiques, scènes extraites et projetées aux murs, palettes criardes ou pastel…

Mais derrière cette mise en scène se cache un sujet, un vrai : la passion de Walt Disney himself et ses équipes pour l’architecture et les arts décoratifs français principalement, européens ensuite -le fameux château à l’arc en ciel n’est-il pas directement inspiré de Neuschwanstein palais féérique sis en Bavière ?- j’ai nommé l’âge d’or des XVIIIe et du XIXe siècles. Porcelaine, orfèvrerie, verrerie, vues d’intérieurs dialoguent ainsi directement avec les créations qu’ils ont inspiré. De quoi réveiller l’enfant émerveillé en soi, mais avec une excuse valable.

E.C

Inspiring Walt Disney : The Animation of French Decorative Arts
Wallace Collection,
Jusqu’au 16 octobre.


4. Picasso, abstrait ou pas abstrait à Bruxelles

On connaît la sentence de Picasso : « Il n’y a pas d’art abstrait. » En 1907, lorsqu’il réalise ses premières expérimentation en marge des Demoiselles d’Avignon, Picasso réfute déjà les ponts de vue traditionnels. En 1910, quand il se lance dans des peintures cubistes comme Femme à la mandoline ou Verre au citron, il brise radicalement la frontière entre figuration et abstraction.

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Au fil de sa carrière, Picasso reviendra à la figuration, mais son oeuvre tardive, fondée sur une peinture gestuelle, pose à nouveau question. C’est dire si les rapports de Picasso à l’abstraction sont complexes. Ils nourrissent une exposition passionnante, qui ouvre le débat pour la première fois.

N.W

Picasso & Abstraction,
Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique,
Du 14 octobre au 12 février 2023.


5. Gérard Garouste, le triomphe de la peinture figurative à Paris

C’est un honneur qu’on attendait depuis longtemps : une rétrospective complète dédiée au grand peintre français Gérard Garouste et à son oeuvre inclassable, dense, fantastique, « quelque part entre Tintoret, Derain et Raysse » selon le mot de Guy Boyer, rédacteur en chef du magazine Connaissance des Arts.

L’exposition, chronologique, met l’accent sur l’oeuvre peinte et graphique avec ses grands thèmes de prédilection (Dante, la Bible, les textes hébreux…) mais aussi sur le travail de décorateur de Garouste, du Palace à l’Elysée. Inclassable ? Intranquille, surtout, répond l’exposition. Une plongée passionnante dans ce corpus d’oeuvres mystérieuses et tourmentées de l’un de nos plus grands artistes.

E.C

Gérard Garouste,
Au Centre Pompidou
Jusqu’au 2 janvier 2023

6. Le MoMA (presque) tout-numérique à New York

En 2010, le MoMA acquiert le symbole « @ », qui incarne, aux yeux du musée, le passage à l’ère du tout-numérique. Depuis, le catalogue du département du design et de l’architecture du musée s’est étoffé, associant des terminaux informatiques, des applications, des sites web, des icônes…

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Fort de cette collection, le musée ouvre une exposition autour de la notion de design interactif, considérant que l’interface avec tous ces outils numériques transforme nos comportements, modifie nos mouvements corporels, change notre conception de l’espace et du temps, altère nos modes de relation à l’autre et transmue, en réalité, toute notre perception de la vie. Le parcours inclut la présentation de 35 jeux vidéo, créés entre 1972 et 2018. De musée, le MoMA devient ainsi une grande aire de jeux, un laboratoire des nouvelles pratiques numériques.

N.W

Never Alone : Video Games and Other Interactive Design,
MoMA,
Jusqu’au 16 juillet


7. Design du futur à la Triennale de Milan

Cette année, la thématique de la Triennale de Milan est « Inconnus inconnus. Une introduction aux mystères« . La France a donné carte blanche au designer Pablo Bras et aux scénographes Juliette Gelli et Romain Guillet.

© DSL Studio
© DSL Studio

Leur proposition est une oeuvre ouverte, puisqu’une dizaine de designers sont invités à investir un décor de briques de terre qui recouvrent le sol. L’économie de gestes et de matières est de rigueur : un Volume en eau gélifiée proposé par Violette Vigneron, une étagère en bois et paille de seigle signée sacha Parent, une enceinte minimaliste de Pierre Charrié créée à partir d’un vibrateur accolé à une surface d’érable…

N.W

Situations. Stratégie pour habiter l’instable : phénomènes, évènements, coïncidences
Triennale de Milan
Jusqu’au 11 décembre