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Voir et être vu
A l'hôtel SO/Paris et son restaurant Bonnie

Voir et être vu. Qu'on prenne ses quartiers à l'hôtel ou qu'on s'y partage un demi homard, cette adresse mondaine tout juste ouverte à la rentrée 2022 offre un horizon inédit sur la capitale.

C’est l’adresse la plus attendue de cette rentrée. Déjà fin août, alors que les réservations n’étaient pas officiellement ouvertes, nous croisions de nombreux voisins de chambres et dinions en bonne compagnie. Le SO/ Paris, nouvel hôtel du groupe Ennismore et Bonnie, son restaurant en rooftop signé Paris Society, animeront sans aucun doute les discussions des hédonistes en cette rentrée 2022.

Vue du quai Henri IV, l’hôtel SO/ Paris et Bonnie, son restaurant en rooftop.
Vue du quai Henri IV, l’hôtel SO/ Paris et Bonnie, son restaurant en rooftop. Jeremie Leon

Trois bonnes raisons de s’aventurer au SO/ Paris

Son casting. David Chipperfield, Ólafur Elíasson, Guillaume Henry, Jordane Arrivetz et RDAI, l’agence d’architecture d’intérieur qui a longtemps accompagné Hermès en retail, ont apporté leur pierre à l’édifice. Chacun à sa façon, de l’architecture de La Félicité, le complexe immobilier dans lequel il s’enracine, à l’architecture intérieure de son restaurant festif en rooftop, rien n’a été laissé au hasard pour faire du 10 Rue Agrippa d’Aubigné le nouveau hot-spot de la rentrée.

Sa (ses) vue(s). Ici, c’est Paris. Parce qu’il s’étend du 7e au 16e étage d’un immeuble haut de plus de 50 mètres bâti dans le quartier tranquille de Sully-Morland, il est facile d’imaginer un panorama sans fard sur la capitale. De la Tour Eiffel à la butte Montmartre en passant par l’île de la Cité qui s’étend à ses pieds, le SO/ Paris offre peut-être la plus belle vue de Paris. Si l’on veut en profiter au maximum, attention à élire une chambre ou une suite dite panoramique — qui offre deux angles de vue — et de préférence une table avec vue sur la Dame de Fer, romantisme oblige…

Le lobby de l’hôtel, grandiloquent, a été imaginé, comme le reste de l’hôtel, par l’agence RDAI.
Le lobby de l’hôtel, grandiloquent, a été imaginé, comme le reste de l’hôtel, par l’agence RDAI. gaelle-le-boulicaut

Son avant-gardisme. Les hôtels titanesques ont la cote. Cheval Blanc, Madame Rêve et Villa M… En moins d’une année, les projets pharaoniques sont venus réveiller la capitale de leurs volumes XXL, de leurs chambres over lookées et de leurs rooftops incroyables. Pour autant, incarnent-ils le futur du secteur ? Le SO/ Paris, quant à lui, de ses ascenseurs intelligents à sa domotique sensible — plusieurs scénarios de lumière, bouton ne pas déranger intégré à la table de nuit, enceinte connectée jusque dans le plafond des salles de bain, téléviseurs équipés du TV cast — fait un pas en avant. Nous n’avons pas parlé d’écologie…

Luxueux, sans impressionner

Héritier de la philosophie du groupe Ennismore qui a notamment rebattu les codes du boutique-hotel avec sa collection The Hoxton, SO/ Paris affiche, de la même façon, le langage d’un certain luxe non-ostentatoire. Ses suites, par exemple, aussi spacieuses qu’un appartement, suivent les protocoles d’un cinq étoiles (service de la couverture, amenities haut de gamme, chaussons et même steamer), leur décor n’est pas clinquant, voire plutôt charmant (imaginé par RDAI), façonné de couleurs joyeuses (ocres, jaunes, bleus) et de matières douillettes. Et, signe qu’on ne se prend pas au sérieux, un bulldog à lunettes fait office d’enceinte connectée.

Une chambre panoramique au SO/ Paris.
Une chambre panoramique au SO/ Paris. gaelle-le-boulicaut

On citait plus haut l’intervention du couturier Guillaume Henry. A la tête de la Maison Patou depuis 2018, il signe pour SO/ Paris le vestiaire du staff. Exit donc les traditionnels — et, parfois, ennuyeux — uniformes stricts, bienvenues à des tenues adaptées au rythme effréné des équipes, à leurs mouvements et, surtout, répondant à un style radicalement dans l’air du temps. Autre fait significatif de la réflexion du créateur : ses ensembles ne soulignent pas un rang hiérarchique mais une fonction au sein de l’hôtel. Intéressant…

Le clou du spectacle se trouve au -1 où un spa de poche opéré par Codage (le troisième de l’histoire de la marque après le Kimpton Saint-Honoré et l’hôtel Saint-Roch) se cache au détour d’une porte sans signalétique. Comble du luxe, cet écrin feutré n’est accessible que sur rendez-vous lors duquel une experte beauté prendra soin d’introduire cette marque de cosmétiques française, dont les principes reposent sur la personnalisation ultime de ses soins et, littéralement, leur « codage » réalisé à partir de combinaisons de nutri-éléments. Rien à redire à cette parenthèse de douceur qui, au choix, cible le corps, le visage, ou l’ensemble du corps. 

Le spa Codage.
Le spa Codage. gaelle-le-boulicaut

Qui dort dîne

La Félicité est le fruit d’un appel d’offre de la ville de Paris. Dans ses quelque 44 000 m2, le complexe immobilier réunit des logements sociaux, d’autres plus luxueux, une galerie d’art, un marché par Terroir d’Avenir, une auberge de jeunesse et, donc, un hôtel cinq-étoiles… coiffé d’un restaurant. Dans la logique des choses, celui-ci est opéré par un nouveau prestataire. Et pas des moindres. Paris Society, mastodonte de l’hospitalité parisienne, signe sur le toit du SO/ Paris sa dernière adresse en date.

Son prénom c’est Bonnie… Occupant le 15e étage de l’hôtel, le restaurant se duplique également au niveau supérieur, divisé en deux zones distinctes : un bar et un club. Les trois lieux répondent à merveille à l’aura que leur confère leur nom de baptême, résolument ancrée dans les sixties, imaginée Jordane Arrivetz de l’agence Notoire. C’est sur ces deux étages que l’œuvre d’Ólafur Elíasson prend vie, ensemble de miroirs effet kaléidoscope placés au plafond, dupliquant le paysage et inversant les perspectives. D’ailleurs, où que l’on soit, Paris est partout, à tel point que les baies vitrées s’effacent… Attention à votre nez !

Il flotte au club une atmosphère retro new-yorkaise.
Il flotte au club une atmosphère retro new-yorkaise. Romain Ricard

Le bar est un incroyable phare dans la ville. Il faudra s’y prendre tôt pour y déguster un Cosmopolitan, les places y étant restreintes, mais son charme bleuté tout en inox et en verre font de cette boîte vitrée une adresse rare à Paris. En marge des classiques, le mixologue a créé des mélanges maison qui s’adaptent à toutes envies et s’accompagnent de bouchées gourmandes. Face à lui, plus tard dans la soirée, s’ouvrent les portes du club. Ses codes rappellent ceux de la Boom Boom Room, à New York — ambiance organique, cuirs lisses, bar magistral, ultra select, of course… Entre ces deux futurs hauts-lieux des nuits parisiennes, un fumoir couleur chewing-gum assez attrayant pour être visité, se dote lui aussi d’une vue plongeante sur Paris.

La visite s’achève donc à la table de Bonnie où l’Inox omniprésent au 16e laisse place à une ambiance plus feutrée, tapissée au sol des motifs orangés des années 60. Un conseil : dînez dehors, les plaids sont fournis. Le panorama y est incroyable, l’architecte ayant eu l’idée de vitrer entièrement la terrasse plutôt que d’entraver la vue sur Paris. L’expérience est un peu salée bien que non signée par un chef étoilé mais on se console en trinquant le regard perdu sur la Tour Eiffel qui scintille — une fois par heure, donc !

A gauche : le bar. A droite : le restaurant Bonnie.
A gauche : le bar. A droite : le restaurant Bonnie. Romain Ricard

Hôtel SO/ Paris et restaurant, bar et club Bonnie
10 Rue Agrippa d’Aubigné, 75004 Paris
Réservation au SO/ Paris

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