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Chaussures :
Pete Sorensen, chic et rock’n’roll

Des souliers au fit racé, ultrastylés, un cuir fin, une fabrication italienne en petites séries… La recette de Pete Sorensen emporte l’adhésion des trentenaires addicts et branchés.

Aujourd’hui, Pete Sorensen, la marque fondée par Camille Hourdeaux et Kevin Serpaggi vient de passer le cap des 10 ans. Happy birthday ! Elle s’occupe du design et lui, de l’achat des peausseries. Leur goût commun pour le rock, les influences du cinéma et de la musique, l’attrait pour la pureté des lignes scandinaves forment un cocktail intense dans leurs collections. Ce style très typé attire une clientèle dans le vent qui apprécie aussi la fabrication soignée et les petites séries.

Kevin Serpaggi, co-fondateur de Pete Sorensen, avec Pete Doherty.
Kevin Serpaggi, co-fondateur de Pete Sorensen, avec Pete Doherty. DR

6 questions à Kevin Serpaggi, co-fondateur de Pete Sorensen :

Qu’avez-vous appris en dix ans ?
Kevin Serpaggi :
Nous avons appris qu’être à la fois entrepreneurs et chausseurs est très chronophage. Nous avons aussi compris qu’il fallait garder une grande cohérence entre notre produit, la clientèle et la distribution, et que la qualité de la production doit être régulière. Tout doit être aligné sans forcer.

Pourquoi avoir choisi une fabrication italienne ?
La région des Marches est historiquement liée à l’artisanat du cuir et fabrique pour les grandes maisons du luxe. On y trouve les plus belles tanneries et les meilleurs savoir- faire. Depuis huit ans, un atelier familial de 15 artisans fabrique 100 % de nos chaussures cousu Blake à la main, ce qui limite d’office notre production à 2 500 paires maximum par an. Avec les artisans, nous avons d’ailleurs récemment retravaillé nos semelles intérieures en les doublant pour les rendre plus robustes. Nous avons également ajouté une trépointe solide. Ainsi, le cuir est moins en contact avec les surfaces telles que les trottoirs.

Adryan Tabacco, 395 €. petesorensen.com
Adryan Tabacco, 395 €. petesorensen.com DR

Des nouveautés côté peausseries ?
Je n’achète que des tannages végétaux (sans traitement chimique au chrome), certifiés et tracés. Je recherche l’épaisseur, la texture des cuirs gras ou huilés qui se prêtent aux traitements bruts. En effet, on trouve des nouveautés, dont ce cuir naturellement laqué, semi-mat. Son glaçage naturel est travaillé à la main par le tanneur dans un veau pleine fleur épais qui prend un aspect velouté et où apparaissent des effets satinés. Nous y taillons le modèle New Phantom, en noir ou brun boisé.

Comment s’organise la distribution d’une marque indépendante ?
Nous avons recentré notre activité de distribution sur cinq boutiques, fidèles depuis le début, et sur notre point de vente en propre, à Paris. Nous ne cherchons pas à nous étendre à tout prix. Nous proposons une collection permanente de 30 modèles, enrichie de deux ou trois nouveaux par an et de cinq à six autres saisonniers que nos clients peuvent customiser (matières et couleurs au choix).

Quel est le profil du client Pete Sorensen ?
Urbain, dandy, fidèle à son look et à ses chaussures – y compris nos Stonehenge Forest, des souliers de baroudeur. Il a l’allure de Jean Dujardin, Frédéric Beigbeder Guillaume Canet, Yann Barthès ou Julien Doré, qui portent nos modèles. Ou encore du chanteur britannique Pete Doherty, venu choisir des paires de souliers avant un concert à Paris.

Nouvelle Phantom Black, 385 €. petesorensen.com
Nouvelle Phantom Black, 385 €. petesorensen.com DR

Être indépendant : avantage ou inconvénient ?
Nous avançons à notre rythme en maîtrisant notre développement. Nous ne courons pas après les collaborations spéciales, bien que nous ayons travaillé avec Zappa et… The Good Life ! Aujourd’hui, nous cherchons à ouvrir une seconde boutique, sans doute à Bordeaux.

Données clés :

• 2011 : la maison est fondée, à Paris, par Kevin Serpaggi et Camille Hourdeaux.
• Septembre 2012 : la 1re collection voit le jour dans leur appartement‑boutique.
2014 : ouverture du 1er showroom, 5, rue de Charonne, Paris 11e.
2020 : déménagement au 44, rue Croix‑des‑Petits‑Champs.
2 500 : le nombre d’exemplaires fabriqués chaque année en Italie dans la région des Marches dans un atelier de 15 personnes.
Peausseries : certifiées et tracées, tannage végétal, sans chrome.
Boutiques : 1 en propre à Paris (une 2de devrait ouvrir en 2022 à Bordeaux) et 5 points de vente sélectifs multimarques en France.
Modèles : 30 en tout, 2 à 3 nouveautés par an et des propositions saisonnières. Modèle phare : le New Phantom.
Collaborations spéciales : Zappa, le magazine The Good Life.
Clients : Jean Dujardin, Frédéric Beigbeder, Guillaume Canet, Julien Doré, Pete Doherty…


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