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Mirakl, une start-up invisible valorisée à 3 milliards d’euros !

En septembre 2021, la start-up Mirakl, qui édite une solution de places de marché, réalise une levée de fonds record : 555 millions de dollars, soit 472 millions d’euros, la cinquième de sa courte histoire.

C’était la deuxième levée la plus importante de l’année en France, derrière celle réalisée par Sorare (574 millions d’euros), le jeu de « fantasy football », dans lequel les joueurs achètent et échangent des cartes numériques, sorte de cartes Panini virtuelles. La start-up Mirakl avait déjà fait parler d’elle en 2020 en levant 300 millions de dollars (255 millions d’euros), opération qui en faisait la dixième licorne française, société privée valorisée à plus de 1 milliard.

Le tour de table de septembre 2021 a porté sa valorisation à 3,5 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros). « Avant de devenir une licorne, Mirakl était un secret très bien gardé. La start-up n’était connue que de ses clients et de ses partenaires. C’est un très bon exemple de société B2B “invisible” », confie Xavier Lazarus, cofondateur de la société de capital-risque Elaia Partners, qui a investi dans la start-up dès ses débuts.

Depuis sa création, en 2012, Mirakl détonne dans l’écosystème de la French Tech. Lorsqu’ils décident de se lancer dans la création d’une place de marché, ses cofondateurs, Philippe Corrot et Adrien Nussenbaum, ont déjà partagé plusieurs expériences d’entrepreneuriat. Le premier est autodidacte et féru d’informatique depuis son plus jeune âge ; il a cocréé une agence web, Keyrus, qu’il a revendue, puis une société de conception et de distribution de bijoux fantaisie, qu’il revend au bout de quatre ans pour revenir à l’informatique.

Philippe Corrot et Adrien Nussenbaum.
Philippe Corrot et Adrien Nussenbaum. william-beaucardet-pour-mirakl

Le second est diplômé de HEC passé par Paribas Investissement à Hong Kong et par le cabinet conseil Deloitte. Ils se rencontrent et s’associent en 2005 pour créer une marketplace de jeux vidéo, Splitgame. Ils la revendent à la Fnac trois ans plus tard et travaillent à son intégration à la place de marché de la Fnac et au développement de l’ensemble jusqu’en 2012.

Cette expérience les convainc que c’est sur le commerce en ligne en général, et les places de marché en particulier, qu’il faut miser. Mirakl développe une solution logicielle pour permettre aux marchands en ligne de créer leur propre place de marché, à leur marque, et d’y accueillir d’autres vendeurs. C’est un peu comme un site d’e- commerce en marque blanche que chaque e‑commerçant pourrait personnaliser en assemblant les fonctionnalités et les modules qu’il souhaite proposer à ses clients et à ses partenaires, sans avoir à développer et à maintenir sa plate-forme.

Le modèle a séduit plus de 300 clients, parmi lesquels Carrefour, Leroy Merlin, Astore (groupe Accor), Maisons du Monde, Boulanger, Nature et Découvertes, Showroomprive.com, le BHV Marais… Et jamais le nom de Mirakl n’apparaît !

Une première acquisition

« Mirakl est une société d’ingénierie, de technologie, précise Xavier Lazarus. Avant les fêtes de Noël ou pour le Black Friday, des dizaines de milliards d’euros ou d’autres devises transitent par la plate-forme Mirakl, il faut que ça tienne ! » Et pour que cela tienne, plus de 300 ingénieurs travaillent en permanence à développer, enrichir, maintenir la plate-forme.

Forte des millions qu’elle a récemment levés, Mirakl est aujourd’hui armée pour poursuivre le développement de sa plate-forme et attirer les meilleurs talents. En novembre dernier, elle a fait sa première acquisition, Octobat, une start-up française spécialisée dans la mise en conformité des processus de facturation. Une nouvelle fonctionnalité pour les nombreux clients de la jeune pousse.

Mirakl, très bon exemple de société B2B « invisible », selon Xavier Lazarus, de la société de capital-risque Elaia Partners.
Mirakl, très bon exemple de société B2B « invisible », selon Xavier Lazarus, de la société de capital-risque Elaia Partners. DR

Mirakl en chiffres

• Date de création : 2012.

• 10e licorne française, statut obtenu en 2020, lors de la 4e levée de fonds qui valorise l’entreprise à 1,3 Md €.

Levées de fonds :
– 2012 : 2,2 M €, la start-up comptait alors 15 employés.
– 2015 : 18 M €.
– 2019 : 62 M €.
– 2020 : 255 M €.
– 2021 : 472 M €, 2e plus grosse levée de fonds en France en 2021, qui valorise Mirakl à près de 3 Mds €.

Employés : près de 600 personnes fin 2021. La start-up prévoit de recruter 1 500 personnes dans le monde en trois ans.

Clients : plus de 300 places de marché dans 40 pays, parmi lesquels des distributeurs et des industriels de tous les secteurs.


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