Monoprix

Mode et design :
4 expos de Paris à New York avant le printemps

Outre la démocratisation du design signée Prisunic, les musées proposent des histoires de mode, qu’il s’agisse de l’importance du costume au XVIIIe siècle, des inspirations artistiques d’Yves Saint Laurent ou encore de la création outre‑Atlantique.

A Luxembourg, New York et Paris, tour du monde en 4 expos mode et design.

Laboratoire de mode, Luxembourg. Neuf créateurs de mode radicaux prennent d’assaut le Mudam. Issues de la collection, mais montrées pour la première fois au musée, les pièces exposées datent, pour la plupart, du tournant des années 2000, quand apparaît la remise en cause des stéréotypes de genre, le développement de nouveaux types de textiles, le souci de désacraliser l’industrie de la fashion. Hussein Chalayan brouille les frontières entre mode, architecture et design en créant des housses de mobilier qui deviennent des robes. Martin Margiela déconstruit et reconstruit des vêtements, comme son fameux demi-manteau qui semble inachevé. Grit Seymour et Jerszy Seymour recourent à des rubans adhésifs pour assembler leurs habits. La mode est ici un laboratoire de formes, de pensées et de propositions futuristes. Mirror Mirror : Cultural Reflections in Fashion, Mudam, jusqu’au 18 avril. mudam.com

Vue de l’exposition.
Vue de l’exposition. emi-villaggi-mudam-luxembourg

US Fashion, New York. La mode américaine a longtemps été considérée comme plus commerciale que son homologue européenne. Voilà sans doute pourquoi cette exposition du Met prend les clichés à rebours, explorant en 12 sections les qualités émotionnelles du vêtement – « la nostalgie » le disputant à « la joie », « la force », « le désir » ou « la confiance » … Une centaine de modèles masculins et féminins réalisés par un large éventail de créateurs, des années 40 à aujourd’hui, permettent de remonter toute l’histoire de la mode outre‑Atlantique en s’intéressant autant aux vêtements qu’au langage et aux idées utilisés pour les décrire. Placées dans de simples boîtes blanches, sans scénographie tape-à-l’œil, la robe de bal en taffetas de soie à carreaux de Christopher John Rogers, la robe sirène de Claude Kameni ou la robe à paniers d’Hillary Taymour font leur effet. Un second volet de l’exposition ouvrira le 7 mai. In America : A Lexicon of Fashion, The Met Fifth Avenue, jusqu’au 5 septembre. metmuseum.org

2 expos design et mode à Paris

Design pour tous. « Le beau au prix du laid » reste le slogan culte des années 60, quand Prisunic décide de rendre le design accessible à tous. Sous l’impulsion de Denise Fayolle, la directrice du bureau de style de 1957 à 1967, des designers aussi fameux que Terence Conran ou Marc Held proposent une nouvelle génération de mobilier, de luminaires et de vaisselle, où les couleurs pop le disputent à la rigueur des lignes. Lorsque Prisunic, racheté par les Galeries Lafayette, devient Monoprix en 1997, ce sont les créations d’India Mahdavi, Constance Guisset ou Ionna Vautrin qui prennent le relais. Une passionnante histoire mise en scène par India Mahdavi, qui n’hésite pas à convertir des réfrigérateurs en vitrines. Le Design pour tous : de Prisunic à Monoprix, une aventure française, musée des Arts décoratifs, jusqu’au 15 mai. madparis.fr

Affiche publicitaire Été 70 Prisunic, Friedemann Hauss, 1970.
Affiche publicitaire Été 70 Prisunic, Friedemann Hauss, 1970. MAD Paris / Christophe Dellière

Hommage muséal à Saint Laurent. Pour célébrer les 60 ans du premier défilé d’Yves Saint Laurent, six musées parisiens créent, en partenariat avec la fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, des jeux d’échos entre leurs collections permanentes et les modèles emblématiques du couturier. Au Centre Pompidou et au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, les robes ou les vestes hommages à Mondrian, Matisse ou Delaunay attestent des inspirations artistiques du créateur. Au musée national Picasso, la collection Hommage à Picasso et Diaghilev, dessinée en 1979, révèle les influences cubistes. Au musée d’Orsay, on évoque le grand bal Proust donné par les Rothschild en 1971, pour lequel il a créé d’étourdissantes robes de « jeunes filles en fleurs ». Au musée du Louvre, c’est le couturier épris de broderies fastueuses qui s’exprime, et au musée Saint Laurent, ce sont les coulisses de l’exploit qui sont révélées avec, notamment, une extraordinaire toile prototype d’une cape brodée en hommage à George Braque. Yves Saint Laurent aux musées, 6 musées à Paris, jusqu’au 15 mai.