Christophe Bielsa

Pourquoi l’Hôtel de Nell est-il toujours un incontournable à Paris ?

Alors que les nouvelles résidences hôtelières bourgeonnent à Paris, il en est une qui demeure indéboulonnable. Bienvenue à l'Hôtel de Nell qui, loin des tendances, reste fidèle à ses valeurs tout en se réinventant, comme le prouve sa nouvelle table Phénice, un comptoir sur la Grande Bleue dirigé par le chef Yoni Saada.

Il a ouvert ses portes il y a neuf ans, porté par l’œil d’architecte pointu de Jean-Michel Wilmotte. Franchir sa porte en 2021 est un retour vers le futur. L’Hôtel de Nell, ensemble de 33 chambres et suites, n’a pas pris une ride. Mieux : il ne cesse de se réinventer.

L’Hôtel de Nell est intemporel

A Paris, les ouvertures d’hôtels s’enchaînent et ne se ressemblent pas (toujours). Qu’ils nous fassent voyager, qu’ils soient à thème ou qu’ils misent sur une déco instagrammable, la question de la temporalité d’un lieu se pose systématiquement. Ancrés dans leur époque et décorés selon les codes en vigueur, les plus beaux hôtels du moment seront-ils ceux de demain ?

Les chambres, sobres et confortables, sont hors du temps.
Les chambres, sobres et confortables, sont hors du temps. Christophe Bielsa

A l’Hôtel de Nell, la question ne se pose plus. Après presque une décennie d’activité et un aménagement resté quasi à l’identique, le travail de Jean-Michel Wilmotte peut être salué pour sa constance. Epuré et élégant, bâti à partir de matières nobles et fourni de meubles aux lignes simples (et dessinés par l’architecte), le lieu semble avoir ouvert ses portes cette année tant son style reste contemporain.

Le salon de l’Hôtel de Nell.
Le salon de l’Hôtel de Nell. Christophe Bielsa

Du lobby, chic et nocturne, aux chambres, minérales et douillettes, la patte de l’artiste semble  avoir anticipé les modes. Le bar de l’hôtel, habillé de bois, et son lounge, plus récemment redessiné — toujours par Jean-Michel Wimotte — ne noient pas l’œil dans une myriade de détails ; ils vont à l’essentiel. Ainsi, en laissant au client toute la place pour s’approprier l’espace, il est aisé de dire que l’Hôtel de Nell a tout compris avant tout le monde.

Il sait surprendre…

Notons son emplacement, idéal quand on vient découvrir la capitale. En marge des Grands Boulevards, à moins de vingt minutes de l’Opéra Garnier et du jardin du Palais Royal, l’Hôtel de Nell est au centre d’un Paris vibrant mais pas étouffant.

Quand les portes du taxi s’ouvrent à son seuil, le regard se tourne irrémédiablement vers l’Eglise Saint-Eugène-Sainte-Cécile, non pas afin de prier pour un surclassement, mais bien pour admirer son architecture imposante héritée du XIIIème siècle. Si vos vœux sont exaucés, peut-être vous verrez vous tendre la clé d’une chambre avec vue plongeante sur ce sanctuaire…

En chambre, justement, c’est la cerise sur le gâteau. Alors que leurs apparats sont plutôt classiques, jouant sur les nuances de blanc et les meubles simples et efficaces, imaginés par Jean-Michel Wilmotte pour l’hôtel, la surprise est dans la salle de bains. Y trône un bloc de marbre creux agrémenté d’un robinet d’argent et d’une chaise adaptée : un bain japonais. La tradition veut qu’on ne pénètre pas dans un « ofuro » pour s’y laver mais pour s’y réchauffer. A l’Hôtel de Nell, en revanche, pas de contraintes quant à son utilisation.

Le fameux Ofuro de l’Hôtel de Nell.
Le fameux Ofuro de l’Hôtel de Nell. Christophe Bielsa

…et se réinventer !

Un certain Bruno Doucet a fait les beaux jours de la table de l’Hôtel de Nell avec sa « Régalade Conservatoire ». Parti voguer vers de nouvelles cuisines, c’est au jeune chef Yoni Saada qu’ont été confiés les fourneaux de l’établissement. Revampé pour l’occasion — on vous le donne en mille : sous la houlette de Jean-Michel Wilmotte —, le restaurant troque également son nom au profit de Phénice.

Phénice, le nouveau restaurant de Yoni Saada.
Phénice, le nouveau restaurant de Yoni Saada. Christophe Bielsa

Étoile cathodique — il a brillé lors de la saison 2013 de Top Chef — et entrepreneur à la tête des cantines Bagnard, Yoni Saada n’en est pas à son coup d’essai. Après ses restaurants Osmose et Miniature, il met à l’honneur, chez Phénice, les saveurs de son enfance et toute la technique apprise aux côtés des plus grands (Yannick Alléno époque Meurice et Frédéric Anton au Pré Catelan***). Le chef y signe une partition riche — plus de 5 propositions de snacks, entrées, plats et dessert — et savamment maitrisée. Le midi, c’est une ardoise plus courte et inédite qui sera proposée. En faisant la part belle aux légumes ainsi qu’aux ingrédients d’origine animale, le tout twisté d’épices orientales et avec dans l’idée le registre de la Méditerranée, le jeune chef régale les papilles mais aussi les yeux, avec ses assiettes colorées et généreuses.

Hôtel de Nell
9 Rue du Conservatoire, 75009 Paris
hoteldenell.com

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