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Livres : la sélection TGL de la rentrée 2021

521 livres sont dans les starting-blocks pour une rentrée littéraire 2021 assez riche. Premier roman très prometteur ou blockbuster assuré, voici la sélection de six titres (francophones) du moment. A lire… dès que vous aurez un peu de temps.

Après cette rentrée 2021 riche en nouveaux livres, The Good Life a sélectionné 6 ouvrages à dévorer !

Nos 6 livres de la rentrée 2021 :

Après Frères d’armes, sur un tirailleur sénégalais, pour lequel il a reçu le Goncourt des lycéens et été le premier lauréat français du Booker Prize, David Diop suit le voyage d’un Français en Afrique. La Porte du voyage sans retour, le titre de son dernier roman, c’est celle de l’île de Gorée, dans la baie de Dakar, port de départ de millions d’Africains vers l’Occident durant la traite des Noirs. Inspiré par la vie du naturaliste Michel Adanson, l’écrivain l’imagine en quête d’une mystérieuse femme, rescapée des Amériques.

La Porte du voyage sans retour, David Diop, Seuil, 320 p., 19 €. – Nos 6 livres de la rentrée 2021
La Porte du voyage sans retour, David Diop, Seuil, 320 p., 19 €. – Nos 6 livres de la rentrée 2021 DR

Roxane Vidal est nommée directrice du marketing d’un grand groupe d’horlogerie suisse. Elle est impitoyable en affaires comme dans l’intime, et seul le cynisme l’a jusque-là préservée de la dépression. En amont des Jeux de Paris 2024, cette trentenaire propose à l’ancienne athlète Marie-José Pérec d’être égérie de leur prochaine campagne. Cette rencontre amène la dirigeante à renouer avec une forme d’innocence et à goûter à un univers où la course à la rentabilité comme les abus n’ont plus lieu d’être. Quatre ans après La Louve, Paul-Henry Bizon signe un second roman savoureux sur l’absurdité de la performance à tout prix.

Olympia, Paul-Henry Bizon, Gallimard, 218 p., 18 €.
Olympia, Paul-Henry Bizon, Gallimard, 218 p., 18 €. DR

«̰ Je carbure aux barbituriques depuis près de trente ans. Je savoure les soporifiques, je biberonne aux benzodiazépines, je végète aux sédatifs, je narcose aux hypnotiques », liste la romancière Marie Darrieussecq dans Pas dormir. Malgré les nombreux cures et rituels déployés pour lutter contre, la romancière souffre d’insomnie depuis des années. Du mal des réveils chroniques à 4 heures du matin, l’écrivaine tire un essai hybride, mêlant le récit autofictionnel à une réflexion autour de la littérature, convoquant Proust, Duras, Barthes comme Matrix et Loana. Marie Darrieussecq nous entraîne dans sa déambulation nocturne, quand l’insomnie s’étend toujours plus loin, dans des contrées où tout se ressemble alors que d’autres sont éveillés. L’antithèse du soporifique.

Pas dormir, Marie Darrieussecq, P.O.L, 320 p., 19,9 €.
Pas dormir, Marie Darrieussecq, P.O.L, 320 p., 19,9 €. DR

C’est l’un des romans les plus attendus de la rentrée. Après La Petite Femelle et La Serpe (prix Femina), Philippe Jaenada décortique à nouveau un fait-divers haletant. Surnommé « L’étrangleur », Lucien Léger, alors jeune infirmier, avait été condamné dans les années 60 à perpétuité pour le meurtre d’un petit garçon, après avoir avoué puis s’être rétracté. Ce fut longtemps le plus ancien prisonnier du pays. Mais jusqu’à sa mort, le détenu ne cessa de clamer son innocence. Qui est Lucien Léger ? Et où se cache vraiment le monstre ?

Au printemps des monstres, Philippe Jaenada, Mialet Barrault, 750 p., 23 €.
Au printemps des monstres, Philippe Jaenada, Mialet Barrault, 750 p., 23 €. DR

Bérénice, jeune archéologue française convertie au trafic d’antiquités, part se fournir à la frontière turco-syrienne. Rescapée d’un attentat, elle se lie bientôt à Asim, pompier devenu fossoyeur, et se retrouve chargée du destin d’une petite réfugiée. Tous deux partent à la rencontre de femmes combattantes du Rojava. Mais entre ce que Bérénice exhume et ce qu’Asim ensevelit, il y a l’histoire d’un peuple, son courage et son espoir en une renaissance. À 28 ans, Julie Ruocco a écrit l’un des premiers romans les plus remarquables de la rentrée, consacré aux résistantes syriennes, comme la défunte Razan Zaitouneh. Un récit bien documenté malgré une coquille géopolitique ennuyeuse : les Peshmergas sont les forces kurdes irakiennes, et non syriennes.

Furies, Julie Ruocco, Actes Sud, 288 p., 20 €.
Furies, Julie Ruocco, Actes Sud, 288 p., 20 €. DR

Dans les années 70, John Lennon et Yoko Ono vécurent trois étés de suite à Karuizawa, dans les montagnes retirées du Japon, pour s’immerger dans la vie japonaise. Le temps s’y écoulait lentement. Ils baptisèrent ce calme si désiré «̰ le silence de l’amour ». C’est le titre du nouveau (très bon) livre de François Simon. En filigrane de cette enquête sur un aspect peu connu de la biographie du couple mythique, l’écrivain voyageur explore son rapport à ce pays et à l’amour. «̰ Les chemins au Japon fonctionnent plus à la progression qu’à leur destination », écrit-il. Comme cette lecture. On se laisse volontiers entraîner dans ce voyage sentimental et musical plein de fantaisie, happé par les fantômes, dans les pas de John et Yoko… Il ne nous reste plus qu’à les… imaginer !

Le Silence de l’amour, François Simon, Équateurs, 265 p., 18 €.
Le Silence de l’amour, François Simon, Équateurs, 265 p., 18 €. DR