Inspirés par les mille visages de Hong Kong, les street artistes locaux, mais aussi internationaux, s’approprient de plus en plus son paysage urbain, le transformant en une immense galerie à ciel ouvert. Une tendance de fond qui invite à porter un nouveau regard sur la destination.

Un vent de street art déferle sur Hong Kong

Une brésilienne aux cheveux tressés de fleurs multicolores qui rit aux éclats. Un chat géant qui poursuit des papillons. Une végétation luxuriante qui se faufile entre des colonnes… Des fresques qui illustrent bien la joyeuse créativité et l’éclectisme d’un phénomène en plein essor ces dernières années.

Elsa Jean de Dieu en train de peindre sa fresque murale. Il s’agit d’un hommage aux cultures brésiliennes et japonaises. ©Elsa Jean de Dieu
Elsa Jean de Dieu en train de peindre sa fresque murale. Il s’agit d’un hommage aux cultures brésiliennes et japonaises. ©Elsa Jean de Dieu

Le street art à Hong Kong associe tous les styles, toutes les techniques. Un joyeux mix and match qui regroupe collage, graff, calligraphie, mosaïque, pochoir… Il est incarné par un foisonnant vivier d’artistes internationaux. Ces derniers contribuent à enrichir une collection éclatée et en perpétuel développement. Le Chinois Senk, la Japonaise Shingo Katori, le Sud-coréen Xeva, le Thaïlandais Rukkit, le Danois Christian Storm, l’Anglais Dan Kitchener, l’Espagnole Cinta Vidal Agulló, le Russe Pasha Wais, l’Américain Jerkface en font partie.

Les artistes Carol Mui et Rebecca T Lin devant leur travail. Emblématique, cette œuvre reprend leur élément signature : la végétation luxuriante. ©Carol Mui et Rebecca T Lin
Les artistes Carol Mui et Rebecca T Lin devant leur travail. Emblématique, cette œuvre reprend leur élément signature : la végétation luxuriante. ©Carol Mui et Rebecca T Lin

La communauté française est largement représentée avec Elsa Jean de Dieu mais aussi Caroline Tronel ou encore Ophélia Jacarini. Invader est venu à plusieurs reprises essaimer plus de 130 œuvres pixellisées ici et là. Un autre Français, Baptiste Droniou, s’est montré très actif en fondant L’Epicerie Fine Art. Ce lieu est dédié à la promotion des arts urbains, dans le quartier de Wan Chai. Enfin, depuis  l’année dernière la galerie Villepin fait partie du paysage artistique local. Son co-fondateur, Arthur de Villepin, réside dans la région depuis plus de 10 ans et a développé une connaissance pointue de la scène artistique de Hong Kong et du marché de l’art asiatique.

Un terrain de jeu propice à la création

Qu’ils soient installés sur place ou de passage, les artistes trouvent généralement l’inspiration dans les contrastes saisissants de Hong Kong. Ce territoire de 1106 km2 comprend d’un côté, l’univers urbain, les gratte-ciels, les néons, la frénésie des vieux quartiers, les scènes de rues. De l’autre, les grands espaces naturels, entre mer, montagnes et forêts, faciles d’accès même en transports en commun.

Dans le quartier de SoHo, une rue avec une fresque très appréciée des instagrammeurs.
Dans le quartier de SoHo, une rue avec une fresque très appréciée des instagrammeurs.

Souvent aussi, ils s’emparent des éléments visuels iconiques et de références culturelles en hommage à Hong Kong. Alex Croft a ainsi peint une enfilade de Tong lau, les bâtiments emblématiques abritant boutique en rez-de-chaussée et logement à l’étage. Ces infrastructures suivent la pente raide d’une rue. Le résultat attire l’attention : un étonnant kaléidoscope multicolore, très apprécié des photographes et des instagrammeurs.

L’une des créations emblématique de Hong Kong représentant des Tong lau, bâtiments historiques de cette région. Création du graffeur Alex Croft.
L’une des créations emblématique de Hong Kong représentant des Tong lau, bâtiments historiques de cette région. Création du graffeur Alex Croft.

Le street art à l’honneur grâce à HK Walls

La vogue du street art à Hong Kong a réellement débuté avec le festival HK Walls, en 2014. Depuis, chaque année, les artistes participants sortent leurs bombes de peinture et investissent les ruelles, parfois bien cachées, d’un quartier en particulier. Ils habillent alors les murs, les escaliers, les façades. Leurs fresques, pérennes, continuent, longtemps après, d’hypnotiser, d’amuser ou d’interroger les passants.

L’artiste britannique Szabotage à l’œuvre. Son travail émerge d’un subtile mélange entre des inspirations occidentales et orientales. ©Szabotage
L’artiste britannique Szabotage à l’œuvre. Son travail émerge d’un subtile mélange entre des inspirations occidentales et orientales. ©Szabotage

L’édition 2021, du 8 au 16 mai, se concentrera sur Sai Kung au nord-est de Hong Kong. Caractéristique de Hong Kong, la nature sera très présente cette année. En effet, pour illustrer les murs de la petite ville portuaire de Sai Kung, les artistes peuvent s’inspirer des plages, des îles et des sentiers de randonnées somptueux du parc naturel à proximité immédiate.

La nature aux portes de la ville de Sai Kung, où se tient HKWALLS 2021.
La nature aux portes de la ville de Sai Kung, où se tient HKWALLS 2021.

En dehors de l’événement, la chasse aux trésors se concentre dans les zones précédemment mises à l’honneur lors de HK Walls. Sheung Wan par exemple, souvent considéré comme le berceau du street art. Ou bien Kowloon où un immeuble entier a été peint par le madrilène Okuda San Miguel. Sans oublier Wong Chuk Hang, prisé pour ses nombreux entrepôts désaffectés, Central, le quartier des affaires, Wan Chai Sai, Sai Ying Pun et plus précisément Artlane. Soho, l’un des quartiers les plus animés et les plus visités, constitue aussi l’un des principaux terrains de jeu des artistes. Ils s’en donnent à cœur joie sur les façades des boutiques et des restaurants.

Hong Kong, centre névralgique de l’art contemporain en Asie

Désormais, la création descend dans les rues de Hong Kong. Une vraie nouveauté pour ce territoire considéré à l’échelle de la planète comme l’une des principales plateformes de l’art contemporain. Lancée en 2010, la version asiatique d’Art Basel l’a propulsé sur le devant de la scène.

Au sein du centre créatif PMQ, un escalier recouvert par un street artiste local.
Au sein du centre créatif PMQ, un escalier recouvert par un street artiste local.

D’autres foires et salons ont renforcé son influence. C’est le cas du festival French May consacré à la culture française (musique, théâtre, arts visuels…) mais aussi à la scène artistique locale. Hong Kong entretient son aura grâce à ses nombreuses galeries de renommée internationale (Perrotin, Gagosian, Lehmann Maupin…) notamment dans le Pedder Building et le nouvel espace H Queen’s.

Mais aussi via ses centres culturels et lieux d’exposition (PMQ, Fringe Club…) et ses musées prestigieux (le Tai Kwun, le Musée d’art de Hong Kong…) . À venir, le très attendu M+ ouvrira fin 2021. Le musée sera abrité dans un immense bâtiment dessiné par Herzog & De Meuron. Erigé à West Kowloon, au cœur du quartier culturel, le monument sera sur le bord de mer. Le musée mettra à l’honneur la culture visuelle contemporaine, le design, l’architecture, des XXe et XXIe siècles. Une première en Asie.

L’ancien commissariat de police au sein du Tai Kwun, le centre d’art patrimonial.
L’ancien commissariat de police au sein du Tai Kwun, le centre d’art patrimonial.

Pour plus d’informations sur la destination : www.discoverhongkong.com/fr

Pour plus d’informations sur les événements Arts in HK 2021 : www.discoverhongkong.com/arts