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Marques françaises culte 1/10 : Bic, consommables ingénieux

Derrière certains objets se cachent des inventeurs passionnés, des designers ingénieux, des visionnaires, des petites révolutions technologiques ou industrielles. Nous avons choisi dix entreprises que nous côtoyons sans vraiment les connaître. Leurs produits sont de petits bouts de la France qui se baladent sur la planète. Coup de projecteur sur Bic, l'un de ces ambassadeurs discrets qui font partie de notre patrimoine.

Répondre à un besoin fondamental : c’est souvent ainsi que l’on fait fortune. Dans l’histoire de Bic, l’idée géniale fut de démocratiser le stylo. En 1940, Marcel Bich et Édouard Buffard montent une entreprise de fabrication d’instruments d’écriture. Dix ans plus tard, celui qui se fera appeler le baron Bich lance son propre stylo, un outil simple et accessible pour écrire facilement et en douceur. Le Bic est né.

Dès 1954, il rayonne en Europe, puis en Amérique du Sud et, enfin, aux États-Unis. Le marché japonais est conquis dès 1965. Les années 70 verront naître le stylo quatre couleurs, puis d’autres éclairs de génie : le briquet et le rasoir jetables. C’est sur ces trois socles que l’entreprise s’est développée, jusqu’à arriver entre les mains de Gonzalve Bich, actuel directeur général.

Bic est le numéro 2 mondial des instruments d’écriture, avec 9 % de parts de marché pour la papeterie, second aussi avec ses rasoirs jetables, et premier, hors concours, pour les briquets non rechargeables. Imagine t-on que le briquet, avec ses 300 flammes garanties, est l’objet le plus utilisé dans les bidonvilles ? Tout en restant apparemment les mêmes, ces accessoires mythiques ont discrètement évolué, souvent dans le sens du développement durable.

Le rasoir sera prochainement rechargeable et recyclable, les stylos récupérés deviennent bancs d’école en plastique, le fameux Bic Cristal, celui que l’on pose par brassées sur son bureau et qui est entré dans la collection permanente du MoMA à New York, existe désormais en 30 versions. On le fabrique d’ailleurs à pointe très large pour les Américains et très fine pour les Japonais…

Au-delà des grands classiques, il faut vivre avec son temps. Le pôle Innovation, autour de Thomas Brette, a ainsi imaginé un stylo Gel-ocity Illusion, dont l’encre effaçable permet de se tromper à l’infini, ou le BodyMark, un stylo cosmétique spécifiquement conçu pour la peau des amateurs de tatouages. On peut créer son motif, puis le faire disparaître sans danger !

L’achat de Rocketbook, basé à Boston, aux États-Unis, a fait entrer Bic dans le monde du numérique et des carnets intelligents réutilisables. Ce sont 31 millions de produits Bic qui sont achetés chaque jour – 3 millions de stylos par seconde – s’égaillant dans le monde, écrivant, allumant et rasant à la française.


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