DR
The Good High-Tech

Son haute fidélité, l’exception française 1/3 : Franck Lebouchard, P-DG de Devialet

Réputées dans l’univers du son et de l’audio, focus sur trois entreprises françaises qui ont à cœur de créer des produits capables de rendre toute l’émotion du son. Leur approche singulière les démarquent également à l’étranger, où elles revendiquent fièrement des valeurs et un savoir-faire made in France. Première partie : Devialet, et son P-DG Franck Lebouchard.

The Good Life : Comment Devialet a-t-elle affronté la crise du Covid ?
Franck Lebouchard : La fermeture des magasins en France a été un moment compliqué, mais on s’en est sorti. Nous avons la chance d’être très présent en Asie, notamment en Chine, ce qui nous a permis de rapidement sortir de la crise. Par ailleurs, les ventes sur Internet ont doublé. De manière générale, le marché de l’équipement de la maison et de l’audio au sens large a augmenté partout dans le monde. Nos clients sont ceux qui ont fait d’importantes économies sur les voyages ou les restaurants. Ensuite, nos équipes sont assez jeunes, et la mise en place du télétravail s’est faite de manière rapide et efficace. Nos ingénieurs ont ainsi pu continuer leurs activités de R&D. Nos usines en France ont été fermées de mars à mai, mais nous avons pu compter sur notre stock et, par la suite, elles ont pu rouvrir. Nous finissons l’année en croissance.

TGL : Quel est le cœur de métier de Devialet ?
F. L. : Nous sommes focalisés sur la qualité du son. Nous faisons tout pour que nos produits fournissent l’expérience la plus parfaite. Depuis dix ans, près de 25 % de notre chiffre d’affaires est investi dans la R&D. Sur les six étages de notre siège social, trois sont pour nos ingénieurs. Devialet a été initialement créé par un ingénieur et un designer. Et, en effet, le design de nos produits nous distingue des autres. L’enceinte Phantom, avec sa sphère blanche, a beaucoup aidé à notre croissance mondiale et est, je crois, en train de devenir un objet iconique.

Le showroom de Devialet est situé rue Réaumur, à Paris. Créée en 2007, l’entreprise est réputée pour ses enceintes haut de gamme.
Le showroom de Devialet est situé rue Réaumur, à Paris. Créée en 2007, l’entreprise est réputée pour ses enceintes haut de gamme. DR

TGL : Quelle impulsion votre arrivée en 2018 a-t-elle donnée ?
F. L. : J’ai été recruté pour accélérer les choses. Quand je suis arrivé, les bases étaient là. L’internationalisation avait commencé, l’enceinte ­Phantom était là. Mes missions consistent à développer la marque et à lancer de nouveaux produits. Nous sommes passés de 460 points de vente à 1 300 aujourd’hui. La Chine constitue notre deuxième marché, suivi de l’Europe et de la Corée du Sud. Nous avons aussi accéléré le rythme de développement des produits, avec des lancements tous les six à huit mois.

TGL : Quels sont vos marchés clés ?
F. L. : La France reste le premier marché, nous y avons la plus grande couverture géographique et y jouissons d’une notoriété sans précédent. Néanmoins, l’Asie fait partie de nos priorités, c’est là que nous réussissons le mieux – un tiers des ventes actuellement. Dans deux ans, nous prévoyons de réaliser plus de chiffre d’affaires en Asie qu’en Europe.

Le showroom de Devialet est situé rue Réaumur, à Paris. Créée en 2007, l’entreprise est réputée pour ses enceintes haut de gamme.
Le showroom de Devialet est situé rue Réaumur, à Paris. Créée en 2007, l’entreprise est réputée pour ses enceintes haut de gamme. DR

TGL : Quelles sont vos stratégies de distribution ?
F. L. : C’est l’intérêt des levées de fonds massives. Elles nous permettent de recruter des équipes partout dans le monde, qui déploient ensuite la marque au niveau local. Notre objectif est d’atteindre les 3 000 points de vente dans les deux ans qui viennent. Le fait d’être bien financé nous donne la possibilité d’être ambitieux et de partir à la conquête du monde de l’audio. Nous avons aussi une vingtaine de boutiques en propre. C’est essentiel pour la construction de la marque et sa crédibilité d’avoir les plus belles boutiques qui soient, implantées dans les plus grandes villes et qui offrent l’intégralité de l’expérience Devialet.

TGL : Comment gérez-vous la diversification de votre offre ?
F. L. : Aujourd’hui, Phantom et ses déclinaisons représentent près de 70 % des ventes. Nous avons lancé depuis peu les écouteurs Gemini, au potentiel énorme. Nous visons une diversification dans le domaine de l’audio maintenant que nous maîtrisons la technologie. L’objectif est de lancer des produits dans tous les segments possibles. Ensuite, la technologie et l’activité des licences est l’un des piliers de Devialet. Beaucoup d’entreprises dans le monde souhaitent intégrer de l’audio sans forcément en maîtriser la technologie. Depuis deux ou trois ans, nous accélérons ces partenariats, notamment avec Huawei en Chine ou Vodafone et SFR dans le monde. Cela nous permet de financer nos activités et de mettre en avant notre marque grâce au cobranding.

Ecouteurs Gemini, 299 €. Devialet. Cadeaux de Noël TechEcouteurs Gemini, 299 €. Devialet.

TGL : Quel est le futur de Devialet ?
F. L. : Radieux, j’espère ! J’aimerais que dans cinq, dix, quinze ans, Devialet continue de dominer en technologie du son. Pour continuer à faire grandir la marque et apporter une émotion immense aux utilisateurs.


Thématiques associées