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Horlogerie française, zoom sur 11 marques 1/2 : Bell & Ross, Lip, March LA.B...

On assiste depuis peu à une floraison de l' horlogerie française. De Bell & Ross à March LA.B, première partie du focus sur les marques favorites de The Good Life.

Bell & Ross. Cette marque franco-suisse est née en 1994. Elle est fondée par un duo complémentaire, dans la droite lignée du mécanicien Rolls et de l’aristocrate fortuné Royce. La maison horlogère s’appuie sur Carlos Rosillo (le Ross), le financier sorti d’HEC, et Bruno Belamich (le Bell), l’artiste, le designer. Ce dernier est à l’origine de la puissante esthétique de l’enseigne, pétrie de références provenant de l’aviation militaire. La réussite est fulgurante depuis le lancement, en 2005, de la BR 01, inspirée d’une horloge de jet. Ses lignes simples et graphiques rappellent le fonctionnalisme des objets du Bauhaus. En 2020, la marque a sorti la BR 05, une nouvelle famille de montres sport ultrachic qui délaisse un temps les tarmacs pour se rapprocher d’un univers plus élégant, plus urbain. Pour autant, ses formes se réfèrent toujours au rond dans un carré emblématique de la BR 01, mais les coins s’arrondissent. Là encore, le succès est au rendez-vous pour cette marque pionnière du renouveau de l’horlogerie française.

Bell & Ross BR05 Chronographe Black Steel. Prix : 5900 €.
Bell & Ross BR05 Chronographe Black Steel. Prix : 5900 €. DR

Les marques du renouveau de l’horlogerie française

Briston. Brice Jaunet, le fondateur de cette petite marque française, a de qui tenir : son grand-père est à l’origine de l’aventure New Man. Le jeune homme lance Briston en 2012, après quinze années passées chez Cartier, Baume & Mercier, Raymond Weil et Zenith. En 2013, il sort sa première collection Clubmaster, qui se caractérise par un prix très abordable (autour de 200 €), un bracelet Nato et un boîtier coussin arrondi en acétate de cellulose. Cette matière, très employée en lunetterie, provient de chez Mazzucchelli, en Italie. Elle est à 70 % naturelle, car constituée de fleurs et de fibres de coton. Le nom Clubmaster rend hommage à une célèbre paire de lunettes de chez Ray-Ban. Aujourd’hui, la gamme s’est considérablement élargie, avec des mouvements automatiques, des boîtiers en acier, des bracelets en cuir, en caoutchouc… Le design est réalisé en France, le mouvement, au Japon, et l’assemblage, en Chine.

FOB Paris. Cette marque se définit comme un « studio d’horlogerie ». Elle est lancée en 2013 par trois amis, jeunes ingénieurs. Les produits, de style rétrofuturiste, cultivent un esprit très parisien, à la frontière entre la mode et l’horlogerie, et comptent une bonne part de montres de poche revisitées. Si l’enseigne reste encore confidentielle et vend ses produits à 70 % à l’export, elle vient d’ouvrir sa première boutique dans le quartier du Marais, à Paris. « C’est important de pouvoir s’adosser à un point de vente, reflet de notre univers, de notre monde. Cet espace nous donne une visibilité concrète, se félicite le trio. Elle est pour nous une sorte de carte de visite qui montre aussi la solidité de la marque. » Très futuriste, leur dernier modèle, Red Solar, se recharge à l’énergie solaire.

www.fob-paris.com
www.fob-paris.com DR

March LA.B. Cette marque d’horlogerie française, qui cultive un made in France stylé, est déjà bien établie. Elle est indissociable de son cofondateur Alain Marhic, Basque amateur de surf et d’américaines sixties à moteur V8. L’enseigne a déployé un univers haut en couleur – le vert March est devenu emblématique. Elle réalise l’essentiel de ses ventes en France, où elle compte deux points de vente, mais sa nouvelle boutique londonienne montre que la marque tend à s’internationaliser. Emmanuel Macron porte souvent des montres March LA.B, notamment la dernière-née, Mansart (photo), un élégant carré aux coins biseautés. « Romain Duris a aussi une March. Je suis très fier de cela, se félicite Alain Marhic. Il est le parfait représentant de l’homme March. »

Montres : l’acier en vedette de la nouvelle collection March LA.B
Montres : l’acier en vedette de la nouvelle collection March LA.B DR

Lip, l’historique

Cette marque a connu une histoire mouvementée faite à peu près d’autant de hauts que de bas. Elle naît à la fin du XIXe siècle, à Besançon, en Franche-Comté. Elle devient, sous l’impulsion de Fred Lipmann notamment, la manufacture française la plus puissante. En 1954, elle produit 300 000 montres par an et emploie 1 500 personnes. La firme a toujours fait preuve d’une grande modernité. Dans les années 50, elle lance la première montre dite « électronique » à diode. L’arrivée du quartz, au cours des années 70, va pourtant lui être fatale. Et le lancement, en 1974, de la géniale collection de montres de 7 designers – parmi lesquels Roger Tallon, Jean Dinh Van, Michel Boyer… – n’y change rien. Tout s’achève en 1977 par une retentissante faillite. Reprises en main en 1990, les montres Lip sont souvent proposées comme cadeau d’abonnement à un magazine. La marque change à nouveau de mains en 2015. Philippe Bérard, le fondateur de la Société des montres bisontines (SMB), rapatrie la fabrication à Besançon et confie la direction à son fils, Pierre-Alain Bérard. Lip renoue enfin avec le succès.

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