DAIDŌ MORIYAMA PHOTO FOUNDATION COURTESY OF AKIO NAGASAWA GALLERY PARIS MUSÉES

Photo : 4 expos pour l'hiver à Paris, Pampelune et Montpellier

Plongées dans le passé à travers quatre expos, que ce soit dans les rues de Paris, les milieux interlopes à Tokyo ou à des marches sociales aux Etats-Unis.

The Good Life a sélectionné quatre expos de Paris à Pampelune en passant par Montpellier, consacrées à la photo.

Montpellier, New York multifacettes. L’histoire de l’art repose sur le génie des artistes, mais aussi sur les progrès de la technique. Après la Seconde Guerre mondiale, les pellicules Tri-X et ASA 400 ont permis aux photographes de rue de faire des images sans bénéficier forcément d’une grande lumière, dans les impasses obscures, les mondes cachés ou interlopes. Résultat, un certain grain, un manque de netteté : des aléas qui constituent précisément aujourd’hui la beauté de ces clichés. Cette expo révèle, en marge des cadors (Robert Frank, Diane Arbus ou Lisette Model), des talents moins connus tels qu’Homer Page, David Vestal ou Ruth Orkin. The New York School Show, 1935-1965, Pavillon populaire, jusqu’au 10 janvier. www.montpellier-tourisme.fr

Pampelune, le mentir vrai de la photo. Vik Muniz l’illusionniste fait l’objet d’une rétrospective majeure à Pampelune. L’artiste brésilien a acquis, depuis les années 80, le droit d’entrer dans les musées en « peignant » avec des matériaux aussi divers que le miel, le chocolat, la sauce tomate, la poussière, les diamants, le papier ou les grains de sable, puis en rephotographiant ses oeuvres et en les changeant d’échelle. Son travail fascine autant qu’il interroge, car si ses images sont faciles d’accès, voire décoratives parfois, elles cachent aussi des couches successives de sens. Elles obligent le visiteur à y regarder à deux fois avant de saisir les jeux entre texture et planéité, fragments et continuité. Passionné d’histoire de l’art et d’études scientifiques concernant la vision et la perception, Vik Muniz ne manque jamais de souligner que « la photographie offre cette possibilité de mentir tout en disant la vérité ». Vik Muniz, Museo Universidad de Navarra, jusqu’au 21 mars. www.museo.unav.edu

Deux expos à Paris

Atget, piéton de Paris. Paris se métamorphose plus qu’on ne croit. Alors que se dessinent les nouvelles frontières du Grand Paris, une expo rend hommage à Eugène Atget, qui a fixé le « vieux Paris », celui d’avant Haussmann, d’avant la percée des grands boulevards qui a fait disparaître tant de rues dont seules les images du grand photographe gardent la mémoire : ruelles, vitrines, hôtels particuliers, mais aussi bidonvilles aux portes de Paris. Tandis que Carnavalet déploie ses chefs-d’oeuvre dAtget à la fondation HCB, cette dernière lui prête en retour les clichés qu’Henri Cartier-Bresson a faits de Paris, pour nourrir une expo relais qui se tiendra au printemps prochain. Eugène Atget. Voir Paris, fondation Henri Cartier-Bresson, du 19 janvier au 25 avril. www.henricartierbresson.org

Vieille Maison, 6 rue de Fourcy, 1910. Eugène Atget.
Vieille Maison, 6 rue de Fourcy, 1910. Eugène Atget. MUSÉE CARNAVALET HISTOIRE DE PARIS

Tokyo téléporté. A défaut de pouvoir voyager en Asie, faisons un tour à Tokyo en compagnie de Daido Moriyama et de Shomei Tomatsu, deux maîtres de la photographie japonaise. Leurs oeuvres, exposées en miroir, nous emmènent dans le quartier de Shinjuku, qui se peuple la nuit de silhouettes fugitives et s’éclaire des lumières interlopes des clubs de strip-tease et des bars à filles. Dès les années 60, dans un Japon marqué par les séquelles de la défaite, ces deux photographes ont chahuté les codes, usant d’un langage visuel fondé sur le flou, le bougé, le grain. L’expo tangue comme un bateau ivre de noirs et de blancs ultracontrastés, s’impose comme un espace d’expérimentations radicales et chavirantes. Moriyama – Tomatsu. Tokyo, Maison européenne de la photographie, jusqu’au 28 février. www.mep-fr.org