La Carrera a remporté sa course contre le temps. Pièce fétiche de la marque suisse TAG Heuer, elle occupe depuis plus d’un demi-siècle la pole position des garde-temps chez les pilotes de formule 1.

Crissement de pneus, tête-à-queue et virages serrés dans les heights de San Francisco : la mémorable course-poursuite de Bullitt affichait, déjà en 1968, les facultés de Steve McQueen à crever l’écran au volant de belles cylindrées. Deux ans plus tard, le gentleman-driver gare la Ford Mustang de Frank Bullitt pour démarrer la Porsche 917 de Michael Delaney dans le film Le Mans, en combinaison blanche, lunettes aux verres teintés et casque cabossé. Dans l’odeur d’huile de moteur et le vrombissement coléreux des bolides, l’ancien mécano devenu tête brûlée du cinéma hollywoodien se glisse dans sa carlingue malgré l’interdiction des compagnies d’assurances.

Il s’apprête à faire fumer le bitume du circuit des 24 Heures du Mans et, par la même occasion, à faire flamber son compte en banque. Acteur et producteur sur le film, il engage corps et argent. Le tournage durera trois mois, lui coûtera 20 millions de francs et quelques sueurs froides… Il manque de perdre le contrôle de sa voiture lancée à plus de 300 km/h, le pilote Derek Bell est brûlé au visage et aux mains, et David Piper est amputé d’une moitié de jambe. McQueen voulait coller à la réalité, elle l’a plaqué au sol.

Epinglé, comme l’emblème Heuer à sa combinaison. Un symbole fort pour l’acteur, qui a insisté pour porter la même tenue que le coureur suisse Jo Siffert, premier pilote sponsorisé par la marque en 1969 et son conseiller sur le tournage. McQueen pousse la ressemblance jusqu’au moindre détail. A son poignet : l’emblématique modèle bleuté Monaco, premier chronographe automatique au monde serti dans un boîtier carré et étanche.

TAG Heuer, la fureur du chrono

1860. La vingtaine à peine, Edouard Heuer fonde un atelier d’horlogerie dans le Jura suisse, à Saint-Imier, avant de gagner Bienne, où il est voisin d’une manufacture consacrée aux prototypes automobiles. Cette proximité présage le lien mécanique qui se tissera quelques années plus tard entre la marque et les belles cylindrées.

Pour l’heure, l’époque est marquée par le sport de compétition. Edouard Heuer accorde alors la précision de ses garde-temps aux exigences de la mesure sportive. Après un remontoir à couronne autonome breveté, Heuer (qui ne deviendra TAG Heuer qu’en 1985) franchit un cap en 1887 avec le pignon oscillant, qui permet au chronographe de démarrer en moins de 2/1 000 de seconde.

Tag Heuer Carrera, boîtier 39 mm en acier, mouvement mécanique à remontage Automatique Manufacture Heuer 02, bracelet en alligator, édition limitée à 1 860 exemplaires pour les 160 ans de la maison Tag Heuer. 6 100 €.
Tag Heuer Carrera, boîtier 39 mm en acier, mouvement mécanique à remontage Automatique Manufacture Heuer 02, bracelet en alligator, édition limitée à 1 860 exemplaires pour les 160 ans de la maison Tag Heuer. 6 100 €. DR

Une révolution prolongée en 1916 par l’invention du Mikrograph, précis au centième de seconde. Cette course avec le temps vaut à Heuer d’être désigné chronomètre officiel des jeux Olympiques d’Anvers (1920), de Paris (1924) et d’Amsterdam (1928). Dès lors, les limites de l’exactitude ne cessent d’être repoussées avec, en 1966, le Mikrotimer, un premier instrument de chronométrage électronique miniaturisé affichant une précision au millième de seconde.

Carrera, le carburant de la marque

L’accélération technologique a toujours été le moteur de Heuer qui, en 1933, met un premier pied dans le monde automobile en créant la Hervue, la première montre pour tableau de bord avec une autonomie de huit jours. Une façon d’agiter le drapeau et d’inaugurer l’entrée dans la course. C’est d’ailleurs en hommage à la « Pan Am » ( Carrera Panamericana), l’illustre rallye mexicain organisé dans les années 50, que Jack Heuer, petits-fils d’Edouard, confectionne ce qui deviendra la première pièce de la collection Carrera.

Tag Heuer Carrera, boîtier 39 mm en acier, mouvement mécanique à remontage Automatique Manufacture Heuer 02, bracelet en alligator, édition limitée à 1 860 exemplaires pour les 160 ans de la maison Tag Heuer. 6 100 €.
Tag Heuer Carrera, boîtier 39 mm en acier, mouvement mécanique à remontage Automatique Manufacture Heuer 02, bracelet en alligator, édition limitée à 1 860 exemplaires pour les 160 ans de la maison Tag Heuer. 6 100 €. DR

Une montre de sport munie d’un cadran large et lisible, d’un boîtier étanche et robuste, spécialement conçue pour les pilotes automobiles. Un garde-temps à la hauteur des as du volant. Une montre devenue fétiche depuis plus de cinquante ans pour David Coulthard, Kimi Räikkönen, Fernando Alonso, Lewis Hamilton, Jenson Button ou encore Alain Prost.

Chronologie

1963 : Carrera Panda, 1er chronographe Carrera, édition tachymètre noir et blanc.

1969 : Carrera Chronomatic Calibre 11, calibre breveté, modèle équipé d’un compteur de 12 heures et d’un compteur de 30 minutes, ainsi que du pignon oscillant inventé par Edouard Heuer en 1887.

1985 : le groupe TAG rachète Heuer et devient TAG Heuer.

• 1996 : TAG Heuer Carrera, l’un des modèles les plus vendus dans l’histoire de la marque.

1999 : le groupe LVMH rachète le groupe TAG Heuer.

2004 : la Carrera à bracelet en acier rejoint la collection.

2011 : Carrera Heritage, une ligne complète de chronographes Carrera sportifs et vintage.

2012 : Carrera Mikrogirder, un chronographe d’ultrahaute fréquence dont la précision atteint 5/10 000 de seconde.

2013 : Carrera Racing Calibre 1887, modèle équipé d’un boîtier en titane sablé noir et de chiffres en or noir inspirés des compteurs de voitures.

2019 : lancement de la TAG Heuer Carrera Calibre Heuer 02T Tourbillon Nanograph équipée du nouveau mouvement manufacture Heuer 02 avec spiral en composite de carbone.


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