Matthieu Colin
100 % voitures électriques

Méhari vs Mini Moke, deux icônes en mode électrique

Elles célèbrent chacune un modèle emblématique de l’histoire de l’automobile : l’Eden repose sur les codes de la Méhari, tandis que la Nosmoke reprend le style si particulier de la Mini Moke. Le tout dans un silence de plomb – ou plutôt lithium-ion – grâce à leur motorisation électrique. Direction Cassis pour un test.

Nous sommes à Cassis ! Le soleil tape ; même les cigales semblent figées par la chaleur. Sous leur capote en toile, les deux petites autos garées sur la place semblent offrir un abri possible. Il suffit d’ailleurs d’enjamber les pontons pour y grimper ; ou, à la Starsky et Hutch, de « jumper » dans l’habitacle. L’Eden dispose de portes latérales amovibles quand la Nosmoke se limite à un bimini. Un peu partout, les deux compères reprennent les codes de leurs grandes sœurs : Méhari pour l’une, Mini Moke pour l’autre, avec tous les atouts et le charme de ces petites voitures si spéciales.

A bord, la finition fait dans un registre « à la cool », plutôt sommaire. L’Eden joue la carte de la tradition, donc vintage, avec ce grand volant spécifique obligeant à développer ses bras à plat pour le faire tourner. Et comme dans la Méhari, le tableau de bord est minimaliste : compteur de vitesse, jauge d’autonomie en pourcentage, voyants de signalisation et boutons de commandes. Simple, efficace, pas de fioritures ni de gadgets. Même constat pour les sièges : au choix, souples et confortables, à l’ancienne, ou, en option, en osier de superbe facture, mais au confort plus limité.

Les options de l’Eden sont nombreuses : teintes de carrosserie, des sièges, des toiles, etc. Mehari Club Cassis va jusqu’à proposer de magnifiques sièges en osier accompagnés d’une malle de pique-nique totalement accessoirisée, dont des breuvages rouge et rosé des coteaux varois !
Les options de l’Eden sont nombreuses : teintes de carrosserie, des sièges, des toiles, etc. Mehari Club Cassis va jusqu’à proposer de magnifiques sièges en osier accompagnés d’une malle de pique-nique totalement accessoirisée, dont des breuvages rouge et rosé des coteaux varois ! Matthieu Colin

A ses côtés, la Nosmoke accueille avec moins d’espace et dans un style diamétralement opposé : des sièges modernes de type baquet à l’avant, un peu collants sous la chaleur, et une banquette arrière rabattable. Le poste de pilotage se contente d’un gros compteur, façon Mini, d’une jauge par barres et de boutons type électriques. A bord, la colonne de direction très droite et les pédales jambes repliées obligent à une position un peu étrange, comme assis sur une chaise. Et si les finitions se révèlent moins originales, cette Nosmoke étonne par son côté jouet pour enfant.

Sa mise en route se veut extrêmement simple : un tour de clé, un enclenchement du commodo sur Drive, une pression sur les gaz et hop ! elle décolle. L’Eden, toujours dans les codes Méhari, réclame plus d’attention : contact, pression sur l’embrayage, passage d’un rapport sur le levier ô combien célèbre, relâchement de l’embrayage, puis décollage.

La Nosmoke étonne par son côté jouet pour enfant. Fabriquée à la demande dans son usine de Cerizay, dans les Deux-Sèvres, elle propose 14 coloris de carrosserie (vifs et pastel), 2 pour les sièges (blanc, noir) et 3 pour le bimini (blanc, noir, beige).
La Nosmoke étonne par son côté jouet pour enfant. Fabriquée à la demande dans son usine de Cerizay, dans les Deux-Sèvres, elle propose 14 coloris de carrosserie (vifs et pastel), 2 pour les sièges (blanc, noir) et 3 pour le bimini (blanc, noir, beige). Matthieu Colin

5 kW d’écart

Aux premiers tours de roue, les habitacles se remplissent d’air, sans remous intensifs, et rafraîchissent rapidement. Mais surtout, à l’inverse de leurs aînées, les deux autos filent en silence, laissant aux conducteurs et passagers le loisir de profiter pleinement du paysage et des routes sans le ronronnement d’un moteur thermique. Car chacune est animée par une motorisation électrique. Un bloc de 15 kW pour l’Eden contre 10 kW pour la Nosmoke, une puissance qui autorise leur conduite avec un permis B1 dès l’âge de 16 ans.

Les options de l’Eden sont nombreuses : teintes de carrosserie, des sièges, des toiles, etc. Mehari Club Cassis va jusqu’à proposer de magnifiques sièges en osier accompagnés d’une malle de pique-nique totalement accessoirisée, dont des breuvages rouge et rosé des coteaux varois !
Les options de l’Eden sont nombreuses : teintes de carrosserie, des sièges, des toiles, etc. Mehari Club Cassis va jusqu’à proposer de magnifiques sièges en osier accompagnés d’une malle de pique-nique totalement accessoirisée, dont des breuvages rouge et rosé des coteaux varois ! Matthieu Colin

Sur la route, les 5 kW d’écart se font ressentir. A l’accélération, si la Nosmoke paraît plus incisive, elle régule son effort plus rapidement, tandis que l’Eden poursuit sa poussée. C’est surtout dans le ressenti que l’écart est plus flagrant. Ultramaniable, la Nosmoke passe partout avec une facilité déconcertante. Sa direction est incisive et son insertion dans la ville s’effectue de façon très intuitive. Son petit gabarit aide en cela. Quant à l’Eden, elle joue encore la carte du vintage. Avec son volant à plat, elle réclame plus d’efforts, mais se rattrape vite sur la tenue de cap sur les routes plus rapides.

Pour la ralentir, les freinages réclament également un effort plus fourni sur la pédale que la Nosmoke. Gare tout de même aux virages serrés qui imposent une faible allure avec l’Eden, à l’inverse de sa duelliste du jour qui se régale des demi-tours. La Citroën abat cependant une carte maîtresse avec ses suspensions souples. Dans les ronds-points, l’effet de basculement amuse, comme le faisait la 2CV en son temps. Surtout, ses amortisseurs gomment les aspérités et autorisent des escapades dans les chemins sans aucun souci. Sur ce plan, la Nosmoke pâtit de ses suspensions raides, aux débattements très courts, et se limite donc à la ville. Mieux vaut lui éviter les dos-d’âne et autres aspérités du bitume.

La Nosmoke étonne par son côté jouet pour enfant. Fabriquée à la demande dans son usine de Cerizay, dans les Deux-Sèvres, elle propose 14 coloris de carrosserie (vifs et pastel), 2 pour les sièges (blanc, noir) et 3 pour le bimini (blanc, noir, beige).
La Nosmoke étonne par son côté jouet pour enfant. Fabriquée à la demande dans son usine de Cerizay, dans les Deux-Sèvres, elle propose 14 coloris de carrosserie (vifs et pastel), 2 pour les sièges (blanc, noir) et 3 pour le bimini (blanc, noir, beige). Matthieu Colin

Eden du MCC

L’Eden est un hommage du Méhari-2CV Club de Cassis (MCC) à l’icône Méhari, lancée en 1968. La ligne traditionnelle est conservée, tout comme la philosophie de véhicule à tout faire : la Méhari repose sur la base de la 2CV, une voiture conçue pour franchir un champ de patates avec une boîte à œufs posée sur la banquette arrière, sans les casser, bien sûr. Cet éloge à l’histoire est associé à un moteur électrique synchrone sans balais aux performances équivalentes au moteur bicylindre 600 cm3 d’origine, qui permet de mouvoir les près de 600 kg de l’auto, batteries comprises, jusqu’à 80 km/h.

MCC a conservé la boîte de vitesses à 4 rapports d’origine et propose également, en option, une version automatique Easy, qui facilite les manipulations, mais retire un peu d’authenticité. De nombreuses options sont disponibles : coloris, sièges, capote, roues, tapis, etc.

La carrosserie est toujours en ABS, posée sur un châssis en tôle soudée renforcée avec un arceau de sécurité. A mémoire de forme, elle peut retrouver son apparence initiale après un léger choc. The Good Life n’en doute pas, mais n’a pas voulu tester ce point.

• 15 kW (environ 20 ch).
• A partir de 24 000 €, bonus
environnemental compris.
• Garantie 2 ans (3 ans sur les batteries).

Eden, une Méhari résolument rétro

Le côté le plus fun réside dans leur charme et leur type « auto de plage ». Avec elles, il suffit de jeter ses affaires dans le coffre arrière – l’Eden offrant plus d’espace –, et de sauter à l’intérieur pour passer du port à la plage d’un simple coup de jus. Et en ressortant de l’eau, nul besoin de se sécher pour remonter, ces deux modèles acceptent sans problème un peu d’eau dans leur habitacle. Cheveux au vent, lunettes sur le coin du nez, l’arrière-pays est savouré en silence. Ou presque.

L’Eden, une fois encore, s’amuse de son passé. Si la motorisation se révèle totalement silencieuse, elle a conservé sa boîte de vitesses qui vous colle une madeleine de Proust dans le bec avec ce sifflement si particulier, notamment en seconde, rapport indispensable pour grimper les côtes, mais aussi lors des manœuvres en marche arrière. Le silence du moteur électrique laisse la part belle à la sonorité de cette transmission et préserve l’authenticité de cette célèbre auto.

Les options de l’Eden sont nombreuses : teintes de carrosserie, des sièges, des toiles, etc. Mehari Club Cassis va jusqu’à proposer de magnifiques sièges en osier accompagnés d’une malle de pique-nique totalement accessoirisée, dont des breuvages rouge et rosé des coteaux varois !
Les options de l’Eden sont nombreuses : teintes de carrosserie, des sièges, des toiles, etc. Mehari Club Cassis va jusqu’à proposer de magnifiques sièges en osier accompagnés d’une malle de pique-nique totalement accessoirisée, dont des breuvages rouge et rosé des coteaux varois ! Matthieu Colin

Conjugué au volant, aux sièges mous, aux suspensions souples et à cette ligne intemporelle, cela fait bien de l’Eden une Méhari. Elle le fait savoir avec cette multitude de détails rétro, totalement effacés depuis des lustres sur les voitures modernes. Elle s’amuse à crapahuter dans les petits chemins caillouteux, accepte d’embarquer quatre personnes ou tout le matériel pour partir en plongée dans les calanques ou se rendre au bord d’une rivière taquiner le goujon.

Nosmoke de Noun’Electric

Cette bouille rigolote lui provient de la Mini Moke, un petit pick-up basé sur la Mini, créé en 1964 par BMC à la demande de l’armée britannique qui cherchait un véhicule petit, robuste et parachutable.

Pour sa Nosmoke, Noun’Electric a voulu se différencier des reproductions existantes pour en améliorer la qualité globale : acier, composants, revêtements… sont sélectionnés avec soin pour offrir à l’auto des propriétés de durabilité. A l’origine conçue avec des batteries au plomb, elle est proposée désormais avec des packs lithium-ion pour accroître son autonomie et sa vitesse de charge.

Ces dernières prennent place en partie dans les larges longerons latéraux, qui semblent avoir été conçus pour cela dès l’origine. Le bloc moteur électrique de type asynchrone de 10 kW déplace les plus de 500 kg de l’auto (hors batteries) jusqu’à 70 km/h. Pour s’arrêter ou ralentir, la Nosmoke mise sur un freinage à assistance électrique progressif et puissant. L’équipe Porsche en a fait sa mascotte pour se déplacer lors des trois dernières éditions des 24 Heures du Mans.

• 10 kW (environ 13,6 ch).
• A partir de 17 990 € (plomb) ou 22 500 € (lithium-ion).
• Garantie 2 ans.

Face au charme de l’ancien, la Nosmoke joue une carte plus moderne

Elle accepte tout autant de monde à bord, un peu moins de matériel, mais son tempérament se prête plus au jeu des clubs de golf ou des sorties en boîte de nuit à ciel ouvert, sous la chaleur de l’été. Plus citadin, ce petit jouet se savoure pour faire des sauts de puce à droite et à gauche, en prenant soin de veiller à la réserve de jus disponible. L’Eden s’appuie sur des batteries LiFePo (lithium-fer-phosphate) et la Nosmoke, sur des blocs lithium-ion pour assurer, l’une comme l’autre, une autonomie annoncée de 130 km, à condition toutefois de ne pas abuser de pentes prononcées qui engloutissent en peu de distance une partie de la réserve électrique.

La Nosmoke étonne par son côté jouet pour enfant. Fabriquée à la demande dans son usine de Cerizay, dans les Deux-Sèvres, elle propose 14 coloris de carrosserie (vifs et pastel), 2 pour les sièges (blanc, noir) et 3 pour le bimini (blanc, noir, beige).
La Nosmoke étonne par son côté jouet pour enfant. Fabriquée à la demande dans son usine de Cerizay, dans les Deux-Sèvres, elle propose 14 coloris de carrosserie (vifs et pastel), 2 pour les sièges (blanc, noir) et 3 pour le bimini (blanc, noir, beige). Matthieu Colin

Il suffit juste de penser, à chaque pause, de brancher les autos pour les recharger à l’aide d’un câble – fourni – sur une simple prise domestique de 220 V. Elles réclament 3 h 30 pour une charge complète ou seulement 2 h pour refaire 80 % du plein (30 minutes avec un chargeur rapide). De quoi largement se faire plaisir à tout instant étant donné que ces deux petites ne jouent pas les bolides et que leur objectif premier est la balade tranquille.


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