Cette plante dont les ravissantes ϐleurs blanches aux efϐluves de vanille parsèment les bois d’Europe a de faux airs de muguet. Mais contrairement à celui-ci, toxique, l’aspérule odorante regorge de bienfaits.

De son nom latin Asperula odorata ou Galium odoratum, l’aspérule odorante est une plante de la famille des rubiacées, dont le genre, originaire des régions boisées des climats tempérés, compte plusieurs centaines d’espèces vivaces et annuelles. A l’état naturel, on trouve l’aspérule odorante dans les forêts de feuillus, souvent des hêtraies, mais aussi dans les lisières et les clairières d’Europe et de Russie.

Celle que l’on surnomme aussi gaillet odorant, reine des bois, petit muguet, belle étoile ou thé suisse y pousse en petites colonies de 10 à 30 cm de hauteur et s’étale rapidement grâce à ses rhizomes rampants. Cette herbe dressée, dont les fleurs en entonnoir de 4 à 5 mm de diamètre possèdent quatre pétales blancs disposés en croix, s’orne de feuilles ovales vert foncé, qui s’allongent en étoile autour de la tige.

Ses fleurs en forme de clochettes, qui rappellent celles du muguet, donnent de petits fruits ressemblant à des billes vertes couvertes de poils crochus de 2 à 4 mm. Mais contrairement au muguet, toxique, l’aspérule odorante possède plusieurs propriétés médicinales.

De son nom latin Asperula odorata ou Galium odoratum, l’aspérule odorante est une plante de la famille des rubiacées.
De son nom latin Asperula odorata ou Galium odoratum, l’aspérule odorante est une plante de la famille des rubiacées. DR

Pour un sommeil de qualité

L’aspérule odorante, que l’on peut cultiver, est récoltée début mai, au moment de la floraison. On la reconnaît essentiellement à son odeur lors de sa dessiccation, un parfum vanillé qui rappelle celle du foin fraîchement coupé. C’est celui de la coumarine, une substance qui se forme lors du séchage de la plante.

La coumarine, anticoagulante, peut se révéler hypnotique à forte dose, mais bénéfique contre les insomnies. Autrefois, la plante était d’ailleurs utilisée pour bourrer les matelas et les coussins afin de faciliter le sommeil et réduire les insomnies. La légende raconte même que la Vierge en avait garni la crèche avant d’y déposer l’enfant Jésus, ce qui lui a valu le surnom d’herbe à la Vierge.

Par superstition, jusqu’au début du Moyen Age, les femmes pendaient des bouquets secs au-dessus du berceau pour protéger les nouveau-nés des esprits maléfiques et des sorcières, mais cette pratique a ensuite été jugée païenne par l’Eglise.

Ses fleurs en forme de clochettes, qui rappellent celles du muguet, donnent de petits fruits ressemblant à des billes vertes couvertes de poils crochus de 2 à 4 mm.
Ses fleurs en forme de clochettes, qui rappellent celles du muguet, donnent de petits fruits ressemblant à des billes vertes couvertes de poils crochus de 2 à 4 mm. DR

L’aspérule en cuisine et en phytothérapie

Depuis toujours, la plante peut être utilisée en cuisine pour agrémenter des plats, parfumer des desserts et fabriquer un vin apéritif réputé pour ses vertus médicinales. Le fameux « vin de mai », ou Maitrank, aurait vu le jour au IXe siècle grâce aux moines bénédictins de l’abbaye de Prüm, en Allemagne.

Cette boisson pétillante était bue le 1er mai et pour fêter le printemps dans l’est de la France, en Belgique, en Allemagne, en Suisse et au Luxembourg. La plante est aussi utilisée pour concocter du sirop ou de la liqueur à l’eau-de-vie. Dans certains restaurants, on y a recours pour aromatiser les viandes braisées, la charcuterie ou les desserts. En phytothérapie, on l’utilise sous forme d’infusion pour traiter les insomnies, les vertiges, les palpitations, l’anxiété, les névralgies ou pour faciliter la digestion, les fonctions hépatiques ou venir à bout des troubles gastriques.

Chez les hommes, les troubles prostatiques peuvent être soulagés avec les feuilles consommées en tisane. Cependant, à forte dose, les propriétés hémorragiques et hépatotoxiques de la coumarine peuvent être dangereuses et entraîner des vertiges, des maux de tête, des somnolences et parfois des hémorragies.

Il peut en outre y avoir un risque d’interaction entre la plante et les traitements contre les troubles de la coagulation. Sa consommation est d’ailleurs interdite dans certains pays. Pour réduire les risques, on peut recommander de la mélanger avec des légumineuses ou des graminées. En usage externe, l’aspérule odorante peut être utilisée comme collyre pour soigner les conjonctivites, mais aussi sur les blessures, les abcès et les enflures pour les soulager.

On peut aussi calmer les puissants maux de tête en l’appliquant en cataplasme sur le front. Malgré sa toxicité, c’est à la coumarine que l’aspérule doit ses multiples vertus, adoucissantes, antiseptiques, dépuratives, digestives, diurétiques, sédatives et toniques. Et malgré le peu d’études scientifiques connues, on aurait tort d’en douter : on raconte que le duc de Lorraine et ancien roi de Pologne Stanislas Leszczynski, mort, accidentellement, à 88 ans en 1766, disait devoir sa santé robuste à une tisane quotidienne d’aspérule odorante. A bon entendeur…

Posologie

Plante coupée, Iphym, 10,95 € les 100 g.

Infusion : contre la nervosité, l’insomnie, faire infuser 10 g de parties aériennes pour 1 l d’eau bouillante pendant 10 min. A consommer 2 ou 3 fois par jour. Plante coupée, Iphym, 10,95 € les 100 g.

Cataplasme : appliquer la fleur fraîche et écrasée sur les blessures, les abcès, les enflures.

• Teinture mère : contre le stress, pour faciliter la digestion ou le sommeil, boire 25 gouttes dans un grand verre d’eau 3 fois par jour. Aspérule odorante bio, 125 ml, Dietanat, 17,90 € les 125 ml.

En gélules : de 3 à 6 gélules par jour au cours des repas. Thierry Duhec, 15,90 € les 180 gélules.


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