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Mode de la côte Atlantique : Zoom sur les maisons les plus emblématiques 1/2

Du pull marin à la marinière, de la vareuse au ciré jaune, le Grand Ouest a fait naître quelques icônes de nos vestiaires. Résistant aux tendances, traversant les crises, elles font briller maisons historiques et jeunes créateurs et se portent dans les rues de Paris, de Tokyo ou de Cancale. Zoom sur Le Minor et Saint-James.

Saint James, de l’Armée de terre au rap. Considérée comme l’une des plus anciennes marques de mode française – ses ateliers datent de 1850, et la filature prend l’appellation Saint James en 1889, du nom d’un village à quelques kilomètres du mont Saint-Michel –, l’entreprise s’est fait connaître dans le monde entier grâce à son pull matelot. Spécialiste du tricot de corps pour les marins, en laine brute et increvable, Saint James produit aujourd’hui plus de 1 million de pulls et de marinières chaque année, fournit l’Armée de terre et l’Armée de l’air et est, depuis 2013, labellisé Entreprise du patrimoine vivant, une distinction récompensant ses techniques anciennes de remaillage et de raccoutrage.

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La marque qui vient de relifter son logo continue de vouloir séduire la jeune génération en multipliant les collaborations aux côtés de marques streetwear. Elle s’est ainsi récemment associée avec Avnier, le label du rappeur Orelsan, pour lancer une ligne unisexe de marinières, de pantalons et de bonnets.


Le Minor, 3 questions à Sylvain Flet

Corepreneur, avec Jérôme Permingeat de Le Minor, marque emblématique créée dans les années 30 à Pont-l’Abbé. L’activité textile est reprise en 1982 par la Manufacture de Bonneterie Lorientaise, installée à Guidel, elle-même rachetée en 1987 par la famille Grammatico, puis vendue en 2018 à Jérôme et Sylvain.

The Good Life : Deux ans après la reprise de Le Minor, quel bilan dressez-vous ?
Sylvain Flet : Nous revenons de loin, mais nous progressons sûrement. De 1,6 M € de chiffre d’affaires à notre arrivée en 2018, Le Minor passe la barre des 2 M € un an plus tard, et enregistre une croissance à deux chiffres en 2020. Le pull officier de marine et le pull marin traditionnel sont nos best-sellers, et nous vendons plus de 100 000 marinières par an. L’épisode du Covid-19 nous a faiblement impacté et a surtout permis de mettre en lumière le potentiel de l’industrie textile en France et en Bretagne, celle qu’on avait tendance à oublier ces trente dernières années.

TGL : Avec quelles ambitions envisagez-vous cette fin d’année ?
S. F. : Nous revendiquons toujours une mode exclusivement made in Bretagne, un positionnement qui prend de plus en plus de sens auprès des Français. Nous renforcerons prochainement notre présence sur le marché retail en France, et notamment en Bretagne [la marque est présente via un magasin d’usine à Guidel, NDLR]. L’Asie, et notamment le Japon, sont des marchés clés où nous avons envie de faire découvrir toute notre gamme, et une boutique à Tokyo est tout à fait envisageable. En parallèle, nous cherchons à booster notre e-commerce, qui ne représente que 5 % de nos ventes.

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TGL : Outre la traditionnelle marinière et le pull marin, comment Le Minor réussit-il à se renouveler ?
S. F. : Le Minor est une marque issue du workwear, habituée à confectionner des mailles robustes et délicates. Notre nouvelle collection, Mineral, présente sous un nouveau jour nos marinières en version manche courte ou associées aux polos de rugby. Quant au traditionnel pull marin qui gratte, développé enfin en laine douce, il ne gratte plus ! Gauthier Borsarello, pape du vintage en France, a rejoint notre équipe comme directeur artistique et nous travaillons avec lui sur une collection projetée vers plus de modernité.


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