Implantée près de Bordeaux, Qucit (contraction de « Quantified Cities », soit « villes quantifiées ») est l’une des rares jeunes pousses françaises à avoir été, à ce jour, incubées (et même capitalisées) par l’accélérateur de la marque MINI : URBAN-X, à Brooklyn.
Portrait.

URBAN-X : un incubateur pour réimaginer la vie urbaine

URBAN-X est le fruit du partenariat entre MINI et la société de capital-risque américaine Urban US. L’incubateur met en concurrence deux fois par an 20 start-up sur des projets de réimagination de la vie urbaine et de fluidification avec ses habitants. « Nous nous sommes fixé comme mission de mieux comprendre l’espace public et son usage afin de contribuer à rendre les villes plus agréables, efficaces et durables, résume Raphaël Cherrier. La start-up Qucit, fondée en 2014 est spécialiste des solutions prédictives dédiées à l’optimisation des espaces publics et des services urbains. Nous utilisons des ressources d’intelligence artificielle pour améliorer la mobilité et la rendre plus écologique, en facilitant la gestion des flux et de la mobilité. »

« Aujourd’hui avec une meilleure connaissance du réel, la plupart des grandes villes effectuent des mesures. Nous nous appuyons, par exemple, sur les données de comptage fournies par les caméras de circulation. Analysons ce qu’il y a autour les arbres, la circulation, la météo… Nous mettons tout cela dans nos algorithmes et il en ressort des modèles de comportement humain en ville. Tout ceci est bien entendu évolutif. Chaque nouvelle donnée contextuelle vient alimenter nos algorithmes qui sont alors recalibrés. Il s’agit de représenter la réalité de la manière la plus objective possible. »

Raphaël Cherrier, le fondateur de Qucit, s’appuie sur sa formation de chercheur en physique.
Raphaël Cherrier, le fondateur de Qucit, s’appuie sur sa formation de chercheur en physique.

Analyse des comportements à New York

Lorsqu’on lui demande ce qui, selon lui, a séduit MINI et URBAN-X au point de faire de Qucit l’une des start-up très enviées à avoir pu être incubées à Brooklyn, la réponse semble évidente. « L’équipe, tout comme l’ambition du projet qui est de modéliser comment les gens perçoivent le monde. Nous croyons au vélo et à la mobilité partagée – nous produisons un logiciel qui aide les flottes à répartir la demande –, et MINI s’engage aussi sur ce segment, notamment en appliquant cela à des flottes de voitures. Lors des quatre mois passés à New York chez URBAN-X, nous avons pu retravailler le design de notre plateforme d’analyse de données des comportements humains en ville et avons construit la version 1. »

« Sur place, nous avons aussi développé un pilote. Il nous a permis de tester et de mesurer l’attractivité de Downtown Brooklyn, le quartier qui se trouve à côté de l’université de New York, en prenant en considération différents critères. Avec les partenaires d’URBAN-X et Urban US, nous avons pu également affiner le concept et le pitch du Demo Day [l’opération de levée de fonds organisée par URBAN-X, NDLR]. Cela a été une expérience très utile et très enrichissante. Au-delà même du soutien à notre projet, cela a permis une rencontre avec la communauté des autres start-up. Les contacts se sont d’ailleurs poursuivis avec URBAN-X et MINI. Nous avons ainsi assisté, l’an dernier, au lancement de la MINI Electric à Rotterdam. »

Qucit est dédié à l’optimisation des espaces publics et des services urbains.
Qucit est dédié à l’optimisation des espaces publics et des services urbains.

Des solutions prédictives intelligentes

Mais pourquoi une telle passion pour la ville, émanant non d’un urbaniste, mais d’un scientifique ? Pour Raphaël Cherrier, la ville recouvre ses deux passions principales. Ainsi se côtoient protection de l’environnement et modélisation des phénomènes naturels. Il voit à travers sa perception du monde réel en tant qu’enseignant-chercheur à l’université une prise légitime de l’homme. Façonnées par ces besoins, les villes multiplient les interactions de toute nature pour mutualiser les ressources.

« A la base, c’est positif. Plus de créativité, plus d’amis, et donc plus de connaissances. Cela augmente de 15 % chaque fois qu’on double la taille d’une ville. Mais si aujourd’hui, avoir des interactions humaines fait courir un risque [l’interview a eu lieu pendant le confinement lié à l’épidémie de la Covid-19, NDLR], alors des questions se posent encore plus sur la façon de construire les villes… ». Sans aucun doute, la Covid-19 ne pourra ainsi être qu’un accélérateur des nouveaux modes de vie urbains, plus durables et plus respectueux de l’humain avec des solutions prédictives intelligentes.

> Pour retrouver plus de détails sur la start-up Qucit

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