Eurostar, qui fêtait ses 25 ans en 2019, a fait de l’environnement une priorité et la compagnie n’a de cesse d’améliorer son empreinte carbone.

D’ici à deux ans, alors qu’Eurostar et Thalys auront fusionné, le transport ferroviaire devra répondre aux attentes toujours plus grandes de millions de passagers en quête de mobilité durable.

Rencontre à Londres avec Rebecca Cranshaw responsable de la RSE chez Eurostar :

The Good Life : De quand date la prise de conscience écologique ­d’Eurostar ? Et comment cela se traduit-il ?
Rebecca Cranshaw : Le programme « Tread Lightly » [faire attention, NDLR] existe depuis 2007. Il est né à l’initiative du CEO d’alors, Richard Brown, très concerné par le voyage responsable. C’est vraiment par conviction qu’il a pris en considération notre empreinte carbone, ce qui n’était pas courant à l’époque. Ce programme était donc déjà bien implanté quand je suis arrivée, en 2017. Il a connu diverses formes, différents objectifs et stratégies de mise en œuvre : la réduction des déchets mis à la décharge, la diminution de la consommation d’énergie dans nos bureaux et nos locaux, par exemple.

Rebecca Cranshaw est responsable de la stratégie « Tread Lightly », chez Eurostar, un programme global qui œuvre pour la préservation de la planète.
Rebecca Cranshaw est responsable de la stratégie « Tread Lightly », chez Eurostar, un programme global qui œuvre pour la préservation de la planète. DR

En 2018, nous avons lancé notre plan le plus récent avec un accent mis sur l’efficacité énergétique des trains et la limitation des objets en plastique à usage unique. Le plastique, c’est ce que les passagers remarquent le plus, mais la compagnie mène plein d’autres actions pas toujours visibles à leurs yeux. Et nous devons les mener sur deux fronts : public et corporatif.

TGL : Qu’est-ce qui est le plus polluant dans votre activité ?
R. C. : Notre consommation d’énergie est ce qui pèse le plus lourd dans notre bilan carbone, même si le train émet jusqu’à 90 % de carbone en moins qu’un vol court-courrier. Pour l’améliorer, nous avons travaillé sur la façon de piloter les trains avec la mise en place d’un programme de conduite économe et l’installation de compteurs énergétiques à bord. Un autre engagement à tenir est celui de l’origine de notre énergie en optant pour celles qui sont renouvelables : éolienne, solaire…

Nous avons entamé des discussions avec nos fournisseurs dans les pays où nous sommes présents afin d’étudier comment cela pourra être possible. Cela devrait être le cas à 100 % en 2030. J’espère même que nous y parviendrons avant. Enfin, pour chaque train mis sur les rails en 2020, nous planterons un arbre dans les pays que nous traversons. Nous prévoyons d’en planter 20 000 durant l’année.

« Il faut penser au cycle de vie complet d’un produit »

TGL : En novembre dernier, pour les 25 ans d’Eurostar, vous avez fait rouler le premier train sans plastique. Quel est le bilan de cette opération ?
R. C. : C’était effectivement l’un de nos principaux objectifs en 2018. Depuis, nous avons déjà réduit son usage de 36 % et nous serons à 50 % d’ici à la fin 2020. Mais il y a encore beaucoup d’efforts à fournir et le plastic free train nous a permis de comprendre à grande échelle ce qui fonctionne bien et moins bien. Il existe une multitude de choses pour lesquelles il n’y a pas de solutions faciles. Par exemple les petites bouteilles d’eau qui sont distribuées à nos clients Business Premier. Elles sont en plastique recyclé à 51 %, mais l’objectif est de l’éliminer totalement.

En chiffres

• 4 pays : France, Royaume-Uni, Belgique et Pays-Bas.
• 14 destinations, dont 11 depuis Londres : Paris, Calais, Lille, Lyon, Avignon Bourg-Saint-Maurice, Marseille, Disneyland (Paris), Bruxelles, Amsterdam et Rotterdam.
• 47 trains par jour, et jusqu’à 21 liaisons entre Londres et Paris.
• 1 650 collaborateurs.
• 11 M de voyageurs par an.
• 30 M de passagers par an d’ici à 2030 avec Green Speed (projet d’alliance Eurostar-Thalys).
• Plus de 200 M de passagers transportés depuis le lancement d’Eurostar.
• Paris-Londres à partir de 39 € l’aller en classe Standard, 99 € en Standard Premier et 310 €, avec un repas élaboré par un chef étoilé et un check-in rapide, en Business Premier.
www.eurostar.com

Eurostar s’est engagé, dès le 1er janvier 2020, à planter un arbre pour chaque service ferroviaire exploité sur ses lignes.
Eurostar s’est engagé, dès le 1er janvier 2020, à planter un arbre pour chaque service ferroviaire exploité sur ses lignes.

Changer la matière n’est pas forcément la bonne solution, le verre étant par exemple trop lourd et l’impact carbone pour le transporter, trop élevé. Il faut penser au cycle de vie complet d’un produit. Nous explorons un système d’usage circulaire, une bouteille qui pourrait être lavée et remplie par nos soins, peut-être en céramique, avec une durée de vie beaucoup plus longue. Pour ce qui est des couverts, c’était en revanche facile d’en choisir en bois, quant aux tasses à café elles sont en plastique fabriqué à partir de végétaux et compostables. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos fournisseurs qui jouent tous le jeu, car nous ne sommes pas les seuls à exiger ce type de produits. Ils sont pleinement conscients qu’il y a un mouvement généralisé.

www.eurostar.com


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