The Good Life a sélectionné 11 maisons emblématiques d’une mode designed in the UK. Deuxième partie, avec Hackett, Margaret Howell, Mulberry, Paul Smith, Vivienne Westwood et Mr Porter.

Margaret Howell, l’androgyne. Cette marque de mode magnifique (l’une de nos préférées) s’apprête à fêter ses 50 ans cette année. Tout commence par une chemise d’homme chinée en brocante dans les années 70. Margaret Howell s’en inspire pour créer sa propre version. Elle applique la technique du tailoring, mais prend des libertés avec le tissu qu’elle retravaille pour l’adoucir. Sa patte est née. Margaret Howell aime se définir comme « artisan designer ». Un vêtement vaut par son confort et sa durabilité aussi bien que par son style. Sa fabrication raconte l’histoire d’un savoir‑faire et d’un patrimoine artisanaux. Le luxe se trouve ici dans l’irrégularité d’un lin irlandais, la maille d’un pull tricoté à la main par Marion Foale ou le tissu unique d’un imperméable Mackintosh. Silhouettes androgynes, coupes impeccables, matières parfaites sont les constantes des deux lignes Margaret Howell et MHL. I. C.

Margaret Howell : 34 Wigmore Street. City of Westminter, Marylebone.MHL : 19 Old Nichol Street. Hackney, Shoreditch.www.margarethowell.fr
Margaret Howell : 34 Wigmore Street. City of Westminter, Marylebone.
MHL : 19 Old Nichol Street. Hackney, Shoreditch.
www.margarethowell.fr DR

Mode et accessoires

Hackett, le gardien du temple. Bien plus « sage » que pléthore de ses contemporains, Hackett n’en demeure pas moins l’un des plus éminents ambassadeurs du « style » British avec ses costumes si emblématiques. Sans grande surprise certes, mais loin de se reposer sur ses lauriers, la marque qui – elle aussi – a posé ses jalons sur le pavé de King’s Road au début des années 1980 continue d’incarner aux quatre coins du monde la sobre élégance britannique. Un enrobage auquel il convient un brin de nonchalance et de savoir-être et ainsi se rêver en parfait dandy.

Des fondamentaux que le maître des lieux depuis 1983, Jeremy Hackett, s’évertue à transmettre et qui ont aisément permis à la marque de trouver son public au point de constituer une véritable place forte de la mode londonienne. Une prouesse réalisée en moins d’un demi-siècle. Signe de ce statut de plaque tournante, l’installation de la griffe durant l’été 2019 dans la prestigieuse Savile Row, artère londonienne mondialement reconnue pour ses tailleurs haut de gamme. Une adresse – 14 Savile Row, City of Westminster, Mayfair – qui vient enrichir plus de 1 000 points de ventes dans le monde. Avec Londres toujours chevillée au cœur. S. H.

Jeremy Hackett, fondateur de la marque qui porte son nom. www.hackett.com 
Jeremy Hackett, fondateur de la marque qui porte son nom. www.hackett.com  Nick Tydeman Photography

Mulberry, la bohème chic. Créée par Roger Saul en 1971 à Somerset, la marque fait aujourd’hui partie du patrimoine culturel britannique. Incarnation du style anglais par excellence, Mulberry sait très rapidement faire vibrer les Anglaises qui se retrouvent dans ce mélange d’élégance et d’irrévérence. En 2015, l’Espagnol Johnny Coca (photo) devient le directeur artistique de Mulberry et décide de cultiver l’identité British de la marque tout en lui donnant une aura internationale.

Johnny Coca, au rythme des best‑sellers qu’il dessine, s’impose comme un génie de l’accessoire. A la tête de la création de Mulberry, le designer étend son univers au prêt‑à‑porter avec succès. Rien de mieux qu’un observateur extérieur pour retrouver la quintessence du style anglais, le réinterpréter et le rendre hautement désirable et pertinent. I. C.

50 New Bond Street. City of Westminter, Mayfair. www.mulberry.com
50 New Bond Street. City of Westminter, Mayfair. www.mulberry.com DR

Intemporel et indépendant

Paul Smith, le patient anglais. Fort d’une carrière très longue d’une cinquantaine d’années, Paul Smith est passé maître dans l’art de la synthèse. Entre ses costumes classiques, avec leur coupe so British reconnaissable entre mille, et ses chemises aux couleurs chamarrées et bigarrées, le créateur célèbre une longévité finalement peu courante dans un milieu où il est loin d’être aisé de demeurer en phase avec son temps. Un tour de force réussi sans encombre pour ce natif de Nottingham qui a su conserver son indépendance, d’un chiffre d’affaires annuel oscillant autour de 2 Mds € ! Avec la volonté de conserver, tout au long de ces années, cette décontraction légendaire qui fait de Paul Smith l’une des griffes les plus emblématiques du Royaume‑Uni. Une ode à l’art de vivre à l’anglaise qui offre à Paul Smith une place de choix dans l’Europe de la mode et au‑delà. S. H.

Paul Smith, 9 Albemarle Street,City of Westminster, Mayfair.www.paulsmith.com
Paul Smith, 9 Albemarle Street,
City of Westminster, Mayfair.
www.paulsmith.com DR

Vivienne Westwood, l’excentrique. Excentrique à souhait, celle qu’on a souvent affublée du sobriquet « d’enfant terrible de la mode » a su montrer que sa réputation était loin d’être usurpée. Figure de l’Angleterre contestataire de début des années 70, elle a su offrir ses habits de lumière à la culture urbaine. La styliste, presque octogénaire, a su se renouveler en opérant des changements pour s’adapter à ses clientèles. Le tout sans se départir de son style empreint de rébellion contre l’ordre établi. Dernier exemple : la sortie d’Andreas Kronthaler, designer vedette de la marque et mari de Vivienne Westwood, contre Bernard Arnault qui pointait le catastrophisme incarné, à ses yeux, par Greta Thunberg. « Cette jeune fille est remarquable et nous devrions la remercier », a souligné celui qui, comme son épouse, milite pour une industrie de la mode plus écologique. S. H. 430 King’s Rd, Kensington and Chelsea, Chelsea. www.viviennewestwood.com


Empire virtuel de la mode masculine

Mr Porter, le conquérant. Emanation masculine du géant de la mode en ligne Net‑à‑Porter et marque à part entière depuis 2018, le londonien Mr Porter se distingue par la variété de sa sélection – sous la houlette de son Style Director, Olie Arnold (photo). Près de 500 marques, oscillant entre des pièces classiques et des choix plus aboutis. Si, longtemps, les hommes ont semblé rétifs à l’idée d’acheter des vêtements en ligne, Mr Porter a achevé de lever les dernières réserves.

Grâce, notamment, à un site épuré, intuitif et facile d’accès. Mr Porter a ainsi réussi à s’engouffrer dans la brèche d’une mode masculine en pleine mutation, et en plein questionnement. Le temps où l’homme achetait ses vêtements uniquement par nécessité est désormais révolu. Le coup de cœur entre désormais en ligne de compte. Bienvenue dans la modernité. S. H.

www.mrporter.com
www.mrporter.com DR

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