Depuis 2016, Florian Chosson s'est fixé comme objectif de relocaliser la fabrication de montres en France. Il a ainsi créé Routine, qui, à son échelle, participe au retour dans l'hexagone de ce savoir-faire (presque) disparu.

Lip a fait son retour à Besançon et Baltic, lancée en 2017, assemble ses montres en France. Symbole, parmi d’autres, de ce retour de l’horlogerie française, cantonnée à la sous-traitance malgré son glorieux passé, Routine a vu le jour en 2016. Florian Chosson vient d’achever ses études d’ingénieur et décide de participer, à son échelle, à la relance de ce secteur qui est passé de 50 000 à 2000 emplois en un demi-siècle.

En 2018, il lance la première montre Routine sur la plateforme de crowdfunding Ulule et explose les compteurs en réalisant 600 % de son objectif initial.

Florian Chosson, fondateur de Routine.
Florian Chosson, fondateur de Routine. DR

Pourquoi les montres ? Florian Chosson, avant d’entrer à l’École des Mines de Nancy, a enchaîné les expériences en alternance chez Nestlé, Safran et la SNCF, mais c’est chez Cartier qu’il se découvre une passion pour les montres. Et pourquoi Routine ? Parce que la marque « met en lumière tous ces petits moments auxquels nous ne prêtons plus attention et qui pourtant font le charme de nos quotidiens. Le café du matin, la première gorgée de vin, le marché du dimanche, le carré de chocolat, les draps propres… ».

Avec 13 ateliers partenaires, 80 % de composants fabriqués en France – surtout en Franche-Comté – et le statut de première montre certifiée Origine France Garantie pour l’Originale, le premier modèle de Routine, le café du matin est certainement très bon pour Florian Chosson.

Montre Originale, en 36 et 40 mm, Routine, 345 €.
Montre Originale, en 36 et 40 mm, Routine, 345 €. DR

6 questions à Florian Chosson, fondateur de Routine :

The Good Life : A quoi est-ce que l’on reconnaît une montre Routine ?
Florian Chosson : Routine puise son ADN dans la simplicité, la créativité et la cohérence. Ainsi, nos montres sont reconnaissables au premier coup d’œil. Des courbes légères, les cadrans épurés, la trotteuse diamétrale et sa cocarde, peinte au centre, discrète, tout cela ≠traduit notre engagement pour les artisans de l’horlogerie française.

The Good Life : Justement, vous semblez accorder beaucoup d’importance au Made in France…
Florian Chosson : Oui beaucoup. C’est le point de départ de mon projet, c’est même notre mission, relocaliser une filière horlogère durable en Franche-Comté. Depuis 50 ans les filières de tout secteur se délitent. Emportant avec elles nos emplois, nos machines, nos savoir-faire. Nos territoires se désertifient pour concentrer la population dans les grandes villes tournées vers une économie de services. À l’heure de la crise du Covid-19, cette épreuve que nous traversons et qui nous touche tous, est un tragique exemple de notre incapacité à fabriquer des masques, des blouses, des produits pharmaceutiques… Aujourd’hui il faut réinvestir massivement dans notre industrie pour notre souveraineté, notre économie, nos emplois, nos territoires et pour la planète. Arrêtons d’acheter à l’autre bout de la terre des produits qui peuvent provenir de notre pays. Je crois profondément en un monde industrialisé à l’échelle locale.

Florian Chosson avec Ahmed El Yamani, qui fabrique les pièces micromécaniques Routine dans le Jura.
Florian Chosson avec Ahmed El Yamani, qui fabrique les pièces micromécaniques Routine dans le Jura. DR

TGL : C’est l’un de vos atouts face à la concurrence ?
F.C. : Je pense avoir réussi à faire ce que beaucoup n’ont, auparavant, pas su mettre en place. À savoir, une fabrication ultra locale avec plus de 80 % de composants fabriqués en France, une qualité de fabrication haut de gamme avec un design et des concepts unique, le tout à un prix compétitif, de 345 € à 445 €.

Le défi de la réindustrialisation

TGL : En quoi est-ce que le design de Routine reflète l’identité française ?
F.C. : J’ai travaillé avec deux amis, Julien et Martin, l’un est designer et l’autre est graphiste. Nous nous sommes principalement inspiré d’anciennes marques de montres françaises du val de Morteau qui n’existent plus aujourd’hui. Nous avons gardé les détails traditionnels comme le chemin de fer, les fines cannelures sur la couronne et la typographie utilisée à l’époque.

TGL : Comment est née votre second modèle, Radar ?
F.C. : Nous souhaitions quelque chose de très graphique et de conceptuel qui revisite nos habitudes de la lecture de l’heure et qui pourrait nous faire voyager dans le temps. Ainsi nous est venue l’idée des 3 aiguilles diamétrales qui nous apportent deux niveaux de lecture, l’un graphique, l’autre jouant avec les fuseaux horaires. Le nom Radar est un clin d’œil à l’outil qui nous permet de nous repérer dans l’espace-temps, c’est aussi un palindrome, un mot qui se lit dans les deux sens, comme sur cette montre, où l’on peut lire l’heure, dans les 2 sens.

Montre Radar, 36 ou 40 mm, Routine, 445 €.
Montre Radar, 36 ou 40 mm, Routine, 445 €. DR

TGL : Vous êtes, comme la majorité des terriens, confiné chez vous depuis plusieurs semaines… Que faites-vous de ce temps suspendu ?
F.C. : Je réfléchis à de nouvelles manières de commercialiser, à de futures collaborations et je m’interroge toujours sur de nouvelles façons de produire. Les sujets de production sont complexes mais ce sont pour moi les plus excitants. Nous avions prévu de lancer une nouvelle finition de nos modèles Radar et Originale en avril mais elle est finalement reportée. Des nouveautés sont prévues, mais en l’état actuel, nos projets prennent du retard et je ne peux pas annoncer de dates…


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