Certaines nouveautés d’Emu, éditeur transalpin de design outdoor au rayonnement international s’inscrivent aussi dans les racines d’un éternel art de vivre italien. Démonstration en quatre collections, présentées dans l’écrin des plus beaux jardins.

Les collections de mobilier outdoor produites, il faut gagner la bataille de l’image. Les marques doivent faire entendre leur voix au milieu de celles de leurs concurrents. Chez Emu, le nouveau catalogue révèle un particularisme. Il s’agit de ce lien préservé entre l’industrie et l’art de vivre italien. Alors qu’en France, ce sont plutôt les grands noms de la décoration et pas ceux du design industriel qui sont associés dans les esprits à la tradition de l’art de vivre français. Dès leurs débuts, les éditeurs de design français ont plutôt misé sur la modernité. En Italie, pour l’outdoor, on peut plus facilement parler dans tous les secteurs de belles choses et de l’art des jardins. C’est le pays où l’opéra y a été de bonne heure un bel canto populaire.

La collection Como, de Silvana Angeletti et Daniele Ruzza pour Emu, à la Villa Della Porta Bozzolo, Casalzuigno.
La collection Como, de Silvana Angeletti et Daniele Ruzza pour Emu, à la Villa Della Porta Bozzolo, Casalzuigno. EMU

Rien d’étonnant donc à ce qu’Emu, éditeur né il y a 69 ans en Ombrie, puisse illustrer ce lien entre design industriel et art de vivre. Quand un éditeur de design outdoor français fait photographier ses nouveautés, il évitera les décors de château. Surtout ne pas faire trop classique. En Italie, au contraire, il est fréquent de voir le travail des designers internationaux d’aujourd’hui shootés sans complexe sous les plafonds peints des palais et dans leurs jardins. Au fond en Italie, l’outdoor est déjà sujet d’actualité dans le théâtre de Goldoni qui, dès le XVIIIème siècle, fait de la « villeggiatura » un thème central. Sans remonter jusqu’aux villas romaines, ces lieux historiques sont considérés en Italie comme des endroits d’exception, qui sont au contraire des écrins valorisants pour la création contemporaine. Emu s’est d’ailleurs associé au FAI, Fonde Ambiente Italiano, la Fondation pour la protection du patrimoine artistique et naturel.

Emu, un lien avec le temps

Il est donc naturel pour Emu de présenter les sept pièces de sa collection Como, signée des designers Silvana Angeletti et Daniele Ruzza dans le cadre historique de la Villa Della Porta Bozzolo à Casalzuigno (Varese) ou sur fond de maison de vacances à Noto (Sicile). La collection elle-même réinterprète un type de mobilier ancien. Ce lien avec le temps qui passe s’exprime aussi dans la durabilité des produits. Elle est elle-même liée à la qualité du savoir-faire industriel d’Emu où l’artisanat a toujours sa place dans les ateliers. D’un point de vue humain et géographique, cela ancre fortement l’entreprise avec son environnement. D’où son intérêt pour les techniques de production à faible impact environnemental. Surtout si on occupe comme Emu 50 000 mètres carrés et que l’on produit plus de 450 000 produits par an, transformant pour ce faire rien moins que 3800 tonnes de matière métallique chaque année.

Collection Como, Noto, Sicile.
Collection Como, Noto, Sicile. EMU

Emu ne sort pas pour autant pléthore de nouveaux modèles chaque année. Le label s’attache plutôt à développer ses collections. Ses produits, pour être contemporain, n’en sont pas moins des propositions d’équipement. Emu ne propose jamais de mobilier au style trop minimaliste, qu’on ne peut imaginer que pour une villa dessinée au cordeau. Au contraire, le produit Ficus est un O.V.N.I décoratif, en forme de végétal stylisé. Son but est d’agrémenter l’extérieur comme une sculpture. Il est inattendu de le trouver dans le catalogue d’un éditeur de design industriel. Il sort pourtant bien de ses usines. Voilà un bon module de base, facile à utiliser partout, maison, hôtel ou terrasse de restaurant. Alors qu’avant, avoir une sculpture, moderne de surcroit, dans son jardin était plutôt rare. Aujourd’hui, c’est un objet disponible, pas trop connoté, bref, une proposition plastique dont on fait ce qu’on veut. Elle projette en prime, des ombres sur les murs. Pourquoi ne pas même imaginer le petit modèle à l’intérieur de la maison ?

En forme de végétal stylisé, Ficus est un bon module de base, facile à utiliser partout : maison, hôtel ou terrasse de restaurant. 
En forme de végétal stylisé, Ficus est un bon module de base, facile à utiliser partout : maison, hôtel ou terrasse de restaurant.  EMU

La mission de l’outdoor…

… en Italie comme partout, elle reste la même : équiper et pas seulement styliser. La collection Breeze des designers Alfredo Chiaramonte et Marco Marin, a été photographiée dans le cadre de la Villa Panza à Varese, lieu de rencontre entre le patrimoine et l’art contemporain. Breeze souffle presque le retour aux fondamentaux de l’outdoor, à savoir la disparition organisée du mobilier en fonte à l’ancienne, lourd et orné. Ce qui s’est imposé depuis, c’est la facilité d’usage de la chaise facile à déplacer. D’un point de vue style, si on doit pouvoir la mettre partout sans qu’elle ne jure, il ne s’agit pas non plus de produire des modèles ennuyeux parce que trop neutres. D’où cette petite chaise, discrète à la structure d’aluminium tendue de textilène et basta.

Collection Breeze, Villa Panza, Varese.
Collection Breeze, Villa Panza, Varese. EMU

La collection Plus 4, avec ses deux modèles de tables rappelle aussi tout l’intérêt du design, même le plus discret. Qu’elle édite des projets développés par des signatures connues comme Jean Nouvel, Jean-Marie Massaud, Patrick Norguet ou Patricia Urquiola, la marque peut prétendre à proposer avant tout des produits pensés. Pas d’extravagance. Tout est dessiné et développé pour qu’on n’ait qu’à les poser sur la pelouse pour qu’au-delà de leur fonction, Emu contribue à l’esthétique de l’espace extérieur dans lequel on évolue.

Collection Plus 4 (table et chaise) et Breez (fauteuil).
Collection Plus 4 (table et chaise) et Breez (fauteuil). EMU

Il serait dommage de suivre des mois de chantiers pour la construction d’une maison et de ne pas prendre le temps de choisir des chaises de jardin qu’on va garder longtemps. Ce sont elles qui sont le décor qu’on apercevra dans trente ans sur les photos d’albums de famille et dès maintenant sur les clichés privés diffusés sur Instagram. Les gens remarquent désormais tout de suite que la table du déjeuner à côté de la piscine est verte comme les oliviers autour. Cet art de vivre à l’extérieur est décidément quelque chose de très méditerranéen même s’il existe aussi au nord de l’Europe. En tout cas, c’est dans le sud de l’Italie qu’il n’est pas rare que qui a quelques oliviers fait de l’huile maison. Un art de vivre outdoor aujourd’hui qui remonte à loin.

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