b. 1950); Courtesy of Kim Steele

Design et mode : 5 expos de Moulins à Barcelone avant le printemps

Processus de création, inspirations et collaborations fructueuses sont au programme des expositions de la saison.

Le streetwear au musée, Washington. Disparu en 1987, à l’âge de 39 ans, Willi Smith est un pionnier de la mode streetwear. On se souvient de ses mélanges audacieux de rayures et de carreaux et de ses formes amples. Proposant d’abattre les frontières sociales, culturelles et économiques, le couturier a nourri de multiples collaborations dans les années 70-80 avec des artistes, des créateurs et des performeurs tels que Nam June Paik, Bill T. Jones ou Keith Haring. Conçue par James Wines, fondateur de Site, l’expo rappelle que celui qui a créé la fameuse marque WilliWear Limited s’inspirait en premier lieu du look des gens ordinaires. Afin de traduire l’énergie de la rue, la scénographie s’appuie sur un décor élaboré à partir de constructions modulaires de clôtures, de maçonnerie, de tuyauterie et de briques. Willi Smith : Street Couture, Cooper Hewitt, Smithsonian Design Museum, jusqu’au 7 septembre. www.cooperhewitt.org

Willi and Toukie Smith, 1978.
Willi and Toukie Smith, 1978. Anthony Barboza

Louboutin en son palais, Paris. Christian Louboutin au palais de la Porte-Dorée ? Elevé dans le 19e arrondissement voisin, le roi de l’escarpin à semelle écarlate garde un souvenir ému de ses visites dans ce chef-d’œuvre Art déco, et la première chaussure qu’il a conçue était un soulier Maquereau réalisé en cuir métallisé, directement inspiré de l’iridescence des poissons de l’Aquarium tropical logé dans le palais. L’univers du créateur se nourrit d’une passion pour les voyages et de références au monde de la pop culture, du spectacle, de la danse, de la littérature, du cinéma… Entre ses escarpins à brides ornées de pensées et ses mules rehaussées de pellicules de films, l’exposition réunit quelques‑unes de ses créations issues de sa collection personnelle ou de prêts de collections publiques, dont certaines jamais exposées. Christian Louboutin : l’Exhibition[niste], palais de la Porte‑Dorée, du 26 février au 26 juillet. www.palais-portedoree.fr

Fairy Garden, LouBhoutan Collection.
Fairy Garden, LouBhoutan Collection. Courtesy of Christian Louboutin

Design et automobile

Ça roule pour le V&A, Londres. Cette exposition XXL examine comment la voiture a changé notre rapport à la vitesse, nos modes de production et de vente ainsi que le paysage qui nous entoure. Au rayon nostalgie, on peut admirer la première auto construite au monde – la Benz Patent Motorwagen 3, en 1888. Au rayon futuriste, un prototype de la voiture volante autonome coréalisée par Italdesign, Airbus et Audi. Présentée pour la première fois au Royaume-Uni, elle combine les quatre grandes innovations du secteur : énergie électrique, conduite automatique, accent mis sur les services et capacité à voler. Cars : Accelerating the Modern World, Victoria & Albert Museum, jusqu’au 19 avril. www.vam.ac.uk

Lowrider Convention in Los Angeles, 2019.
Lowrider Convention in Los Angeles, 2019. DR

 

La danse haute couture, Moulins. Les créateurs mènent la danse dès l’entrée de l’exposition. Evoluant sous des volutes de papier qui évoque avec légèreté le dessous des tutus, on découvre les costumes éblouissants d’Hervé Léger, conçus pour le ballet Rythme de valses, de Roland Petit, à l’Opéra de Paris, en 1994. Depuis un siècle, les grands couturiers s’invitent dans les créations des maîtres chorégraphes : Coco Chanel et les Ballets russes, Gianni Versace et Maurice Béjart, Issey Miyake et William Forsythe, Jean Paul Gaultier et Régine Chopinot… L’exposition met en lumière ces collaborations et s’attarde tout particulièrement sur le duo unique qu’ont formé Maurice Béjart et Gianni Versace. De ce dialogue continu est née, notamment, la spectaculaire robe à crinoline créée pour le ballet Sissi l’impératrice anarchiste, qui est exposée pour la première fois. Couturiers de la danse, Centre national du costume, jusqu’au 3 mai. www.cncs.fr

Costume de Gianni Versace, 1989.
Costume de Gianni Versace, 1989. DR

Surréaliste

Le design surréaliste, Barcelone. Le Manifeste du surréalisme date de 1924. Il a aussitôt essaimé dans les domaines de la littérature, du cinéma et des beaux-arts. Le monde du design a été touché plus tardivement, mais l’impact du mouvement d’André Breton a été déterminant, libérant des designers du dogme rationaliste selon lequel « la forme suit la fonction ». L’expo juxtapose des pièces surréalistes et des objets de design, révélant des parallèles qui ont rarement été étudiés. Les plaques murales en trompe‑l’œil de Piero Fornasetti et la lampe Cheval de Moooi voisinent avec les œuvres de Giorgio De Chirico ou de Salvador Dalí. Objets de désir. Surréalisme et design 1924-2020, Caixa Forum, jusqu’au 7 juin. www.caixaforum.es

Lampe Cheval de Moooi.
Lampe Cheval de Moooi. DR

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