Maïté Franchi
The Good Pills

Genévrier, le buisson âpre ennemi des calculs et des problèmes de peau

On sait l’utiliser en cuisine pour parfumer les plats et ou même pour faciliter la digestion, mais on connaît moins les propriétés thérapeutiques du genévrier, notamment sur l’élimination de certains calculs ou de troubles cutanés.

Juniperus communis, en latin, aurait abouti en poitevin à « genèvre », puis en français moderne à « genévrier ». Certains avancent que le nom latin aurait pour origine Junon, la déesse de la fécondité, en raison de la faculté de la plante à faciliter le travail de l’accouchement. Quoi qu’il en soit, le genévrier est un petit conifère de 1 à 3 mètres de haut, c’est-à-dire un arbuste épineux dont le feuillage est persistant.

Ses branches étalées et piquantes sont redressées vers le haut, le genévrier faisant partie de la grande famille des cyprès. Il fleurit au printemps, mais ses baies ovoïdes, cachées dans de petits cônes à trois écailles soudées entre elles, mettent trois ans à mûrir. C’est leur couleur, qui passe du vert clair au noir, qui confirme leur maturité.

Le genévrier s’épanouit sur un sol sablonneux, bien drainé parfois âpre, stérile et même pierreux, montagneux. Friand de plein soleil, il affectionne les terres arides, où il peut atteindre jusqu’à 6 ou 7 mètres de hauteur.

Le genévrier fleurit au printemps, mais ses baies ovoïdes, cachées dans de petits cônes à trois écailles soudées entre elles, mettent trois ans à mûrir.
Le genévrier fleurit au printemps, mais ses baies ovoïdes, cachées dans de petits cônes à trois écailles soudées entre elles, mettent trois ans à mûrir. DR

Le genévrier, pas uniquement des baies aromatiques

Côté cuisine, on peut ajouter les jeunes pousses, assez tendres, aux salades, ou les faire sécher pour les consommer sous forme de thé. Mais ce sont les baies qui sont privilégiées pour la consommation. Fraîchement cueillies, elles développent une saveur conifère, un peu gommeuse. Elles peuvent aussi être croquées à la fin d’un plat un peu lourd pour rafraîchir l’haleine. On se sert surtout des baies de genévrier pour parfumer certains alcools (bières, gin ou aquavit, par exemple), ainsi que les plats de gibier, les pâtés et surtout la choucroute.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’elles en facilitent aussi la digestion. Depuis l’Egypte antique, la petite baie est utilisée comme remède pour soigner l’arthrite, comme tonique pour aider les plus fragiles, comme expectorant doux, mais aussi pour son action dépurative, sudorifique, stomachique et surtout diurétique. Les bienfaits des baies de genièvre pour soulager les œdèmes, les calculs rénaux et l’inflammation de la vessie ne sont plus à prouver.

Des travaux rappellent ainsi que la propriété essentielle de l’éthérolé de genièvre est de dissoudre les petits graviers, voire les calculs qui peuvent se former dans la vessie. Depuis une centaine d’années, on le prescrit donc régulièrement contre les affections des voies urinaires et la néphrite calculeuse. On conseille cependant de limiter les cures à six semaines maximum à cause des alpha et bêta-pinènes qui facilitent certes le drainage des voies urinaires et biliaires, mais qui peuvent être toxiques et finir par irriter les reins et, dans les cas les plus graves, provoquer une accélération du rythme cardiaque et des convulsions.

Le genévrier s’épanouit sur un sol sablonneux, bien drainé parfois âpre, stérile et même pierreux, montagneux.
Le genévrier s’épanouit sur un sol sablonneux, bien drainé parfois âpre, stérile et même pierreux, montagneux. aubrey-rose-odom

Une huile essentielle multifonction

Il suffirait de distiller les branches de vieux sujets pour obtenir de l’huile de cade, efficace en cas de troubles dermatologiques comme l’eczéma ou la gale. Drainante, l’huile essentielle de genévrier pourrait traiter les troubles cutanés comme l’acné, les furoncles, les mycoses ou les panaris. Mais c’est en tant que tonique et stimulant général que l’huile essentielle de genévrier est le plus intéressante en période hivernale : on vante ses vertus antifatigues en cas d’infection virale ou bactérienne et sa capacité à stimuler la fonction cérébrale.

Elle permettrait ainsi de retrouver confort moral et physique et de stimuler le système immunitaire tout en aidant à chasser le stress. Utilisée localement ou en diffusion, elle apaise, relaxe et aide à lutter contre les insomnies ou la nervosité. En application locale sous forme de massages, elle soulage courbatures, lumbagos et autres sciatiques qui peuvent se manifester en cas de grosse fatigue. Enfin, pour soigner maux de gorge ou rhumes, on peut faire un sirop expectorant doux et naturel à partir de jeunes pousses ou de bourgeons. Un allier pour l’hiver à ne pas négliger, ni dans les plats ni en phytothérapie.

Posologie

• En bains : faire bouillir 2 kg de jeunes branches à une poignée de baies et les ajouter à l’eau du bain pour dégager les voies respiratoires et soulager arthrite et autres affections rhumatismales.

• En sirop : pour favoriser l’action dépurative du foie et calmer les troubles articulaires. Sirop bio d’extraits de bourgeons frais, Herbalgem, 20 € les 50 ml.

En hydrolat : ajouter une ou deux cuillerées dans un plat ou une boisson pour une action globale. Hydrolat Genévrier Bio, Terraïa, 4,95 € les 200 ml.

• En application locale : mélanger deux gouttes d’huile essentielle de genièvre à une huile végétale et masser pour soulager les courbatures ou apaiser les troubles cutanés. Pranarôm, environ 6,50 € les 5 ml.

• En diffusion : ajouter quelques gouttes d’huile essentielle dans un diffuseur pour une atmosphère apaisante et antistress.


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