L’École des Arts Joailliers

L’Ecole des arts joailliers, l’initiation à l’excellence

Après Paris, c’est à Hong Kong que le joaillier Van Cleef & Arpels a ouvert, cet automne, sa seconde Ecole des arts joailliers. Véritable consécration pour une école unique en son genre, vouée à la culture joaillière, où le gratin de la profession – gemmologues, laqueurs, sertisseurs… – initie à ses savoir-faire un public avide de connaissances.

Les liaisons covalentes, cela vous dit quelque chose ? Un lointain souvenir de cours de chimie, au mieux… Ce sont pourtant à ces liaisons d’atomes de carbone entre eux que le diamant doit sa pureté, sa transparence, sa valeur donc… Et la brucelle, sauriez-vous manier cette fine pince sans laisser tomber les pierres ? Cela exige un peu de doigté… En l’hôtel de Ségur, place Vendôme, l’Ecole des arts joailliers est unique en son genre. On n’y délivre pas de diplôme certifiant, mais on y dispense le ­savoir-faire, la culture, l’histoire joaillière.

Le temps de quelques heures, dont le nombre varie selon les modules, vous traversez le miroir, en devenant gemmologue, laqueur ou encore sertisseur. Vous faites vos premiers pas dans un monde précieux, raffiné et mystérieux, empreint d’un certain cérémonial qui fait battre le cœur différemment. L’émotion est en permanence palpable, et cela d’autant plus quand on sait qu’à l’étage juste au-­dessus, dans les ateliers de haute joaillerie Van Cleef & Arpels, des pièces d’exception sont en train d’être ciselées. On arrive presque inculte dans cet univers. on en repart avec une sensibilité plus aiguisée, un goût plus affirmé.

Située place Vendôme, dans ce qui fut autrefois l’hôtel de Ségur, l’Ecole des arts joailliers est unique en son genre.
Située place Vendôme, dans ce qui fut autrefois l’hôtel de Ségur, l’Ecole des arts joailliers est unique en son genre. L’École des Arts Joailliers

Mains d’or

Cette école a été fondée en 2012 à l’initiative du président de Van Cleef & Arpels d’alors, Stanislas de Quercize. A son ouverture, elle porte le nom de la maison, mais l’abandonne très vite afin d’éviter toute confusion de genre, cette école n’étant ni un vecteur déguisé de communication, ni une vitrine de vente. « Elle est née d’un constat, explique Marie ­Vallanet-Delhom, sa directrice. La joaillerie est un secteur qui, contrairement à la mode ou à la parfumerie, voire à l’œnologie, ne se ­raconte jamais. D’où un déficit de connaissance de son histoire et de ses savoir-faire. Jusqu’à son ouverture, il n’existait aucun lieu où s’exercer aux gestes joailliers. »

Issue du sérail Richemont, Marie Vallanet-­Delhom a fait toute sa carrière chez Cartier, puis chez Van Cleef & Arpels, où elle s’occupait de la zone Moyen-Orient et ­Extrême-Orient russe. On sent son exigence, sa rigueur, qu’elle a hissées, ici, au plus haut niveau. Si l’école dépend financièrement de Van Cleef & ­Arpels, elle en est pour le reste totalement indépendante. Nicolas Bos, l’actuel président de la maison de joaillerie, est seulement membre du comité d’honneur. C’est un autre comité, dit scientifique, constitué de dix experts issus du monde de l’art, qui veille sur la qualité des contenus et sur l’expertise des enseignants.

L’Ecole des arts joailliers.
L’Ecole des arts joailliers. L’École des Arts Joailliers

Ainsi, par exemple, les gemmologues Virginie David et Dominique Dufermont se partagent l’un des cours les plus ardus – intitulé « Science et gemmologie » –, où on plonge dans la matière du diamant pour en percer les secrets, où on apprend à en évaluer les qualités et à en connaître les différentes tailles. Les fameuses mains d’or de Van Cleef & Arpels, ces artisans de la haute joaillerie, y enseignent, entre autres, les techniques du gouaché et du sertissage.

Financement de la recherche

Parallèlement, Marie Vallanet-Delhom a doté la structure d’un département recherche afin de valoriser et d’actualiser les connaissances joaillières. Elle a ainsi signé une convention avec l’université de Rennes II pour financer, durant trois ans, la thèse de doctorat d’une jeune chercheuse, Cécile Lugand. Une thèse qui tient tellement du roman d’aventures qu’elle sera prochainement publiée par Gallimard, dans laquelle est racontée la vie extraordinaire de Jean-Baptiste Tavernier. Personnage phare du XVIIe siècle, ce voyageur négociant a parcouru, en quarante ans, plus de 240 000 kilomètres, un record pour l’époque !

Nicolas Bos, président de Van Cleef & Arpels, est membre du comité d’honneur de l’école.
Nicolas Bos, président de Van Cleef & Arpels, est membre du comité d’honneur de l’école. L’École des Arts Joailliers

L’Ecole des arts joailliers

  • Création en 2012.
  • Plus de 30 000 élèves accueillis, de 60 nationalités.
  • 37 professeurs, 2 enseignants par cours.
  • 22 modules de cours selon 3 axes : savoir‑faire, histoire et art du bijou, univers des pierres.
  • 12 participants au maximum par cours.
  • Cours en 2 langues : français et anglais.

www.lecolevancleefarpels.com

De ses six voyages en Inde, où il a noué des rapports privilégiés avec le Grand Moghol, il a rapporté plus de 5 000 pierres précieuses. De son dernier voyage, en 1668, il revient avec 1 000 pierres d’une incroyable beauté que Louis XIV s’empresse d’acheter. On connaît peu la passion et surtout la culture du Roi-Soleil pour les diamants. Dès l’enfance, son œil y avait été pourtant formé à la fois par le cardinal ­Mazarin et par sa mère, Anne d’Autriche, qui possédait les plus belles parures de toute l’Europe. Louis XIV consacrait le quart du budget annuel de l’Etat à l’achat de pierres. Celles du dernier voyage de Tavernier, réputées être les plus belles jamais vues, ont disparu pendant la Révolution.

L’Ecole des arts joailliers.
L’Ecole des arts joailliers. L’École des Arts Joailliers

Parmi elles se trouvait le fameux diamant bleu de la Toison d’or. Volé, puis retaillé, il est réapparu en Angleterre au début du XIXe siècle. Son propriétaire d’alors se nommant Thomas Hope, il est rebaptisé « diamant Hope ». Après avoir changé plusieurs fois de propriétaire, il est acquis par le joaillier américain Harry Winston, qui en fait don au musée national d’Histoire naturelle de la Smithsonian Institution, à Washington. Ce diamant reste, à ce jour, la plus grosse pierre bleue jamais connue. Dans le cadre de sa mission ­historique, l’école a financé la reconstitution, selon des dessins d’époque réalisés au millimètre près, des vingt plus beaux diamants de Tavernier tels que Louis XIV les a acquis. ­Réalisées en zircone, matière aux propriétés les plus proches du diamant, ces répliques sont offertes aux regards des élèves.

Marie Vallanet-Delhom, directrice de l’école, a fait toute sa carrière chez Cartier, puis chez Van Cleef & Arpels.
Marie Vallanet-Delhom, directrice de l’école, a fait toute sa carrière chez Cartier, puis chez Van Cleef & Arpels. L’École des Arts Joailliers

Organisation d’expositions

Autre chantier lancé : celui des perles fines. Tandis que le printemps dernier, à Paris, on pouvait admirer un remarquable travail de joaillerie figurative ornithologique dans le cadre de l’exposition Paradis d’oiseaux, à Dubaï était présentée l’exposition Marchands de perles : une saga redécouverte, entre le Golfe et la France à l’aube du XXe siècle. Là, on remonte le temps jusqu’aux prémices du XXe siècle. Alors que les perles fines sont pêchées dans des conditions particulièrement difficiles dans le golfe ­Arabo-Persique, entre Oman et Bahreïn, la plaque tournante de leur marché est à Paris.

L’Ecole des arts joailliers.
L’Ecole des arts joailliers. L’École des Arts Joailliers

Qui le saurait aujourd’hui sans cette école ? Tout leur négoce était implanté rue La Fayette, où on dénombrait, entre les numéros 1 et 100, plus de 300 négociants. C’est tout ce monde, depuis les flottilles de pêche jusqu’à son commerce, englouti par l’arrivée de la perle de culture et par la Seconde Guerre mondiale, qui est présenté. On l’attend à Paris avec impatience, mais aucune date n’est programmée pour le moment.

Si elle est parisienne, l’Ecole des arts joailliers sait se délocaliser et fait voyager ses expositions et ses enseignements aussi bien à Dubaï qu’à Tokyo, New York et… Hong Kong. C’est là que, forte de sa fréquentation – plus de 1 000 élèves lors de chaque session de trois semaines –, une seconde école permanente ouvrira ses portes à l’automne.

L’Ecole des arts joailliers.
L’Ecole des arts joailliers. L’École des Arts Joailliers

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