Bernard

Bruxelles : 4 ­pépites à découvrir au gré d’une balade architecturale

Nombre d’architectes ont fait de leur propre maison une démonstration de leur savoir-faire. A Bruxelles, l’universitaire Linsy Raaffels a listé 252 de ces habitations remarquables. Un inventaire passionnant qui invite à un périple inspirant à travers la capitale.

La maison de verre de Paul-Amaury Michel, 1935. Il n’est pas nécessaire de courir le monde pour dénicher l’une des plus belles « machines à habiter » chères au modernisme. A Uccle, dans la région de Bruxelles -Capitale se trouve une version belge de cette iconique demeure. Affichant un style avant-gardiste pour l’époque, cette habitation est dessinée en 1935 par l’architecte Paul‑Amaury Michel, tout juste diplômé. Pendant ses années d’études, l’homme voyage notamment aux Pays‑Bas, où il admire la maison Schröder de Rietveld, à Utrecht.

Avant-garde made in Bruxelles

A Paris, il rencontre également Le Corbusier et Pierre Chareau, concepteur d’une « maison de verre » rue Saint-Guillaume, à la fin des années 20. Le bâtiment arbore une façade entièrement constituée de briques de verre. Pour sa maison, Paul‑Amaury Michel fait une synthèse de certains éléments défendus par ses maîtres à penser, tout en imaginant sa propre déclinaison du modèle. La construction, pourvue d’un toit‑terrasse, repose sur des piliers et bénéficie de vastes fenêtres. Elle se veut une ode aux nouveaux modes de vie, libérés de tous les attributs décoratifs de l’Art nouveau, dont les modernistes entendent alors se défaire. 69, rue Jules‑Lejeune, Uccle.

La maison de verre de Paul-Amaury Michel, 1935. 69, rue Jules‑Lejeune, Uccle.
La maison de verre de Paul-Amaury Michel, 1935. 69, rue Jules‑Lejeune, Uccle. © JAN VERLINDE

Anglo-normand

En 1927, quand l’architecte et décorateur Joseph Van Tuyn construit sa maison à Schaerbeek, le Bauhaus est en plein essor à Weimar. Et le style cottage anglo‑normand est, lui aussi, très prisé du grand public. Surtout en bord de mer, où l’on peut voir de nombreuses villas à colombages. Pour son domicile de Bruxelles, Joseph Van Tuyn réalise une maison de vacances dans le style de Knokke, affichant une pittoresque rusticité. La façade, impeccablement conservée, se démarque dans le paysage urbain de la commune… qui compte de nombreuses maisons d’architectes et mérite un détour pour tout amateur de beaux volumes.

La villa « comme en bord de mer » de Joseph Van Tuyn, 1927. 30, avenue Paul‑Deschanel,Schaerbeek.
La villa « comme en bord de mer » de Joseph Van Tuyn, 1927. 30, avenue Paul‑Deschanel,
Schaerbeek. © JAN VERLINDE

Coup de fouet à Bruxelles

Art nouveau

Le Jugendstil, ou Art nouveau, est aussi nommé « style coup de fouet ». La profusion de motifs tortueux qui décorent les fenêtres du bas de cette façade exotique est, à ce titre, exemplaire. Cette perle architecturale, située à Forest, a été conçue par l’architecte Arthur Nelissen, originaire des Pays-Bas et établi à Bruxelles en 1879.

L’élément phare de la construction est évidemment la loggia en forme de fer à cheval, qui rappelle les rosaces des cathédrales médiévales. La combinaison entre fer forgé et briques émaillées est également typique de ce style. Quelques années plus tard, les fastes de la Belle Epoque disparaîtront pour laisser place aux lignes plus sobres de l’Art déco.

La villa « coup de fouet » d’Arthur Nelissen, 1906. 5, avenue du Mont‑Kemmel,Forest.
La villa « coup de fouet » d’Arthur Nelissen, 1906. 5, avenue du Mont‑Kemmel,
Forest. © JAN VERLINDE

Art nouveau

En 1893, cette bâtisse signée Paul Hankar, un créateur quelque peu excentrique, est une révélation internationale ! Hector Guimard, l’architecte par excellence de l’Art nouveau à Paris – au moins aussi connu que Victor Horta et réputé pour ses entrées de métro –, fait le voyage jusqu’à Bruxelles pour la découvrir à Ixelles. Le Français est alors séduit par le caractère innovant de ses balcons vitrés à encorbellement. Paul Hankar pimente ses projets en mixant Renaissance flamande, style Arts and Crafts britannique et éléments d’Art nouveau.

La façade est ornée de sgraffites à la signification bien précise : un coq pour l’aube, un pigeon pour le jour, une hirondelle pour le crépuscule et une chauve‑souris pour la nuit. Inspiré par la culture maçonnique, l’architecte aime le mystère et la symbolique. Son logement est d’ailleurs situé dans un magnifique quartier où se côtoient les chefs-d’oeuvre de Victor Horta, Henry Van de Velde et Octave Van Rysselberghe. Dans la même rue, on peut aussi admirer la bâtisse que Paul Hankar a conçue pour l’artiste peintre Albert Ciamberlani.

Les balcons extravagants de Paul Hankar, 1893. 71, rue Defacqz, Ixelles.
Les balcons extravagants de Paul Hankar, 1893. 71, rue Defacqz, Ixelles. © JAN VERLINDE

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