La start-up de Seattle Picnic s’est lancée dans la food-tech en imaginant un robot, star du CES de Las Vegas, qui permet aux cuisiniers de produire mieux, et plus vite. Au détriment de la qualité ? Réponse avec Clayton Wood, son CEO.

Au CES de Las Vegas (7-10 janvier), lieu de pèlerinage annuel des acteurs de la tech et de l’innovation, c’est lui qui remplit les assiettes ! Le robot développé par Picnic fait ses premiers pas devant le grand public, embauché par le Las Vegas Convention Center, en servant des pizzas aux milliers de visiteurs du salon.

Fondée en 2016 à Seattle, la start-up se lance enfin dans le grand bain, après avoir fait le « buzz » lors de la présentation de son invention et signé quelques premiers partenariats avec des restaurateurs. Son robot pizzaiolo entrera réellement en production dans le courant de l’année, et le CES de Las Vegas fait figure de test grandeur nature.

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Le pitch du concept développé par Picnic tient sur un carton à pizza : un robot modulable, de petite taille, facile à installer et qui « fabrique » 300 pizzas par heure. Un restaurant italien moyen de 250 couverts par jour peut ainsi tenir la cadence avec un seul robot. Il suffit d’insérer la pâte, les ingrédients et indiquer au robot l’ordre dans lequel tout ça doit être assemblé.

Un process industriel mis à la disposition des artisans, une idée qui pourrait faire entrer Picnic dans la cour des grands de la food tech.

Le robot développé par Picnic.
Le robot développé par Picnic. DR

6 questions à Clayton Wood, CEO de Picnic :

The Good Life : Pourquoi avoir choisi de vous focaliser sur la pizza ?
Clayton Wood :
Parce que c’est un plat international, et qu’il est plus difficile à réaliser que ce que son apparence laisse supposer. Souvent, les pizzaiolos sous-entrainés réalisent la pizza qu’ils voudraient manger, plutôt que de suivre une recette et respecter les proportions. Les résultats sont irréguliers et des tonnes de nourriture gaspillées.

The Good Life : Pensez-vous déjà à vous diversifier ?
Clayton Wood :
Bien sûr ! Le système Picnic est une plateforme automatisée pour assembler des ingrédients. A l’avenir, nous serons capables de proposer nos services pour tous ceux qui servent des plats « construits », comme des sandwichs, des bols, des salades, des tacos voire des gâteaux. Le système est modulable, la pizza est un produit d’appel.

Clayton Wood, CEO de Picnic.
Clayton Wood, CEO de Picnic. DR

TGL : Les chaînes d’assemblage existent déjà… En quoi Picnic est-il un acteur différent ?
C.W. :
Nous fournissons les premiers automates qui remplacent efficacement et de manière rentable des séries entières de tâches dans une cuisine de restaurant. Notre système est également le seul qui ne requiert pas de remodeler intégralement sa cuisine lors de son installation. Cette modularité nous ouvre potentiellement les portes de tous les restaurants qui existent déjà, mais aussi les stades, les aéroports, les parcs des expositions, les écoles, les cafétérias…

Une montée en gamme ?

TGL : Aller au restaurant, c’est aussi pour beaucoup de consommateurs l’occasion de manger des plats qui ne sont pas industriels justement… Comment conserver l’artisanat en cuisine, même avec des robots ?
C.W. :
Notre système ne cuisine pas, il ne choisit et ne prépare aucun ingrédient. Il assemble simplement les plats en fonction des consignes du chef concernant la forme et les proportions. Notre objectif est de faire exactement le même plat que ce que le chef aurait fait à la main, mais plus vite et un même niveau de qualité dans chaque assiette. Ce gain de temps, donc d’argent, permet au chef de se concentrer sur le choix des ingrédients, il peut monter en gamme, et proposer de meilleurs plats à plus de clients.

Le chef choisit les ingrédients, les proportions et l’odre dans lequel ils doivent être assemblés. Le robot s’occupe du reste !
Le chef choisit les ingrédients, les proportions et l’odre dans lequel ils doivent être assemblés. Le robot s’occupe du reste ! DR

TGL : Pourquoi tenez-vous à rester propriétaires de vos robots ?   
C.W. :
Notre modèle « Robotics-as-a-Service » signifie en effet que nous restons propriétaire de la machine. Mais nous fournissons la maintenance permanente de l’outil, et du logiciel, pendant toute la durée du contrat. Et nous avons développé une technologie basée sur l’utilisation de la data et le deep learning pour anticiper les problèmes mécaniques, et ainsi éviter des désagréments à nos clients en amont.

TGL : Quels sont vos objectifs à court terme ?   
C.W. :
Même si Picnic est née en 2016, elle vient tout juste de faire ses premiers pas. Nous avons étoffé notre produit avec nos premiers clients partenaires et nous souhaitons le déployer à grand échelle avant la fin de l’année 2020.

www.hellopicnic.com


 

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