Si les nouveaux acteurs sur le marché du vélo électrique ne manquent pas, il y en a un qui a fait sensation ces dernières semaines : Angell. Financé par Marc Simoncini et dessiné par Ora-ïto, son succès dépasse déjà les attentes de Jules Trecco, son co-créateur. Rencontre.

Treize kilos, dont deux pour la batterie (elle prend l’apparence d’un garde-boue et se détache en un clic), un cadre en aluminium et une fourche en carbone. Le vélo électrique Angell peut rouler jusqu’à 70 kilomètres et se recharge complétement en deux heures. Il est équipé d’un éclairage hyperbolique, de clignotants et de roues réfléchissantes, ainsi qu’un système de verrouillage automatique, d’une alarme et propose quatre modes de conduite. Le tout dessiné par le designer star Ora-ïto et made in France.

Les pré-commandes pour l’auto proclamé « vélo le plus sûr du monde » sont ouvertes depuis le 19 novembre, et il a déjà séduit plus de 500 clients. Des ventes qui sont désormais ouvertes en Allemagne, Italie, Belgique, Luxembourg, Espagne et Royaume-Unis et bientôt en Scandinavie et aux Pays-Bas. Le volume dépasse très largement les attentes de ses fondateurs, Jules Trecco et Marc Simoncini (fondateur de Meetic). En effet, les deux hommes espéraient dépasser les 500 Angell vendus en un an.

 

Angell est disponible en précommande depuis le 19 novembre.
Angell est disponible en précommande depuis le 19 novembre. DR

Outre le design et les technologies embarquées, c’est la possibilité de payer son vélo Angell (2690 €) sur trois ans et à taux 0 %, pour moins de 75 € par mois qui a séduit les cyclistes. Trecco et Simoncini ont aligné le montant de leurs mensualités sur le prix d’un pass mensuel pour utiliser les transports franciliens. Malin.

L’iPhone du vélo

Jules Trecco a fait ses gammes en participant au lancement de Red Bull en France alors qu’il était étudiant, chez Fauchon comme Directeur digital & Communication ou encore en reprenant Maison Chantilly, du retail de crème fouettée, pour le revendre à Ladurée.

Fin 2017, il devient Directeur général de Heroïn, une marque de vélos de course haut-de-gamme qu’il a participé à lancer avec Marc Simoncini. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps. Quand Simoncini vend Meetic en 2011, il embauche Trecco comme premier analyste au sein de Jaïna Capital, son fonds de placement.

C’est le designer français Ora-ïto qui a utilisé sa « simplexité » pour concevoir le vélo Angell.
C’est le designer français Ora-ïto qui a utilisé sa « simplexité » pour concevoir le vélo Angell. DR

En janvier 2018, ils décident de se lancer dans une nouvelle aventure : Angell. Un an et demi et quelques centaines de milliers d’euros investis plus tard, « l’iPhone du vélo » comme le définit Simoncini, – ce que le smartphone est au « phone » tout court – est prêt à rencontrer son public.

Et quand le crowdfunding s’est imposé comme la méthode la plus prudente – en apparence – pour lancer un nouveau produit, Angell prend le contrepied, et présente un produit fini. La garantie, selon Jules Trecco, de proposer le meilleur vélo possible : « lorsqu’on met son propre argent, sans lever des millions de la poche des backers, on réfléchit deux ou trois fois avant de faire le moindre choix ». Et quand on a autant investi que cet amateur de bon vin (Winamax, Made.com, Devialet, Ouicar, entre autres), avec plus ou moins de réussite, on sait de quoi on parle !

Angell est proposé à 2690 €. Il est possible de diviser le paiement en 36 mensualités de 74,90 €, à taux 0%.
Angell est proposé à 2690 €. Il est possible de diviser le paiement en 36 mensualités de 74,90 €, à taux 0%. DR

Vélo électrique : 6 questions à Jules Trecco, co-fondateur d’Angell :

The Good Life : En quoi est-ce qu’Angell est un vélo intelligent, plus qu’un simple vélo électrique ?
Jules Trecco :
L’assistance électrique n’est qu’une de ses fonctionnalités. A l’origine, nous sommes spécialisés dans le software, pas le vélo. Et si le design ne changera pas, le logiciel oui, il est voué à évoluer et on pourra le mettre à jour à distance. Puis, quand on aura récolté assez de données, après quelques mois d’utilisation, nous allons adapter nos quatre modes de conduite à chaque utilisateur, en fonction de sa façon de pédaler et de ses parcours les plus fréquents.

Sécurité et géolocalisation

The Good Life : Un vélo intelligent… et « le plus sûr du monde » selon vous !
Jules Trecco :
C’était notre objectif initial. Concernant la sécurité du pilote, nous avons installé des clignotants et des lumières hyperboliques, des roues réfléchissantes et nous proposons des accessoires comme un blouson réfléchissant et lumineux. Mais aussi l’alerte chute. Si vous tombez, vous recevez une notification. Vous ne répondez pas ? Alors on envoie la même notification à votre contact d’urgence. Si lui non plus ne répond pas, alors on appelle les secours.

Contre le vol, nous avons intégré au vélo un système de géolocalisation qui fonctionne en permanence, indépendamment de la présence ou non de la batterie. C’est l’une des grandes différences avec nos principaux concurrents comme VanMoof par exemple. Enfin, Angell est équipé d’un détecteur de mouvement. Si le vélo se déplace, le propriétaire est averti, et s’il ne nous répond pas, l’alarme se déclenche après 3 minutes. Ensuite, on peut tracer le vélo à distance et prévenir les autorités.

Il n’y a pas de soudure visible entre le cadre en aluminium et la fourche en carbone.
Il n’y a pas de soudure visible entre le cadre en aluminium et la fourche en carbone. DR

TGL : Avec la sécurité, le design est un autre de vos arguments les plus forts. Pourquoi avoir fait appel à Ora-ïto ?
J.T. :
Avec Marc Simoncini, nous aimons le design épuré, les formes fines et les défis qui sont a priori impossibles à relever, comme la réalisation de notre cadre en aluminium, qui semble fait d’un seul bloc, sans aucune marque de soudure. Pour ça, il nous fallait un designer capable de créer un vélo aux formes simples mais dont la réalisation est complexe. Et qui de mieux pour ça, que celui qui définit son style comme de la « simplexité » ?

Un vélo… et un écosystème !

TGL : Ora-ïto n’est pas connu pour son travail dans l’univers du vélo… Tout comme vous. En quoi êtes-vous légitimes à vous lancer sur ce marché ?
J.T. :
Le vélo me passionnait, mais je n’y connaissais rien en industrialisation. Pourtant, avec Heroïn, on est en pleine croissance et capable de fabriquer plusieurs centaines de vélos… Il faut savoir s’entourer de partenaires industriels de qualité. En tant qu’entrepreneur, je m’attaque à un problème, je trouve une idée, j’apprends et j’exécute. Et ce qui fait la différence, c’est justement la qualité de l’exécution.

Un réseau de distributeurs

TGL : Vous avez surtout travaillé dans le commerce en ligne. Quel sera le modèle de distribution d’Angell ?
J.T. :
En direct, via notre site internet. Tous ceux qui pré-commandent avant la fin de l’année vont recevoir le vélo fin-juin, et ceux qui passeront commande au printemps pourront enfourcher leurs vélos en septembre 2020. Passé cette date, nous serons capables d’assurer une livraison en 7 jours. En outre, nous allons ouvrir des showrooms dans plusieurs grandes villes françaises et européennes, qui pourront devenir des pop-up stores en cas de besoin. L’objectif est également de tisser un réseau de distributeurs physiques. Ainsi, nous allons annoncer, un peu avant Noël, le nom de notre premier partenaire, un grand distributeur.

TGL : A l’avenir, Angell pourrait devenir un peu plus qu’une marque de vélos électriques…
J.T. :
Oui, car nous allons nous diversifier, en imaginant, pourquoi pas, des vélos de croisière ou des trottinettes. Mais surtout, Angell servira à financer un incubateur d’entreprises, « le lab ». Pour nous aider à améliorer nos produits, en dénichant de nouveaux services que l’on pourrait englober au sein d’Angell, mais pas seulement. Nous souhaitons investir dans tout ce qui est amené à changer la ville. Il est important pour nous de soutenir les initiatives qui prennent soin des villes et de l’environnement, et de créer tout un écosystème autour d’Angell.

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www.angell.bike


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