On ne présente plus la prêle des champs, cette plante primitive vieille de plusieurs millions d’années. Mais connaissez-vous l’'étendue de toutes ses vertus ? Panorama de ses bienfaits.

« Queue-de-cheval », « queue-de-renard », « queue-de-rat », « petite prêle » ou « poil de terre », pour les Romains, l’Equisetum arvense, de la famille des équisétacées est mieux connue désormais en France sous le nom de prêle des champs. Cette plante vivace préhistorique, qui date du dévonien (400 millions d’années av. J.-C.), est la seule survivante d’une lignée qui poussait à hauteur d’arbres pendant la période carbonifère (de 398 à 298 millions d’années av. J.-C.). Certaines plantes ont donné lieu à des gisements de charbon.

Au même titre que les plantes à fleurs, les fougères ou les conifères, la prêle représente une espèce de l’évolution des plantes à part entière. Elle est composée de deux types de tiges à partir de son rhizome souterrain. Les tiges stériles sont vert pâle, creuses et robustes et mesurent entre 50 cm et 1 m de hauteur et donnent leur nom à la plante à cause de l’espèce de pyramide qu’elles forment en pointant hors du sol.

Ce sont elles aussi qui sont récoltées entre mai et octobre pour leur usage en phytothérapie. Ces tiges stériles sont ainsi proposées sous forme d’extraits de plantes fraîches, de poudre, d’extraits secs ou liquides, ou de compléments alimentaires.

Une tige stérile de prêle des champs.
Une tige stérile de prêle des champs. DR

Les tiges fertiles, brun-roux et plus épaisses, ne mesurent que de 10 à 25 cm. Elles comportent les sporanges qui conditionnent le développement de nouvelles prêles. Commune en Europe dans les terrains humides, comme les champs, les forêts ou les fossés, on peut également la rencontrer en haute montagne. Efficace pour absorber les minéraux et les oligoéléments, comme la silice, le potassium, le calcium et le fer, elle contient aussi de la vitamine C. Ainsi que des acides phénoliques et des flavonoïdes, ce qui la rend intéressante aussi bien au niveau phytothérapique que nutritif.

Diurétique, hémostatique et cicatrisante

Bien connue pour ses propriétés dès l’Antiquité, la prêle des champs était déjà couramment utilisée pour lutter contre les saignements et pour augmenter la sécrétion urinaire. C’était le cas au XVIIe siècle, en Europe. On observe aussi ce dernier usage en médecines ayurvédique et amérindienne. La Commission E allemande et l’Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaissent de leur côté l’usage de la prêle comme draineur urinaire. Ainsi que pour traiter non seulement les infections et les inflammations des voies urinaires, comme les calculs rénaux, mais aussi l’œdème causé par un choc, comme le fait l’arnica.

Tiges fertiles de prêle des champs.
Tiges fertiles de prêle des champs. DR

La Commission E approuve également son usage hémostatique. Pour soigner des plaies qui cicatrisent mal, voire en prévention des maladies cardio-vasculaires et de l’athérosclérose. En 2000, un essai sur des souris a également montré que la prêle aurait des vertus antidouleur. Un autre, mené au Japon et il y a une dizaine d’années, a montré qu’une préparation à base de prêle aurait réduit certains symptômes de l’hypertrophie bénigne de la prostate.

Les Japonais consomment, comme nous le faisons dans nos contrées, les jeunes tiges de la prêle. Mais surtout dans le but de lutter contre l’apparition de maladies dégénératives. L’usage de la prêle semble donc reconnu pour tous types de maux… jusqu’au bout des ongles.

Une action reminéralisante ?

Hormis les usages reconnus par les organismes gouvernementaux, la prêle des champs est en effet traditionnellement utilisée pour ses autres propriétés. Et notamment pour sa richesse en vitamines, minéraux et oligoéléments.

Ainsi, on la préconise pour traiter les ongles et les cheveux cassants. Mais aussi pour prévenir la perte osseuse ou favoriser la guérison de foulures ou de fractures grâce au calcium qu’elle contient. Dans certains pays, on trouve d’ailleurs des médicaments à base de prêle pour traiter l’ostéoporose et augmenter la densité osseuse.

La prêle à consommer avec modération…

La prêle présenterait pourtant quelques inconvénients. Sa consommation excessive pourrait en effet dégrader la vitamine B1. Aussi, on la confond parfois avec la prêle des marais qui renferme des substances toxiques à faibles dosages. De plus, elle est contre-indiquée pour les personnes souffrant d’œdèmes provoqués par une pathologie rénale ou cardiaque. Enfin, une supplémentation peut provoquer des troubles mineurs digestifs ou cutanés. Méfiance donc, et précautions.

Indications

Prêle des champs Indications

• En complément alimentaire : de 2 à 3 gélules par jour au moment des repas. Prêle des champs, Solgar, 22,90 € les 100 gélules.

• En extrait de plante fraîche : diluer de 20 à 30 gouttes 2 ou 3 fois par jour dans de l’eau ou une tisane. Prêle, A. Vogel, 11,90 € les 50 ml.

• En infusion : laisser infuser, de 5 à 10 min, 2 ou 3 cuillerées à café de plante séchée dans 150 ml d’eau bouillante trois fois par jour. Tisane Prêle des champs, France herboristerie, 3,25 € les 100 g.

• En compresse : appliquer une solution de 10 g d’herbe pour 1 l d’eau sur la plaie à cicatriser, plusieurs fois par jour.


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