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Art contemporain : 4 expos et un nouveau musée de Paris à Istanbul

A travers photos, peintures, sculptures en papier mâché et autres jeux de miroirs, les artistes contemporains nous font réfléchir et voyager.

Kiki Smith frappe monnaie, Paris. En présentant une rétrospective de Kiki Smith, la Monnaie de Paris rend hommage à l’une des figures féministes majeures de l’art contemporain. Recourant à différentes techniques – la sculpture, le dessin, la tapisserie, la cire ou encore la porcelaine –, l’Américaine met en écho la nature et le corps humain, notamment féminin.

D’une salle à l’autre surgissent des héroïnes de contes ou des sorcières, le bronze d’une jeune fille chevauchée par une chèvre, un torse en papier mâché, une femme grandeur nature en cire, la peau partiellement écorchée… De la cellule aux organes, des organes au corps dans son ensemble, puis du corps au cosmos, Kiki Smith célèbre les liens qui unissent l’humain à l’univers. Kiki Smith, Monnaie de Paris, jusqu’au 9 février. www.monnaiedeparis.fr

Sky, Kiki Smith, 2012.
Sky, Kiki Smith, 2012. kiki-smith-courtesy-pace-gallery

Un nouveau musée d’art, Istanbul. Créé en 2010, le musée d’art contemporain Arter a inauguré en septembre une nouvelle adresse et un nouveau bâtiment de plus de 17 000 m², conçu par le cabinet anglais Grimshaw Architects. L’institution abrite une collection de 1 300 œuvres signées de 300 artistes. La moitié sont turcs ou issus des Balkans, du Proche-Orient, du Caucase et d’Iran.

Le reste de la collection est international, avec des œuvres de Mona Hatoum, d’Alicja Kwade, de Joseph Beuys, de Sigmar Polke… Le musée organisera neuf à douze expositions par an, et pour l’ouverture, il présente une rétrospective consacrée à l’une des figures pionnières de la peinture contemporaine turque, Altan Gürman, ainsi que les travaux vidéographiques de l’Italienne Rosa Barba. Musée d’art contemporain Arter. www.arter.org.tr

Musée Arter, Istanbul, Grimshaw Architects, 2019.
Musée Arter, Istanbul, Grimshaw Architects, 2019. Flufoto

De l’art contemporain partout !

Kimsooja au palais d’Aquitaine, Poitiers. « Traversées » est un nouvel événement d’art contemporain qui prend place dans de nombreux édifices patrimoniaux de Poitiers. Une quinzaine d’artistes internationaux (Subodh Gupta, Tadashi Kawamata, Sammy Baloji…) explorent les thématiques du déplacement et du déracinement. La star de cette première édition est Kimsooja, qui fascine avec ses installations qui perturbent les sens.

La tour Maubergeon accueille l’oeuvre inédite To Breathe, fondée sur un vertigineux jeu de miroirs au sol, qui dédouble les colonnes et les arches du lieu. Dans la salle des pas perdus du palais des ducs d’Aquitaine, l’artiste sud-coréenne nous invite à former des boules d’argile et à entrer peu à peu dans un état méditatif. Entre physique et métaphysique, il ne reste plus qu’à se laisser porter par les sortilèges de ce festival aux trajectoires buissonnières. Traversées / Kimsooja, jusqu’au 19 janvier. www.traversees-poitiers.fr

Tales of the Copper Cross Garden, Sammy Baloji, 2017.
Tales of the Copper Cross Garden, Sammy Baloji, 2017. stathis-mamalakis

Paysages mentaux, Athènes. De la boutique de souvenirs du peintre Manolis Charos surgissent de drôles de personnages – cow-boys, pirates, soldats paradant sur de savantes gravures à la pointe sèche. Calqués sur les figurines de plomb de sa boîte à jouets d’enfant, ces gentils matamores nous introduisent dans de radieux paysages de Grèce.

On ne sait si ces contrées solaires sont réelles ou imaginaires, tant cette peinture délicate et sensuelle est ventilée de lumière, traversée de couleurs diaphanes, quasi abstraite dans ses éblouissements. Manolis Charos est l’une des grandes figures de la peinture grecque contemporaine. Manolis Charos. L’Ile aux trésors, musée Benaki, du 3 décembre au 26 janvier. www.benaki.org

Un moment fugace, Manolis Charos, 2018.
Un moment fugace, Manolis Charos, 2018. yorgos-vdokakis

L’outsider

Revival, Luxembourg. David Wojnarowicz avait 37 ans lorsqu’il est mort du sida. Après le Whitney Museum et le Reina Sofía, le Mudam présente la rétrospective consacrée à cette personnalité vibrante de la scène alternative new-yorkaise des années 80. Participant aux mouvements croisés de l’époque – graffitis, photographie conceptuelle, performance, peinture néo-expressionniste… –, y ajoutant l’écriture poétique et l’activisme, cet artiste incarne la figure de l’outsider, dans la lignée de William Burroughs, de Jean Genet ou d’Arthur Rimbaud. Ce dernier a d’ailleurs suscité une série photographique iconique. David Wojnarowicz. History Keeps Me Awake at Night, Mudam, jusqu’au 9 février. www.mudam.com


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