Ses propriétés antibactériennes attestées par de nombreuses études scientifiques lui valent une réputation qui dépasse largement sa région de production, le sud de l’Océanie. Sous forme de feuilles, d’huile essentielle ou de miel, le manuka est une véritable panacée. Mais encore rare et donc cher…

On lui donne rarement son nom savant, ­Leptospermum scoparium. On l’appelle parfois simplement myrte de Nouvelle-Zélande. Ou tea-tree, désignation que lui donnèrent les colons anglais. C’est finalement sous son nom maori que le manuka connaît la célébrité. Cet arbrisseau de la famille des myrtacées ­aurait déjà été utilisé dans la pharmacopée des Egyptiens, il y a 4 000 ans. Il pousse à foison en ­Nouvelle-Zélande, en Australie et en Tasmanie. Au début de l’été – de novembre à janvier dans l’hémisphère Sud –, les collines couvertes de manuka changent de couleur et d’odeur. Les arbres aux feuilles vertes et persistantes se ­parent du blanc légèrement rosé de leurs ­petites fleurs dont le parfum enivre les abeilles.

On le confond facilement avec le kanuka, une sorte de cousin aux fleurs plus rosées et aux vertus moins prononcées qui grandit dans les mêmes parages. Car ce sont ses nombreuses vertus et leur intensité qui ­distinguent le ­manuka. Il est réputé ­antiseptique, antifongique, anti‑inflammatoire et décongestionnant.

Une décoction de feuilles soigne les ulcères, la dysenterie mais aussi l’asthme ou la bronchite. Son miel est antibactérien, éfficace sur le staphylocoque doré et le streptocoque. Mais également ­cicatrisant et efficace contre les brûlures sévères. L’huile essentielle est très prisée en massage ou en cosmétique. Notamment pour traiter l’acné. Elle doit ses qualités à ses composants : au pinène (­antiseptique), à l’humulène (­anti-inflammatoire) et au ­leptospermone, qu’on retrouve dans des ­herbicides.

Le manuka et sa fleur.
Le manuka et sa fleur. DR

Posologie

• Huile essentielle (8,50 € les 5 ml chez www.aroma-zone.com) :
– En massage ou dans le bain : quelques gouttes dans l’huile de massage ou associées aux sels de bain.
– Pour la peau : quelques gouttes mélangées au lait pour le corps ou à la crème hydratante.
– Pour les coups de soleil : 10 gouttes dans du beurre de karité.
– Pour purifier l’air ambiant : quelques gouttes dans un diffuseur ou un spray.

• Miel (de 20 à 90 € le pot de 250 g selon les index UMF ou MGO) :
– Pour la gorge : une cuillère à café en cas d’inflammation.
– Pour soigner l’acné : masque de miel, éventuellement légèrement dilué avec de l’eau ou du lait pour le visage, auquel on ajoute une petite pincée de cannelle, une fois par semaine pendant 20 minutes. Ou pansement de miel directement sur le bouton d’acné.
– En lotion après soleil : une dose de miel pour trois doses de lait pour le corps ou de crème pour le visage.
– En cas de blessure, brûlure ou coupure : appliquer sur la zone à traiter trois fois par jour et laisser sécher.

Des vertus à large spectre

Alors que l’antibiorésistance croissante inquiète la communauté médicale et que les médecines traditionnelles suscitent un regain d’intérêt, le manuka fait l’objet d’études scientifiques un peu partout dans le monde. C’est Peter Molan, de l’université de Waikato à Hamilton (Nouvelle-Zélande), qui est le premier à avoir découvert les qualités antibactériennes spécifiques du miel de manuka. Il est à l’origine de l’indice Unique Manuka Factor (UMF), qui classe les miels selon leur efficacité antibactérienne. Du moins puissant (UMF5+) au plus puissant (UMF20+). Cet indice, francisé en Indice d’activité antimicrobienne (IAA), est aujourd’hui une marque déposée gérée par l’UMF Honey Association. Cette association certifie les apiculteurs et garantit la teneur en composés actifs de leurs miels.

Le manuka est antiseptique, antifongique, ­anti‑inflammatoire et décongestionnant.
Le manuka est antiseptique, antifongique, ­anti‑inflammatoire et décongestionnant. DR

Une autre classification s’impose depuis 2008. En effet, Thomas Henle de l’université technique de Dresde en Allemagne a montré que les propriétés bactéricides du miel de manuka étaient dues à une forte concentration de méthylglyoxal (MGO). Ce dernier est présent dans de nombreux aliments comme le café, le soja ou le pain, mais dans des proportions nettement ­inférieures. Les miels vendus dans le commerce sont catégorisés selon leur UMF ou leur taux MGO, qui varie entre 100+ et 550+. Le projet @pharmabees de l’université de Cardiff vise à proposer un miel aux vertus semblables à celles du manuka pour traiter les agents résistants aux antibiotiques.

Rare donc cher

Si le manuka poussait jusque-là à l’état sauvage, des entrepreneurs ont été amenés à créer des plantations pour fournir en plus grande quantité. Et ainsi pallier la demande croissante. Toutefois, cela ne fait pas encore baisser les prix. Le miel issu de cet arbre reste un produit rare et donc cher. « Mais ce n’est certainement pas le meilleur miel pour vos tartines, prévient Murray Elwood, apiculteur à Brightwater en Nouvelle-Zélande. Gardez-le pour soigner vos blessures ou vos brûlures et mangez plutôt du miel de kanuka, qui est bien plus goûteux ! » Et qui coûte bien moins cher !


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