courtesy Pace/MacGill Gallery

Photo : 5 expos pour la rentrée de Paris à Istanbul

En noir et blanc ou en couleur, la photo éclaire le monde de son pouvoir hautement artistique et documentaire.

Le Maroc pop d’Hassan Hajjaj, Paris. Bienvenue dans l’univers pop d’Hassan Hajjaj. L’artiste marocain, qui vit depuis plus de trente ans entre Londres et Marrakech, investit l’intégralité des espaces de la Maison européenne de la photographie en y déployant ses meubles colorés, sa déco kitschissime et les portraits fun de ses amis, qui associent le voile et les Ray‑Ban, les babouches et la canette de Coca, la tradition et le clin d’œil. Réalisée en partenariat avec le musée de la Photographie et des Arts visuels de Marrakech, cette carte blanche inclut également des invitations à deux jeunes photographes marocains. L’ensemble constitue l’un des événements phares de la Biennale des photographes du monde arabe contemporain qui se tient à Paris jusqu’au 24 novembre. Maison marocaine de la photographie. Carte blanche à Hassan Hajjaj, Maison européenne de la photographie, du 11 septembre au 17 novembre. www.mep-fr.org

Hindi Kahlo, série My Rockstars, Hassan Hajjaj, 2011.
Hindi Kahlo, série My Rockstars, Hassan Hajjaj, 2011. 2011/1432

Peter Hujar, photographe de la contre‑culture, Paris. On a un peu oublié ce grand photographe de la scène underground des années 70‑80. Le New‑Yorkais Peter Hujar, mort du sida en 1987, à 53 ans, laisse derrière lui un œuvre où se côtoient Andy Warhol, Susan Sontag, William S. Burroughs ou encore la célèbre actrice transgenre Candy Darling. Le Jeu de paume présente une rétrospective exceptionnelle – la plus complète jamais réalisée – de ce photographe américain qui a produit un œuvre intense, intime, porté par des contrastes forts et par un regard à la fois tourmenté et ludique sur les corps. Peter Hujar, Jeu de paume, du 15 octobre au 19 janvier. www.jeudepaume.org

Peter Hujar, Boys in Car, Halloween, 1978. Tirage gélatino-argentique, Collection John Erdman et Gary Schneider.
Peter Hujar, Boys in Car, Halloween, 1978. Tirage gélatino-argentique, Collection John Erdman et Gary Schneider. courtesy Pace/MacGill Gallery

La pellicule couleur a de l’avenir, Winterthur. A l’heure du tout‑numérique, l’exposition du Fotomuseum, consacrée aux différents procédés de films couleur dans l’histoire du cinéma et de la photographie, est réjouissante. Elle rend hommage à la matérialité de la couleur, à la beauté et au fonctionnement subtil des chromies à travers un large spectre de films historiques. Elle propose, de façon ludique, une plate‑forme d’analyse des couleurs de films, ainsi que des ateliers sur la coloration manuelle de pellicule, tout en ouvrant aussi sur les enjeux de la numérisation. Le retour vers les formes vintage de photo couleur analogique est décidément à la mode, puisque aux Rencontres d’Arles, une grande exposition est consacrée jusqu’au 22 septembre à l’histoire des diapositives, à travers la collection de Lee Shulman. Colour Mania. The Material of Colour in Photography and Film, Fotomuseum, du 7 septembre au 24 novembre. www.fotomuseum.ch

All That Slides, Strikes, Rises and Falls, Alexandra Navratil, 2015.
All That Slides, Strikes, Rises and Falls, Alexandra Navratil, 2015. Alexandra Navratil / Dan Gunn Gallery

Ara Güler, le Cartier‑Bresson turc, Istanbul. Ara Güler était surnommé « l’œil d’Istanbul ». Ce photojournaliste qui se rêvait écrivain a fixé à jamais dans l’imaginaire collectif la mémoire des rives du Bosphore, des tramways, des enfants rieurs, des tavernes du quartier de Pera, avec un œil à la fois rigoureux et mélancolique qui lui a valu de devenir membre de l’agence Magnum en 1961 et d’être le premier correspondant au Proche‑Orient du magazine américain Time. Il était une figure si familière et si célèbre d’Istanbul qu’il existe encore un café qui porte son prénom – Ara Kafe –, dans Beyoglu. Disparu en mai 2018, il revient hanter Istanbul à travers une rétrospective que lui consacre le musée d’Art moderne, en collaboration avec le musée Ara Güler, où sont conservées ses archives. Two Archives, One Selection : Tracing Ara Güler’s Footsteps in Istanbul, Istanbul Modern, jusqu’au 17 novembre. www.istanbulmodern.org

Taşlıtarla, Gaziosmanpaşa, Ara Güler, 1959.
Taşlıtarla, Gaziosmanpaşa, Ara Güler, 1959. Ara Güler Archive and Research Center Collection

Les jeux de rôles de John Malkovich, Saint‑Sébastien. Fasciné par le génie « caméléonesque » de John Malkovich, le photographe Sandro Miller lui a proposé de se glisser dans la peau de personnages iconiques de l’histoire de la photo. Des jumelles de Diane Arbus au visage bouleversant de Marilyn Monroe capturé par Bert Stern, Malkovich retrouve les poses et les expressions, tandis que Sandro Miller reconstitue les lumières et les cadrages. Sandro Miller. Malkovich, Malkovich, Malkovich : Homage to Photographic Masters, musée San Telmo, du 13 septembre au 17 novembre. www.santelmomuseoa.eus

Robert Mapplethorpe / Ken Moody & Robert Sherman (1984), Sandro Miller, 2017.
Robert Mapplethorpe / Ken Moody & Robert Sherman (1984), Sandro Miller, 2017. Chicago.

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