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Le renouveau de Wijet, acteur majeur de l’aviation d’affaires en Europe

Après une restructuration éclair en 2018, Wijet a réussi à relever la tête pour fêter ses 10 ans cette année avec de nouveaux avions plus rapides et plus confortables.

Lorsqu’elle rachète la britannique Blink en 2016, l’ambitieuse compagnie française de jets privés pense faire un gros coup. Wijet espère en effet couper l’herbe sous le pied de ses principaux concurrents, eux aussi en compétition pour ce rachat, et qu’enrichir sa flotte d’une dizaine d’appareils lui permettra de passer un cap.

Wijet traverse donc la manche et opère sous CTA britannique. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Les Cessna Citation Mustang ne tiennent plus la route, les relations franco-britanniques sont froides et l’argent n’entre pas assez dans les caisses.

En 2018, à deux doigts de la faillite, Wijet se sépare de Blink et d’une grande partie de ses effectifs, et se débarrasse de sa flotte. Dans le même temps, elle passe commande pour 16 HondaJet, dont elle devient le premier opérateur européen lors de la réception des premiers appareils au début de l’année. Après plusieurs mois de « stand-by », l’activité reprend, sous pavillon belge et CTA luxembourgeois.

L’un des 4 avions HondaJet de Wijet.
L’un des 4 avions HondaJet de Wijet. DR

Voilà pour le passé de cette entreprise montée par un étudiant de HEC et un ancien pilote de chasse, Alexandre Azoulay et Jean-François Hochenauer, en 2009, qui a déjà transporté 16 000 passagers, dont le principe d’efficacité et d’attractivité – les réservations sont ouvertes 7 jours sur 7 et 24h sur 24 ; un billet Paris-Genève, l’un des allers-retours les plus bookés, coûte entre 4000 et 5500 € – pourrait lui sauver la vie.

4 questions à Sarah Djeradi, Marketing Manager de Wijet :

The Good Life : Vous avez signé, en 2014, un partenariat avec Air France. Est-il toujours d’actualité ?
Sarah Djeradi :
Après plusieurs mois d’arrêt, les liaisons que nous effectuons pour les clients de La Première d’Air France en correspondance ont repris. Cela permet de proposer un niveau de service très haut-de-gamme aux passagers Air France de façon continue. Par exemple, sur un Los Angeles – Genève avec une correspondance à Paris, le client Air France ne retrouvera les mêmes services sur le deuxième vol, un moyen-courrier, que sur le premier. De notre côté, nous gagnons, outre l’aspect financier, en visibilité. C’est une relation qui devrait évoluer dans les prochains mois, de façon très positive…

The Good Life :  Wijet est récemment devenue la première compagnie à utiliser les nouveaux appareils HondaJet. Pourquoi ce choix pour renouveler votre flotte ?
Sarah Djeradi :
Nos clients nous choisissent pour notre discrétion – nous ne partageons pas les données de nos passagers et offrons une confidentialité incomparable avec l’aviation civile classique – nos tarifs attractifs, mais surtout pour notre efficacité et le confort d’un voyage en jet. Et ces nouveaux avions sont plus rapides, 10 minutes de moins pour rallier Genève, c’est énorme, ils consomment moins, et vont plus loin. Aussi, ils peuvent accueillir un passager supplémentaire et sont plus spacieux.

Les nouveaux appareils de la compagnie peuvent accueillir 5 passagers et offrent un plus grand confort (cabine insonorisée, toilettes privatives).
Les nouveaux appareils de la compagnie peuvent accueillir 5 passagers et offrent un plus grand confort (cabine insonorisée, toilettes privatives). DR

TGL :  On associait souvent Wijet à une certaine « démocratisation » du voyage en jet… C’est toujours le cas ?
S.D. :
Nous préférons le terme « efficace » à celui de « low cost ». Nos tarifs sont intéressants, mais ils ne sont pas le premier argument pour nos clients. Au début, nous vendions « de l’heure », aujourd’hui, nous proposons un trajet, une expérience. Notre rôle n’est pas de démocratiser le voyage d’affaires, simplement de l’optimiser, le rendre accessible sans perdre en confidentialité, sécurité, rapidité, flexibilité et confort, qui sont les principales préoccupations de nos passagers.

Wijet attend encore 12 des 16 appareils qu’elle a commandé début 2018.
Wijet attend encore 12 des 16 appareils qu’elle a commandé début 2018. DR

TGL :  Alors que Wijet a frôlé la faillite, elle est aujourd’hui la seule compagnie du genre à posséder ses propres avions, une flotte de 4 appareils, 16 à la fin de la livraison, les pavillons ont changé, l’offre aussi… Quelle est la prochaine étape de la renaissance de la compagnie ?  
S.D. :
Nous n’avons, pour le moment, que de très bonnes nouvelles à annoncer… mais prochainement ! Des nouveautés qui auront des conséquences sur le marché de l’aviation d’affaires en général. Et même si ce n’est pas notre objectif principal, nous voulons attirer de potentiels clients qui ne voyagent pas encore en jet. Cela pourrait passer par des formules d’abonnement, de nouveaux services, des actions en commun avec Air France… Affaire à suivre !

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