La concurrence asiatique n’empêche pas les aiguilles des montres Tissot de tourner. La marque poursuit inlassablement son objectif : mettre les dernières avancées techniques à la portée du plus grand nombre.

C’est la première marque suisse de montres en volume. Chaque année, Tissot produit plus de 4 millions de pièces auréolées du précieux label Swiss Made. L’enseigne, qui appartient au Swatch Group depuis 1998, est particulièrement bien implantée sur le marché des montres automatiques abordables.

Elle parvient à proposer des gardetemps mécaniques de qualité, à des tarifs similaires à ceux des modèles à quartz. Une sacrée gageure sur un marché ultraconcurrentiel où les Asiatiques, Chinois et Japonais notamment, ont tiré les prix vers le bas. Mais comment la marque fait-elle pour demeurer compétitive tout en supportant les coûts de production suisses très élevés ?

Tissot, l’innovation pour tradition

Pour rester attrayante, Tissot mise sur la technologie et l’innovation. Une constante historique, comme le rappelle sa devise : « Tissot innovateur par tradition. » Dès 1929, l’enseigne produit l’Antimagnétique, la première montre de l’histoire à se protéger des courants magnétiques. Plus récemment, elle lance le premier modèle à glace tactile, façon smartphone. En 2014, elle présente l’un des premiers garde-temps alimenté à l’énergie solaire.

La marque se montre tout autant pionnière en matière de distribution. Dès ses débuts, en 1853, elle exporte une grande partie de sa production aux Etats-Unis et, cinq ans plus tard, vers la Russie, qui devient rapidement son principal marché et ce, jusqu’en 1917. Dans le catalogue maison, on croise plusieurs familles de montres automatiques Swiss Made sous la barre des 500 euros.

Tissot T-Race-Chronograph, gamme inspirée de l’univers de la moto, lancée fin 2018, 530 €.
Tissot T-Race-Chronograph, gamme inspirée de l’univers de la moto, lancée fin 2018, 530 €. DR

Avec une concurrence de plus en plus coriace dans cette zone de prix, Tissot doit sans cesse créer pour rester compétitive. L’enseigne ne perd jamais de vue un autre de ses slogans : « Rendre l’excellence accessible. » Dans cette optique, la marque lance, en 2013, la Powermatic 80, dont le mouvement a la particularité de proposer une inhabituelle réserve de marche de 80 heures.

« De quoi laisser sa montre le vendredi et la retrouver, toujours en marche, le lundi », se félicite-t-on chez Tissot. Elle est vendue sous les 600 euros au sein de la collection Carson Premium. En 2017, les ingénieurs adaptent un spiral en silicium à ce moteur. Ce matériau amagnétique, jusque-là l’apanage de pièces de haute horlogerie, présente l’énorme avantage d’améliorer la régularité des montres. Tissot le démocratise. La gamme Ballade, sortie en 2017 et vendue moins de 1 000 euros, intègre le balancier spiral en silicium.

Des robots pour rester compétitif

Tissot popularise depuis toujours les techniques réservées au luxe. En 2017, la marque lance le Swissmatic, un mouvement mécanique à la fabrication ultra-automatisée que l’on retrouve sur les collections V8, Gentleman ou encore Everytime Swissmatic.

Cette dernière est vendue au prix imbattable de 390 euros. Il s’agit de la montre automatique Swiss Made la moins chère du marché. Mais comment la marque parvient-elle à rester rentable à ce niveau de prix ? L’entreprise s’est inspirée de la Swatch Sistem 51, entièrement réalisée par des robots. La grande différence entre les produits de ces deux marques ? Swatch choisit le plastique pour usiner ses composants, quand Tissot opte pour le métal, plus pérenne.

Tissot T-Race-Chronograph, gamme inspirée de l’univers de la moto, lancée fin 2018, 530 €.
Tissot T-Race-Chronograph, gamme inspirée de l’univers de la moto, lancée fin 2018, 530 €. DR

La course à l’innovation est terrible. Elle impose de se remettre en cause sans cesse, au risque de se faire rattraper par la concurrence. Les ingénieurs de Tissot le savent bien, ils sont certainement déjà en train de plancher sur des innovations pour leurs futures montres. Si elle veut conserver son avance, la marque helvète ne doit jamais s’arrêter de tourner.

Dates clés

• 1853 : création de la marque par Charles‑Félicien Tissot et son fils Charles‑Emile, au Locle. Premières montres fabriquées très luxueuses.
• 1853 : exportation vers les Etats-Unis.
• 1858 : début de la représentation en Russie, qui devient le premier marché pour Tissot.
• Début XXe siècle : fabrication mécanisée au sein d’une nouvelle manufacture moderne édifiée au Locle et équipée de moteurs électriques.
• 1929 : sortie de la Tissot Antimagnétique, première montre amagnétique du monde.
• 1930 : Tissot et Omega fusionnent sous l’entité SSIH (Société suisse pour l’industrie horlogère).
• 1976 : premier rapprochement entre Tissot et la formule 1. La marque sera notamment partenaire de Renault et de Lotus.
• 1983 : rachat par la SMH de Nicolas Hayek (qui deviendra le Swatch Group, en 1998).
• 1999 : lancement de la collection T-Touch à glace tactile.
• 2014 : présentation de la T-Touch Expert Solar à énergie solaire.
• 2017 : introduction de la famille Everytime Swissmatic, des montres automatiques à fabrication robotisée, à partir de 390 €.
• 2018 : renouvellement du partenariat avec la marque automobile Alpine.


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