A l'approche du Grand Prix de France, zoom sur Bell & Ross, partenaire de l’écurie Renault de formule 1 depuis quatre ans.

Jusque-là, on croisait Bell & Ross sur les tarmacs plutôt que sur les circuits. En effet, depuis sa création, la marque voue une passion pour l’ima­gerie aéronautique vintage. « Notre inspiration ­première reste le tableau de bord des chasseurs des années 70 », rappelle Bruno Belamich, le directeur de création maison. Pourtant, « le Bell » de Bell & Ross aime parfois s’échapper de cet univers de référence. Il effectue ­volontiers de courtes incartades en direction de secteurs ­périphériques. Une façon d’attiser l’inspiration. La marque a ainsi noué un partenariat avec l’écurie ­Renault Sport F1 de formule 1.

Bell & Ross et Renault F1 Team se lancent dans la saison 2019 avec quatre nouveaux chronographes de pilote, dont cette superbe BR 03-94 R.S.19.
Bell & Ross et Renault F1 Team se lancent dans la saison 2019 avec quatre nouveaux chronographes de pilote, dont cette superbe BR 03-94 R.S.19. DR

« Il existe un parallèle entre la course automobile et l’aviation. Ces deux secteurs produisent des objets bien ­motorisés et bien habillés. Une montre possède un calibre et un boîtier ; une auto, un moteur et une carrosserie, rappelle le ­designer. Les matériaux utilisés, comme le titane ou le carbone sont aussi souvent identiques. Comme l’horlogerie, la formule 1 est un secteur qui place la technique au service de la performance. Elle utilise les mêmes codes que nous. Du coup, nous ne galvaudons pas notre image, se réjouit le directeur. La formule 1 stimule notre créativité et notre innovation. Elle tire Bell & Ross vers le haut. »

Bell & Ross dans les stands

« Tout débute en 2016, quand Renault revient en formule 1. Le constructeur nous approche. Nous acceptons, se remémore Bruno ­Belamich. Le partenariat nous correspondait. Il avait un sens. » Et cela fonctionne. « Nous avons choisi d’accompagner l’équipe Renault sur le long terme. Nous voulons remonter sur le podium avec elle. Pour le moment, c’est en bonne voie. L’équipe progresse chaque année », constate le responsable, ravi.

Quatre collections de montres « croisées » ont vu le jour, renouvelées à chaque début de saison, au même rythme que le bolide Renault. Chaque fois, l’inspiration provient d’un thème précis. La première, en 2016, prenait en compte la carrosserie de la voiture de formule 1 et, notamment, les couleurs de sa livrée, le jaune et le noir.

La collection R.S.19 de Bell & Ross se démarque avec deux chronographes à cadran en carbone, aux couleurs identiques à celles des volants des pilotes Daniel Ricciardo et Nico Hülkenberg.
La collection R.S.19 de Bell & Ross se démarque avec deux chronographes à cadran en carbone, aux couleurs identiques à celles des volants des pilotes Daniel Ricciardo et Nico Hülkenberg. DR

L’année suivante, c’est le ­volant des monoplaces, avec ses nombreuses commandes, qui fait office de fil conducteur. L’an passé, le ­designer s’est appuyé sur le châssis, composé d’innombrables pièces évidées en titane, pour titiller son imaginaire. Enfin, pour 2019, c’est la chronométrie qui a inspiré la collection. « Elle réunit quatre montres – trois rondes et une carrée –, des chronographes dont le cadran et la lunette multiplient les informations. On y trouve, notamment, des échelles graduées très colorées », décrypte le designer.

Bell & Ross en dates

• 1992 : lancement de la marque par Bruno Belamich et Carlos Rosillo.
• 1998 : entrée de Chanel au capital.
• Après 2002 : la fabrication, jusque‑là chez Sinn, en Allemagne, part en Suisse, à La Chaux‑de‑Fonds.
• 2005 : lancement de la BR 01, un rond dans un carré, qui va marquer le design horloger.
• 2011 : Harley Davidson Nascafe Racer Bell & Ross, première incartade hors du militaire et de l’aéronautique.
• 2014 : lancement de la collection BR B-Rocket, inspirée du monde de la moto.
• 2016 : début du partenariat avec Renault Sport F1.
• 2017 : présentation du Bellytanker.

La magnifique écurie de Bell & Ross

La formule 1 n’est pas le seul univers périphérique sur lequel s’est penchée la marque. Le garage Bell & Ross comprend déjà : une moto Harley Davidson customisée, la ­Nascafe Racer de 2011. Cette moto unique a été développée en partenariat avec le concessionnaire londonien Shaw Harley Davidson. Son réservoir ­accueille une BR 01 Carbon, la montre ­iconique maison.

La B‑Rocket a suivi en 2014. Il s’agit d’un deux-roues rétrofuturiste fuselé comme un obus. Il s’inspire des premiers avions à réaction des années 60. Ces motos ont été rejointes en 2016 par ­l’AeroGT. Ce ­supercar futuriste est le reflet, en images de synthèse, de ce que pourrait être une auto Bell & Ross, inspirée d’un avion de chasse.

De gauche à droite : Carlos Rosillo et Bruno Belamich en compagnie de Cyril Abiteboul, Managing Director, et Macin Budkowski, Executive Director de Renault F1 Team.
De gauche à droite : Carlos Rosillo et Bruno Belamich en compagnie de Cyril Abiteboul, Managing Director, et Macin Budkowski, Executive Director de Renault F1 Team. DR

Enfin, le Bellytanker de 2017 marque le retour à l’imagerie vintage. Le charmant engin, sorte d’obus motorisé à roulettes, est imaginé sur la base d’un réservoir de jet des ­années 40. Comme pour le rapprochement avec la F1, ces engins sont accompagnés par la présentation, en parallèle, d’une splendide collection de montres en correspondance. Ces différentes familles de garde-temps ­reprennent en partie le style et certains ­détails du bolide dont elles dérivent. « Le garage Bell & Ross est encore loin d’être complet, sourit Bruno Belamich. Il nous manque au moins un bateau, une fusée et, pourquoi pas, un skate-board ou un surf ! » On a hâte de voir tout cela !


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