Inauguré en 2015, cet hôtel est le coeur battant d’un nouveau quartier, le Faena District, se déployant entre les 32e et 36e Rues sur Collins Avenue. L’emblème d’un projet fou mené par un homme ambitieux, Alan Faena, livrant ici sa vision d’un Miami Beach spectaculaire et immensément luxueux.

De l’extérieur, l’hôtel s’illustre d’abord par son gigantisme, mais aussi par la sobriété de sa façade. Pourtant, une fois la porte – monumentale et dorée – franchie, le spectacle commence. On pénètre dans un espace immense et imposant, où le regard est immédiatement attiré par la perspective qui file, juste en face. Une allée conduit au squelette de mammouth en or de Damien Hirst, derrière lequel on aperçoit la mer.

C’est seulement ensuite qu’on remarque les volumes gigantesques, les épaisses colonnes dorées, le tapis en velours rouge – la couleur signature de l’hôtel et fil directeur omniprésent –, ainsi que les fresques grandioses de l’artiste argentin Juan Gatti. Des compositions iconoclastes et mystiques représentant une identité hôtelière qui ne manque pas d’imagination et qui puise dans une iconographie riche.

Cet espace transitoire est d’ailleurs appelé la Cathédrale. Le reste de la déco a été pensé en collaboration avec le réalisateur australien Baz Luhrmann et sa femme Catherine Martin, costumière de cinéma multirécompensée. On leur doit cette réinterprétation de l’esthétique Art déco, débordante de splendeur et d’emphase. Il suffit de pénétrer dans le salon pour le constater : une profusion d’imprimés animaliers se déploie dans des teintes dorées et ocre et se marie avec le rouge, présent du sol au plafond.

Derrière une façade vraiment sobre, le Faena Hotel Miami Beach déploie luxe et exubérance.
Derrière une façade vraiment sobre, le Faena Hotel Miami Beach déploie luxe et exubérance. todd-eberle

Cela donne à l’ensemble une atmosphère aussi sulfureuse qu’étrangement chaleureuse. Comme on peut l’imaginer, le Faena Hotel Miami Beach possède tout de l’hôtel de luxe : un service irréprochable, 169 chambres et suites spacieuses, deux restaurants gérés par des chefs renommés – le multirécompensé Paul Qui, au Pao, et la superstar argentine Francis Mallmann pour Los Fuegos –, des pièces d’art contemporain signées Damien Hirst ou Jeff Koons, un gigantesque spa – la Tierra Santa Healing House d’une superficie de plus de 2 000 m² qui propose, entre autres, des traitements imaginés par le propre chaman d’Alan Faena –, une piscine, un accès privé à la plage, un théâtre de 150 places, etc.

Luxe maîtrisé

La liste est longue, et la maîtrise du luxe dont fait preuve le Faena Hotel Miami Beach s’apparente à un art à part entière. Par ailleurs, l’établissement s’est constitué une identité forte et un style reconnaissable qui lui assurent une grande cohérence.

Alan Faena, entrepreneur star argentin et visionnaire, et Len Blavatnik, son associé new-yorkais milliardaire, sont réputés pour leurs frasques hôtelières et leur capacité à transformer le plomb en or ou, dans leur cas, des quartiers tombés en désuétude en paradis de l’immobilier. Leur premier fait d’armes remonte à 2000, lorsqu’ils investissent dans le quartier abandonné de Puerto Madero, à Buenos Aires.

Leur premier hôtel, sobrement baptisé Faena + Universe, mais dessiné par Starck, est inauguré en 2004. Les prix de l’immobilier ne tardent pas à flamber, et le quartier devient l’un des plus courus de la ville. Une dizaine d’années plus tard, le flair d’Alan Faena l’amène à s’intéresser au quartier de Mid Beach, dans la ville de Miami Beach. Un segment de la Collins Avenue qui a connu son heure de gloire dans les années 50 et qui lui valut alors le surnom de « route du luxe ».

La suite Saxony est nommée en référence à l’ancien hôtel de luxe, l’un des plus emblématiques des années 50 et 60.
La suite Saxony est nommée en référence à l’ancien hôtel de luxe, l’un des plus emblématiques des années 50 et 60. Nik Koenig

Ce coin finit néanmoins par péricliter pour se transformer en simple voie d’accès permettant de relier North Beach et South Beach. Pourtant, Alan Faena se laisse séduire par la beauté de la plage et de l’océan et fait le pari de non seulement ressusciter le faste d’antan, mais également d’en faire une destination à part entière.

La renaissance de Mid Beach

Le miracle opère, porté par 1,2 milliard de dollars d’investissement. Les travaux commencent en 2013 et, en 2014, le Faena District gagne son appellation officielle et devient un quartier de Miami Beach, s’étendant de la 32e à la 36e Rue sur Collins Avenue. C’est la deuxième fois seulement que la municipalité autorise une aire géographique à porter un nom officiel, le premier cas étant celui de l’Art Deco District.

Le Faena Hotel Miami Beach, épicentre du Faena District, ouvre ses portes en 2015. Ce n’est, bien entendu, pas un hasard si l’établissement élit domicile dans l’ancien Saxony Hotel : cette bâtisse impressionnante, datant de 1948, était considérée comme l’un des hôtels de luxe les plus emblématiques des années 50 et 60. Un héritage fastueux que le Faena compte bien suivre, tout en apportant sa pierre à l’édifice, grâce à une mise en scène d’un luxe époustouflant, à son image.

A côté de l’hôtel, le Faena House, ouvert en 2015, est un complexe de résidences de luxe imaginé par l’agence Foster + Partners de Norman Foster. A peine quelques mois après l’inauguration du Faena Hotel Miami Beach, le penthouse de 1 000 m² qui occupe les deux derniers étages était vendu pour la coquette somme de 63 millions de dollars, établissant un nouveau record de vente.

On doit cette réinterprétation de l’esthétique Art déco à Baz Luhrmann, réalisateur australien, et à sa femme, Catherine Martin, costumière de cinéma.
On doit cette réinterprétation de l’esthétique Art déco à Baz Luhrmann, réalisateur australien, et à sa femme, Catherine Martin, costumière de cinéma. bill-wisser

De l’autre côté de la rue, le Faena Forum, inauguré en 2016, est un surprenant centre culturel entièrement circulaire d’une superficie d’environ 4 000 m² et dont l’architecture a été confiée à Rem Koolhaas et à son studio OMA. Le bâtiment compte des espaces dédiés à des expositions ou à de l’événementiel. Performances artistiques pointues, soirées d’entreprise originales ou mariages excentriques : tout est possible.

Les espaces sont modulables à l’infini pour satisfaire les moindres desiderata des clients. Faena Art, une fondation à but non lucratif, a également été créée dans l’intention de développer d’ambitieux programmes artistiques et de s’assurer légitimité et réputation. Le centre culturel propose déjà des expositions gratuites pendant les journées frénétiques d’Art Basel.

Ici, même les parkings sont chic

On retrouve également le studio OMA aux manettes du Faena Bazaar et du Faena Park, qui se trouvent à la suite du Faena Forum, les trois bâtiments constituant alors un ensemble visuel aussi cohérent que monumental. Le Faena Bazaar est un complexe réservé à une sélection pointue de marques qui peuvent alors établir des boutiques éphémères.

Pour l’occasion, l’Atlantic Beach Hotel, une bâtisse de 1939 signée de l’architecte Roy F. France (qui a également imaginé le Saxony Hotel), a été complètement rénovée dans un style résolument moderne aux lignes épurées faussement simples. Certains détails originaux de la façade et du hall d’entrée ont été conservés, alors qu’une nouvelle cour intérieure a été ajoutée et que le dernier étage s’est offert une vue panoramique sur l’océan.

Si, de manière générale, les parkings ne peuvent pas vraiment prétendre à être des chefs-d’oeuvre architecturaux, car souvent souterrains, ceux de Miami peuvent faire exception. C’est le cas du Faena Park, bâtiment autoportant pourvu d’espaces commerciaux au rez-de-chaussée, de trois étages de parking, d’un penthouse avec vue sur l’océan, ainsi que d’un ascenseur en verre tout en transparence.

L’une des 169 chambres et suites.
L’une des 169 chambres et suites. DR

En continuant sur Collins Avenue, on tombe sur la Casa Faena, en lieu et place de l’ancien hôtel Claridge. Construit en 1928 dans un style méditerranéen typique, il fait partie des Historic Hotels of America depuis 2015. L’hôtel se définit comme une sorte de maison d’hôtes de 40 chambres, avec un esprit plus déluré et informel que sa grande soeur argentine.

Mais le Faena District a bien l’intention de se forger une destinée illustre et rentable comme à Buenos Aires. Mid Beach est d’ailleurs bien parti pour se hisser au rang de destination en soi. Si le Faena District a joué un rôle important, il n’est pas le seul à avoir participé à la revitalisation du quartier. Il peut compter sur des hôtels comme The Confidante, le Miami Beach Edition ou encore le Freehand Miami et son bar à cocktails Broken Shaker, réputé pour être l’un des meilleurs de Miami Beach. Voilà qui prouve, si besoin était, l’incontestable talent d’Alan Faena pour allumer les mèches !

Mid Beach Faena Hotel Miami Beach
3201 Collins Avenue, Miami Beach.
Tél. +1 (305) 534-8800.
www.faena.com


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