Rencontre avec Kyle Gendreau, CEO du groupe Samsonite, au Maroc. Ici, le leader mondial du bagage présentait ses nouveautés pour l’année 2019.

C’est dans un immense resort près de Casablanca que Samsonite a décidé de présenter à ses équipes et à la presse ses dernières nouveautés. Des sacs à dos, qui représentent désormais plus d’un tiers des ventes « non travel » – comprendre sacs et sacoches – de la marque. Par exemple le Hull, extraplat et inviolable ou le Bleisure, qui comme son nom l’indique, mêle business and leisure, travail et plaisir, une demande de plus en plus croissante de la part des voyageurs d’affaires.

Mais aussi de nouvelles valises. La Magnum, réédition de l’Oyster, modèle iconique des années 80. Avec sa fermeture en trois points, sa fabrication en Belgique, son polypropylène résistant et ultraléger, 4 kilogrammes pour la version « 75 », la plus grande, fait très bonne figure et joue parfaitement son rôle d’entrée de gamme de qualité. The Good Life l’a testée et approuvée, le temps de relier Paris à Casablanca, avant de la faire graver au laser dans l’une des boutiques Samsonite.

La collection Magnum, disponible au mois de mai. www.samsonite.fr
La collection Magnum, disponible au mois de mai. www.samsonite.fr DR

Ensuite, un nouveau matériau, et la collection qui va avec. C’est Neoknit, un tissu 100 % recyclable fabriqué à partir de bouteilles en plastique avec une technique de tissage permet de réduire les couts et les émissions de CO2. Elle donne aux produits un aspect laineux, dont l’apparente douceur cache en fait une carapace souple mais solide. Là encore, la valise Neoknit a résisté à tous nos tests les plus douloureux, de la surcharge pondérale, à la tentative de noyade. S’il s’agit d’une gamme complète, Samsonite ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Le matériau Neoknit devrait ainsi habiller de nouvelles pièces dans les prochains mois.

Neoknit, une gamme de produits en tissu fabriqué à partir de bouteilles en plastique recyclées.
Neoknit, une gamme de produits en tissu fabriqué à partir de bouteilles en plastique recyclées. DR

Des nouveautés qui illustrent parfaitement le renouveau du groupe américain. Développement du retail, rachats de concurrents (Tumi est le dernier en date), développement de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques d’usinage… L’innovation est inscrite dans le code génétique de Samsonite. Rencontre avec Kyle Gendreau, son CEO, à l’ombre d’une canisse avec le bruit des vagues en guise de musique de fond. En attendant la révélation, cet été, d’une innovation exclusive… Mais chut, c’est top secret !

5 questions à Kyle Gendreau, CEO du groupe Samsonite :

The Good Life : Qu’est-ce que l’innovation représente pour le groupe ?
Kyle Gendreau
 : Elle fait partie de notre ADN. Sur les 100 dernières années, Samsonite a participé aux plus grands changements qui ont bouleversé l’industrie du bagage. Nos investissements dans la recherche et le développement augmentent chaque année. Que ce soit avec des petites victoires, notamment lorsque l’on simplifie la façon dont roulent nos valises, ou de grands pas comme Neoknit et les nouveaux matériaux que nous créons, nous essayons d’inventer constamment.

Kyle Gendreau, CEO de Samsonite depuis juillet 2018.
Kyle Gendreau, CEO de Samsonite depuis juillet 2018. DR

The Good Life : Vous entamez votre douzième année chez Samsonite… qu’est-ce qui a changé depuis votre arrivée ?
Kyle Gendreau
 : A l’époque, nous n’étions qu’une seule marque, l’entreprise se reposait un peu sur ses acquis et nous ne faisions que du 100 % « travel ». Aujourd’hui, nous comptons 10 marques bien distinctes, dont trois qui viennent segmenter nos tarifs. American Tourister en entrée de gamme, Samsonite au-dessus et Tumi pour le très haut de gamme. Aussi, le « non travel » représente aujourd’hui un tiers de nos ventes, et cela augmente de 10 % chaque année. Ce marché, avec le développement des courts séjours et du bleisure, possède un énorme potentiel. Nous allons donc continuer de développer nos collections de sacs à dos, sacoches et petite maroquinerie.

TGL : Vous êtes le CEO du groupe depuis juillet 2018. Quel est votre feuille de route ?
K.G. : Développer l’humain. Nous avons décentralisé notre business. J’avais à cœur de donner plus de pouvoirs au managers locaux, que ce soit à l’échelle des pays ou des régions. Ils sont les plus à même de connaître les besoins de leurs compatriotes, ils connaissent leurs marchés respectifs mieux que nous et savent comment communiquer, vendre et satisfaire leurs clients.

Le « non travel » représente aujourd’hui un tiers des ventes du groupe Samsonite, contre environ 60 % chez les autres acteurs du marché. C’est aujourd’hui un axe fort de développement pour la firme américaine.
Le « non travel » représente aujourd’hui un tiers des ventes du groupe Samsonite, contre environ 60 % chez les autres acteurs du marché. C’est aujourd’hui un axe fort de développement pour la firme américaine. DR

TGL : 2019 sera votre première année « entière » à la tête de Samsonite…
K.G.
 : Et, en termes de résultat, elle a commencé doucement. Nous avons fait une fantastique année 2018 et nous nous attendions à un premier trimestre plus calme cette année. Malgré tout, nous conservons notre objectif de croissance de 4 à 5 %. En effet, le groupe est assez confiant quant à la récolte des fruits de nos investissements récents. En parallèle, nous allons continuer à injecter de l’argent dans la recherche. Puis, la deuxième partie de l’année sera pleine de surprises… Soyez prêts !

TGL : Justement, à quoi est-ce qu’il faudra s’attendre ces prochaines années ?
K.G.
 : On prévoit de croître un peu plus que la moyenne du secteur. Notamment en perçant quelques marchés à fort potentiel sur lesquels nous ne sommes pas encore assez positionnés, comme l’Asie et l’Amérique du Sud. Nous allons aussi continuer à développer le e-commerce. Puis, pourquoi pas racheter une ou plusieurs marques supplémentaires ! Il n’y a rien sur le feu pour le moment mais nous venons d’intégrer pleinement Tumi, racheté en 2016, et pouvons de nouveau nous concentrer sur de nouvelles acquisitions. Peut-être en France…

Samsonite et la France

Sebastien Valette, General Manager France du géant américain était, lui aussi, du voyage à Casablanca. Il explique à The Good Life la stratégie de Samsonite dans l’hexagone.

Sébastien Valette

« En France, nous avons la chance d’évoluer sur un marché hybride avec moins de discounters qu’en Allemagne mais avec des boutiques outlet qui fonctionnent très bien, c’est d’ailleurs à La Vallée Village (près de Marne-la-Vallée en Seine-et-Marne, NDLR) que nous réalisons notre plus gros chiffre d’affaires. Nos distributeurs sont moins nombreux qu’en Italie mais plus qualitatifs, et nous continuons d’ouvrir des boutiques en propre, six rien que l’année dernière. L’année en cours sera principalement consacrée à la rénovation des plus anciennes. Les « department stores » français comme Le Printemps et Le Bon Marché où nous sommes bien implantés sont aussi parmi les plus célèbres du monde. Ensuite, en France, grâce à l’attractivité du pays, près d’un client sur cinq est un touriste. Ils représentent une part importante de notre chiffre d’affaires local. Reste à développer notre positionnement multimarques, comme dans notre boutique Rolling Luggage à Saint-Lazare. Ici nous vendons toutes les griffes du groupes dans un seul lieu, et multicanal, en mettant l’accent sur le e-commerce qui représente aujourd’hui 8 à 10 % du chiffre d’affaires en France. Le renforcement de notre présence en régions est aussi très important. Nous avons récemment ouvert à Strasbourg, mais aussi à Nice, une franchise. En bref, il reste beaucoup à faire, les opportunités sont nombreuses et le marché très diversifié… C’est assez excitant ! »


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