Young-Ah Kim

Paris-New York, l’eldorado des low cost 1/3 : Norwegian

Les compagnies aériennes desservant New York surfent sur une demande croissante de liaisons, et proposent des tarifs en ligne bradés pour attirer les voyageurs. Mais ces offres alléchantes, et pas toujours claires, vous font‑elles réellement réaliser des économiques ? The Good Life a testé pour vous.

 Norwegian, trajet aller-retour : Paris-CDG – New York-JFK. « Tu pars à New York avec Norwegian ? Ma copine a tenté l’expérience, elle m’a dit que c’était horrible. » Il commence bien, ce reportage ! C’est Romain, un ami graphiste, qui joue les oiseaux de mauvais augure alors que je m’apprête à réserver mon billet sur Internet. Un journaliste digne de ce nom, chez lequel sommeille un Albert Londres mâtiné de Joseph Kessel, ne se laisse pas ébranler par des réflexions aussi négatives. Je commence par taper « Norwegian » sur un moteur de recherche. J’atterris sur différents sites de voyagistes qui n’ont rien à voir. Sur l’un d’eux, célèbre pour son logo en forme de grenouille, les commentaires de clients de la compagnie sont inquiétants. L’un parle de « personnel hautain ».

Un autre se plaint de ne pas avoir pu prendre le vol qu’il avait sélectionné. Un troisième évoque des retards « au départ comme à l’arrivée ». Bigre ! Je me dirige alors vers le site officiel, Norwegian.com, traduit en plusieurs langues. Le rédacteur en chef a été clair : « Tu te débrouilles pour trouver le billet le moins cher possible, vu ? » Discipliné, je sélectionne « Tarifs Economy ». Résultat des recherches : le prix varie entre 209,90 et 609,90 euros (un peu mesquins, ces 90 centimes quand même).

Le moins cher, c’est la catégorie « Low Fare ». Pas de siège attribué avant le décollage, pas de repas offert à bord. Il faut se décider vite, une seule place est disponible. Je me tâte, j’hésite, je réfléchis… Erreur fatale. Une heure plus tard, les tarifs ont augmenté. Tant pis, je prends. Pour le retour, histoire de comparer, j’opte pour un billet en catégorie « Low Fare Plus ». Soyons fous : pour un surcoût de 70 euros, je bénéficie d’un siège réservé et du menu « Nice & Tasty ».

Je ne souscris pas d’assurance (j’ai le goût du risque) ni l’option d’embarquement prioritaire (5 euros, du délire !), mais je choisis de recevoir les infos sur mes vols par SMS (2 euros, une misère). Coût du voyage aller‑retour, avec les taxes en tout genre : 661,80 euros. Un peu cher pour du low cost, mais bon… New York, j’arrive !

Norwegian.
Norwegian. DR

Bienvenue à bord

Les jours suivants, Norwegian me bombarde de mails pour m’inciter à « upgrader » en catégorie Premium. « Hi Christophe, ne laissez pas passer l’occasion d’apprécier un peu de luxe en plus. » Du luxe ? N’exagérons rien. Je reste inflexible. Je télécharge les documents de voyage. C’est bizarre, le billet de retour ne mentionne pas la réservation de siège. A Roissy, vaguement inquiet, j’en parle à l’agent de Norwegian au moment de l’enregistrement. Pas de panique ! Il me conseille d’appeler le numéro de la compagnie.

Une dame charmante au délicieux accent nordique me confirme que tout est en ordre. C’est juste un bug de la machine, je dispose bien d’un siège près de la sortie de secours, idéal pour les grandes jambes (quelle chance, c’est mon cas). Deux heures plus tard, je m’assieds à bord d’un magnifique Boeing Dreamliner 787. Le voyage dure huit heures et demie, il va falloir s’occuper. Sur l’écran situé devant moi, je fais défiler la liste des produits proposés par Norwegian. C’est un vol low cost : tout est payant. Envie de regarder un film ? Compter 3 euros pour les écouteurs. Une petite soif ? 3 euros le café ou le Coca-Cola et 5 pour une bière.

Les hôtesses et les stewards passent dans les rangées pour apporter les commandes, mais ne s’arrêtent jamais devant moi. Pas grave : avant d’embarquer, j’ai acheté un sandwich, une barre chocolatée et une bouteille d’eau. J’ai été bien inspiré d’emporter deux pulls : la couverture chauffante est facturée 5 euros, tout de même. A fond dans mon rôle d’envoyé spécial de The Good Life, je prends des notes malgré les trous d’air. Huit heures plus tard, j’atterris à JFK.

Norwegian.
Norwegian. DR

Comme à Disneyland

Au retour, j’arrive avec trois heures d’avance. J’ai eu du flair, il y a un monde fou. La file d’attente est en zigzag, comme à Disneyland. Je respire, ma place a bien été retenue. Je réussis même à l’échanger contre un siège couloir, plus pratique pour les jambes. Cette fois, un plateau-repas m’est servi. Frugal, mais suffisant : deux tomates cerises, du poulet (prédécoupé, ouf !), un gâteau, une boisson.

J’ai même droit à un deuxième service, avec sandwich et brownie au menu. Finalement, quel bilan ? Tout s’est très bien passé. Certes, au retour, l’avion a décollé avec deux heures de retard. Mais Norwegian n’est pas en cause, les autorités de JFK ne trouvaient pas de place libre sur le terminal. Finalement je me suis demandé si mes oiseaux de mauvais augure avaient réellement volé sur cette compagnie… 

• Tarif payé : 209,90 € (aller) + 286,16 € + 70 € (retour, avec siège réservé et repas) : 552,75 €, sans les taxes (661,80 €, avec).
• Les « + »: le confort à bord, le personnel de Norwegian, les réponses pratiques à mes questions.
• Les « – » : le prix, pas si low cost…


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