La conjoncture internationale du marché de la chaussure est encourageante. Voici nos 12 grandes maisons favorites.

• Bally a le vent en poupe. Frédéric de Narp dirige le groupe Bally, dont l’actionnaire principal est Shandong Ruyi – le plus grand fabricant de textile chinois. L’entreprise suisse, âgée de 165 ans, dépoussière aujourd’hui ses magasins à Zürich et à Milan, ouvre une nouvelle adresse sur Madison Avenue à New York (la marque enregistre une forte croissance aux Etats-Unis). Cet été, vous serez servi en sneakers, en amusantes claquettes de piscine pour vous délasser des beaux souliers, parmi lesquels de superbes mocassins à semelle crantée (photo).

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• Church’s a un passeport… italien. En 1999, l’Italie envahissait (symboliquement) l’Angleterre et Prada s’offrait, au nez et à la barbe de la concurrence, un monument historique de la chaussure. C’est Thomas Church qui avait fondé l’atelier en 1873, créant la notion – alors inconnue – de pied droit/pied gauche, chaussant petons royaux et ceux des pionniers américains dès 1907. En 1929, le monde est séduit par son modèle Shanghai, réédité aujourd’hui. L’italo‑anglais mêle tradition et esprit contemporain, et se déploie dans 50 boutiques à l’international.

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• Clarks fait des crêpes. Le Victoria and Albert Museum, à Londres, retrace les 194 ans de son existence grâce à une vidéo qui relate l’histoire de Clarks, qui remonte à 1825. Fondée par les frères Cyrus et James Clark dans le village de Street, dans le Somerset, la firme totalise, à ce jour, 1 800 boutiques et 52 millions de paires vendues. Avec un chiffre d’affaires de 2,2 Mds €, son CEO, Tom O’Neil, peut se frotter les mains. Sans surprise, la Desert Boot (photo), l’originale des originaux, née en 1950, est le modèle emblématique de la célèbre marque britannique.

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• Clergerie, le renouveau. Appartenant au groupe First Heritage, piloté par un ancien de LVMH, Jean-Marc Loubier, la marque de chaussures fabriquée à la manufacture de Romans-sur-Isère est dirigée depuis deux ans par Perry Oosting. David Tourniaire‑Beauciel, le directeur créatif, arrivé lui aussi en 2017, nous offre son joli coup de crayon trempé dans la couleur sur ces modèles été qu’on adore déjà : ceux tressés de corde ajourée ou les derbys blancs, sans œillets ni lacets, qui flirtent délicieusement avec l’esprit mocassin.

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• Edward Green en majesté. Quatorze mille paires d’oxfords, de derbys et de richelieus sont façonnées à la main à Northampton, par 50 artisans maison qui réalisent aussi des modèles sur mesure. Depuis 1890, le Gotha s’est énamouré de ce bottier réputé pour la fluidité de ses formes, dont Ernest Hemingway, le duc de Windsor ou, plus près de nous, Ralph Lauren. Chaque été, ces chouchous de haute naissance, avec un historique marqué, se renouvellent par leurs peausseries ou coloris comme le Loafer Duke, modèle préféré, dit‑on, d’Edouard VIII.

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• Fratelli Rossetti, artiste de la couleur. Ici, on ne jure que par le style, et par la manufacture de Parabiago, près de Milan, au savoir-faire impressionnant ! Dirigée par les frères Rossetti (Diego, Renzo et Luca), la diva italienne livre un été joyeux avec prédominance des jaunes ou des framboises, et de savantes tonalités qui vont si bien avec l’azur des bords de mer. Les cuirs fins sont tressés ou lisses, ornementés de ganses ou de pompons en contrepoint. La marque a fêté l’année dernière les 50 ans du « souplissime » mocassin Brera (photo), qu’on plie en deux comme un gant. A adopter d’urgence dans ses multiples finitions et coloris.

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• Heschung, made in France. Heschung est une marque lifestyle française, qui confectionne ses robustes et très chic modèles dans ses ateliers familiaux vosgiens, et dont la chaussure emblématique reste la fameuse et increvable Ginkgo (photo). Ce modèle ressort chaque saison dans de nouveaux coloris et des matières originales, et demeure l’intemporel que les fans ont plaisir à retrouver au fil des ans. On s’encanaille aussi avec de nouveaux modèles, comme des sneakers à gomme blanche. Enfin, Heschung nous propose des mallettes en cuir d’une élégance assez rare.

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• John Lobb, vent de fraîcheur. Depuis 1866, John Lobb incarne la perfection. Nommée en 2014, sa directrice artistique, Paula Gerbase, s’est prise au jeu en proposant une météo estivale entre granit et côtes herbeuses britanniques. On découvre les textures terre brûlée, tabac, indigo, vert loden des bottes basses à deux œillets – semelle légère maison –, ou des mocassins peints à la main, et relevés de passepoils assortis. John Lobb (filiale du groupe Hermès depuis 1976) adapte les classiques à la vie moderne, avec talent. Alors, selon les circonstances, on alterne entre les baskets Clay ou French Blue et le City II, un soulier de gentleman, parmi les plus vendus de la marque.

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• Paraboot s’invite en Asie. Voilà une valeur sûre perchée en Isère depuis 1927 ! Pilotée par Michel Richard, la marque familiale a adapté sa production aux standards actuels, regroupant ses antiques usines de cordonnerie en une seule unité à Saint‑Jean‑de‑Moirans, d’où sortent 120 000 paires de Paraboot. L’Asie découvre à son tour le modèle Michael, relancé en 1983, dans la nouvelle boutique de Séoul aussi bien qu’au Japon, à Osaka et à Tokyo. Refonte du site en ligne avec service « click&réserve », nouvelle sandale Pacific en cuir grené blanc, rien que du neuf et du beau à vos pieds.

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• Salvatore Ferragamo tient la corde. Avec Ferruccio Ferragamo à sa tête, la griffe familiale italienne se déploie sur 679 points de vente, dont 407 boutiques en propre, parmi lesquelles le vaisseau amiral de Berverly Hills, réalisé par William Sofield, architecte américain réputé pour son habileté à marier luxe et artisanat. Il faut dire que la clientèle américaine est une fidèle de la marque qui fit les beaux jours d’Hollywood. Le directeur du design, Guillaume Meilland, livre une collection estivale composée d’un travail subtil de tressage sur le pourtour des semelles, et une seconde ligne baptisée Resort, de style plus casual chic et intersaison.

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• Sebago, pour un penny. Née en 1946, la marque d’origine américaine a lancé le légendaire Penny Loafer, inspiré du mocassin amérindien, quatre ans plus tard. Pourquoi penny ? Parce que la bande de cuir ajoutée sur le plateau de la chaussure permettait aux mamans-poules américaines d’y glisser une pièce de 1 cent (penny) afin que leurs rejetons puissent les appeler depuis leur campus universitaire. En 1970, la Dockside arpente les ponts des yachts et continue de le faire aujourd’hui, dans toutes les couleurs. Ces trésors sont fabriqués à la main par 800 artisans chez Sebago (propriété de BasicNet, comme Superga ou K-Way, devenues des marques ultratendance).

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• Tod’s met la gomme. Un vent de légèreté souffle sur les 200 boutiques Tod’s, groupe toujours dirigé par le flamboyant Diego Della Valle. Le mocassin est encore très présent, agrémenté de ses fameux picots, mais cet été il se renouvelle dans une version denim bleu ou noir. Trendy aussi, le sliper en peau couleur chamois sur une base d’espadrille en corde. Enfin, le designer coréen Yong Bae Seok a été sollicité en novembre dernier par la marque pour développer un projet appelé à devenir une marque à part entière, baptisée Tod’s No_Code. Son bébé, la Shoeker 02 (contraction de « shoe » et de « sneaker »), est vendue depuis le début de l’année.

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