Pour la sortie de la première collection de valises rigides signée Thule, rendez-vous à Malmö, en Suède, où se trouve le siège social de cette firme rendue célèbre par ses coffres de toit. Ici, The Good Life a pu échanger avec Magnus Welander, son CEO.

Un peu moins de deux ans après la collection Subterra, sa première « vraie » ligne de bagages (la Crossover, lancée en 2010 n’est considérée par la marque que comme un premier essai), Thule lance Revolve, une gamme, cette fois-ci, de valises rigides. Disponible en quatre tailles, deux « cabine » dont une plus large que la moyenne, la Wide-body Carry-On, et deux « soute » de 68 et 75 centimètres, Revolve est le reflet du savoir-faire de Thule en termes de design, de robustesse et de praticité.

Fabriquées en Europe, les valises de la collection sont équipées de huit roues dont quatre à l’arrière qui sont surdimensionnées pour amortir les chocs et faciliter les déplacements. Leurs « corps » en polycarbonate gagnent en solidité grâce à un panneau frontal renforcé et un cadre intérieur qui fait le tour de la fermeture éclair qui permet d’éviter les perforations.

La nouvelle collection Thule Revolve, fabriquée en Europe.
La nouvelle collection Thule Revolve, fabriquée en Europe. DR

La poignée télescopique en inox, brevetée, est pensée pour réduire les oscillations. Le « pilotage » de sa valise, surtout sur les sols très lisses des aéroports, peut se faire avec un doigt. A l’intérieur, l’espace est maximisé, notamment grâce aux roues de devant, plus petites et encastrées à l’extérieur. Une feutrine qui ne flotte pas s’avère très utile pour caler toutes ses affaires et gagner, encore une fois, de la place. Attention, donc, à l’excédent de bagages !

Surtout connue, et reconnue, pour ses accessoires automobiles, avec en tête les barres et coffres de toit, la firme suédoise créée en 1942, ne cesse de se diversifier depuis l’arrivée à sa tête il y a 13 ans de Magnus Welander. Accessoires pour vélos, sacs à dos techniques et lifestyle, poussettes et bagages ont fait leur apparition au catalogue de Thule depuis quelques années. Rencontre, à Malmö, au siège du groupe.

Magnus Welander, CEO de Thule.
Magnus Welander, CEO de Thule. DR

5 questions à Magnus Welander, CEO de Thule :

The Good Life : Comment vous est venue l’idée de vous lancer sur le marché du bagage ?
Magnus Welander
 : Notre marque est très présente dans le monde du transport, que ce soit les coffres de toits jusqu’au sacs de rangement pour vélos. Aussi, nous sommes compétents concernant le plastique et l’aluminium, que nous manufacturons depuis des décennies. Cela fait quelques années que nous ajoutons à notre portfolio des produits plus urbains, en plus de nos offres outdoor. Enfin, nous avons remarqué qu’outre de belles marques qui faisaient des produits de qualité et savaient se renouveler, il y avait aussi des acteurs qui stagnaient et vendaient très chers des produits médiocres. Il y avait de la place pour les concurrencer et venir prendre des parts de marché,  cela faisait sens ! Mais il fallut convaincre en interne, puis les distributeurs et, surtout, les clients…

The Good Life : Justement, cela va prendre du temps avant que Thule devienne un acteur légitime du marché…
Magnus Welander
 : En effet. En toute humilité, nous avons embauché des anciens de chez Rimowa et Tumi, entre autres, pour profiter de leur savoir-faire. Nous avions déjà les infrastructures, un réseau de distribution bien installé dans 140 pays et notre histoire dans la fabrication d’objets robustes et pratiques. Ce sont des avantages importants au moment de lancer de nouveaux produits. Maintenant, nous pensons surtout à devenir une marque non négligeable dans le secteur du bagage d’ici cinq ans, lorsque nous aurons imposé notre patte et constitué un catalogue conséquent.

A gauche, notre valise cabine Revolve à l’aéroport de Copenhague, à droite le siège de Thule à Malmö.
A gauche, notre valise cabine Revolve à l’aéroport de Copenhague, à droite le siège de Thule à Malmö. DR

TGL : Qui est le public visé par les bagages Thule ?
M.W.
 : Nous appelons notre client type le « modern traveler ». Quelqu’un qui part en voyages pour le business, mais pas seulement. Une fois sur place il voudra faire du sport, boire un verre avec un ami qui vit là-bas, sortir, visiter la ville… Il faut qu’il puisse amener de quoi se changer pour toutes ses situations, et porter un bagage qui convient aussi bien à une réunion avec des financiers qu’à une session de travail dans un café.

TGL : Qu’est-ce qui différencie la collection Revolve de la concurrence ?
M.W.
 : La fonctionnalité, forcément. C’est notre point fort. Aujourd’hui, il y a un grand nombre de voyageurs business qui préfèrent les boutique-hôtels aux « corporate ». Mais la plupart du temps, dans ces petits établissements chics, on ne vous porte pas vos bagages dans votre chambre. Ce voyageur moderne aime aussi sauter dans un métro, plus pratique et plus fluide, que de commander un taxi et finir bloqué dans les bouchons. Là encore, il lui fallait une valise élégante qui soit aussi robuste et maniable.

Thule a réussi à convaincre, entre autres, La Rinascente à Milan, le Bon Marché à Paris et KaDeWe à Berlin, de mettre en avant ses bagages.
Thule a réussi à convaincre, entre autres, La Rinascente à Milan, le Bon Marché à Paris et KaDeWe à Berlin, de mettre en avant ses bagages. DR

TGL : Revolve n’est certainement pas votre dernière ligne de bagages…
M.W.
 : Non, bien sûr. Dès l’automne nous sortirons Crossover 2, une seconde ligne de bagages souples, peut-être plus « sobre » que la Subterra. Début 2020, ce sera au tour d’une deuxième collection rigide de voir le jour. Son style sera très différent de la Revolve.

Crash test

Crash test Thule Revolve

Depuis Paris pour rejoindre l’aéroport Charles de Gaulle, on décide de prendre le RER plutôt que le taxi, afin de mettre à l’épreuve, dès le début, notre Revolve Wide-body Carry-On. Elle encaisse les chocs contre les escalators, les glissades sur le plancher de la rame et les coups de pieds – involontaires on l’espère – des autres passagers sans broncher. Une fois à l’aéroport, The Good Life joue le jeu de lui faire passer le voyage en soute, plutôt qu’en cabine. Un bon test de robustesse quand on connaît la tendresse avec laquelle les valises sont embarquées dans l’appareil. A Copenhague, surprise, pas une égratignure. Encore un train ! Vers Malmö cette fois, en passant par le célèbre Pont de l’Øresund. C’est le seul moment de répit de notre Revolve qui, pour l’occasion, retourne au bercail, au siège de Thule. Un repos de courte durée, puisque c’est le moment de retourner à Copenhague pour subir « le » crash test ultime : les pavés de la capitale danoise. Si on a cru plusieurs fois perdre une roue, la petite valise tient le choc et arrive épuisée à l’hôtel où l’on en sort de quoi tenir quatre jours, entre business et plaisir, sans sourciller. Sceptique au départ de l’aventure, The Good Life est désormais convaincu !

Too Good :

> La robustesse, les Revolve sont faites pour durer.

> L’optimisation des espaces de rangement.

> Les 8 roues qui permettent un transport sans effort.

> Le design sobre et élégant.

> Un prix juste, entre 399 et 549 €.

Too Bad :

> Elles roulent un peu trop bien et lorsqu’on les lâche, elles peuvent se faire la malle !

> Le poids. La Wide-body Carry-On pèse 4,1 kg. Dans la même gamme, c’est presque autant qu’une Rimowa mais plus qu’une Samsonite.

→ www.thule.com


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