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Singapour en vedette de la première édition des World Restaurant Awards

C’est au Palais Brongniart (Paris 2), que s’est tenue le 18 février la première édition des World Restaurant Awards. Une nouvelle remise de prix qui met à l’honneur Singapour et sa culture food foisonnante.

Joe Warwick, journaliste et co-fondateur du classement World’s 50 Best, voulait une remise de prix plus décalée, moins guindée, et plus ouverte sur le monde. Il imagine alors, avec l’agence événementielle IMG, les World Restaurant Awards, pour récompenser les adresses qui innovent aussi bien qu’elles respectent les traditions, les tables qui fusionnent les cuisines autant que celles qui mettent en avant la culture de leurs pays.

Après 12 ans à murir leur idée, Warwick et IMG passent à l’action. 2019 a ainsi vu se dérouler la première édition des WRA au Palais Brongniart, après un dîner de présentation dans le restaurant Froufrou, dans le 9e arrondissement de Paris, dont le chef est Juan Arbelaez, ancien candidat franco-colombien de Top Chef. Il déclare, très enthousiaste, « avoir découvert de nouvelles techniques et préparations en goûtant les revisites de [ses] plats phares par un chef singapourien ». Car l’invité d’honneur et partenaire de l’événement, n’est autre que Singapour ; certains de ses chefs aux influences multiples ont fait le déplacement.

La première cérémonie des World Restaurant Awards, à Paris.
La première cérémonie des World Restaurant Awards, à Paris. jenna-foxton

Une nouvelle scène foisonnante

Parmi eux, Justin Quek, star en Asie et pionnier de la haute cuisine dans son pays, qui parle un Français parfait. Spécialiste des mélanges franco-asiatiques, il a son explication à l’évolution récente de la gastronomie singapourienne : « Aujourd’hui, les jeunes pensent différemment, ils s’inspirent de ce qui se fait ailleurs, et ne s’acharnent plus à proposer les produits les moins chers, ils achètent du fois gras, de l’araignée de mer, du bœuf japonais… ».

Justin Quek (à gauche) et Alexander Pang (droite).
Justin Quek (à gauche) et Alexander Pang (droite). DR

Une ouverture d’esprit et une montée en gamme qui ne viennent pas pour autant empiéter sur la culture singapourienne de la street-food et des plats asiatiques. Une cuisine traditionnelle mise en avant par le chef Alexander Pang, lui aussi invité par les World Restaurant Awards. Ancien avocat, il a quitté son travail pour rejoindre les cuisines de l’affaire familiale, deux restaurants de fruits de mer renommés.

S’il est heureux de pouvoir faire la promotion du savoir faire de la cité-Etat, il a peur de voir disparaître certains plats historiques des cartes de l’île. « Il est nécessaire de changer l’image de la cuisine à Singapour, et redonner l’envie aux nouvelles générations de s’approprier la culture gastronomique locale, de se lancer, et leur donner les billes pour développer leur business. »

Antoine de Caunes en maître de cérémonie.
Antoine de Caunes en maître de cérémonie. andy-hughes

Singapour, un partenaire évident

Entre deux, Cheryl Koh, meilleure chef pâtissier d’Asie du dernier classement Asia’s 50 Best Restaurants, officie au Les Amis, deux étoiles Michelin. Si elle aime s’approprier des classiques de la pâtisserie française, elle les twiste d’ingrédients typiques de sa région, comme le pandanus. Pour elle, le partenariat entre les World Restaurant Awards, qui souhaitent mettre en avant de nouvelles tables parfois mésestimées, et Singapour via le Singapore Tourism Board, est une évidence.

Cheryl Koh.
Cheryl Koh. jenna-foxton

« A Singapour je travaille pour un restaurant français. Au quotidien, je vis donc tout le spectre gastronomique de l’île. L’important ici, ce sont la passion et le respect des produits. C’est une richesse incroyable, la cuisine singapourienne est un mélange d’influences malaysiennes, bien entendu, mais aussi chinoises, thaïlandaises, européennes… » Juan Arbelaez, qui est également membre du jury, acquiesce et ajoute : « la seule cuisine qui vaille, c’est la bonne ! »

C’est dans cet esprit qu’a eu lieu la première édition des WRA, avec des catégories étonnantes comme celle du « meilleur chef non tatoué », pied de nez amusant à la tendance actuelle. Suivront une tournée mondiale des chefs singapouriens et un programme d’échange de talents avec des chefs du monde entier. Si la mayonnaise prend, cette remise de prix pourrait devenir annuelle… Avec un nouveau pays en vedette lors de chaque édition ? Rendez-vous en 2020 !

Palmarès (extrait) :

  • Restaurant de l’Année : Wolfgat, Paternoster,  Afrique du Sud.
  • Destination Off-Map : Wolfgat, Paternoster,  Afrique du Sud.
  • Sans réservation : Mocotó, Sao Paulo, Brésil.
  • Approche Originale : Le Clarence, Paris.
  • Classique Intemporel : La Mère Brazier, Lyon.
  • Événement de l’AnnéeRefugee Food Festival, fondé par l’association caritative ‘Food Sweet Food’.
  • Chef Non Tatoué : Alain Ducasse.
  • Compte Instagram de l’Année : Alain Passard, @alain_passard.

www.restaurantawards.world

 


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